ILIADE, XII
retourner de nouveau des vaisseaux
vers Ilion battue-par-les-vents;
car la Destinée au-nom-sinistre
enveloppa lui auparavant
par la lance d'Idoménée
noble fils-de-Deucalion.
Car il se précipita vers la gauche des
là-où les Achéens [vaisseaux,
revenaient de la plaine
avec leurs chevaux et leurs chars ;
il poussa certes de-ce-côté
et ses chevaux et son char,
et il ne trouva point aux portes
les battants appuyés l'un sur l'autre
et le long verrou tiré;
mais les hommes
les tenaient ouvertes,
s'ils sauveraient sur les vaisseaux
quelqu'un des compagnons
fuyant du combat.
Plein-d'ardeur donc
il avait ses chevaux droit par-là ;
et ceux-ci (les siens)
suivaient en-même-temps,
criant d'une-manière-aiguë ;
car ils dirent (pensèrent)
les Achéens ne plus devoir résister,
mais devoir succomber
sur les vaisseaux noirs,
insensés ;
or ils trouvèrent aux portes
deux hommes les meilleurs,
les fils magnanimes *
des Lapithes belliqueux;
l'un , fils de Piritboüs,
Polypète puissant,
--.l'autre, Leontée,
/^galsà Mars fléau-des-hommes;
ce^f-X donc se tinrent
* -devant les portes élevées, les portes élevées. Tels sur le sommet des montagnes deux cbénes à la haute cime, attachés à la terre par de grandes et profondes racines, bravent sans cesse les vents et la pluie: tels ces guerriers, pleins de con-fiance dans la force de leurs bras, attendent le grand Asius qui s'avance et ne sont point effrayés. Asius, Iamène, Oreste, Adamas fils d'Asius, Thoon et Œnomaüs lèvent en l'air leurs boucliers et marchent droit vers la muraille en jetant de terribles cris. Les deux héros, tant qu'ils restent dans l'intérieur du rempart, exhortent les Achéens aux bettes cnémides à défendre leurs vaisseaux ; mais lorsqu'ils voient les Troyens se précipiter sur le mur, et les Grecs s'enfuir au milieu du tumulte, ils s'élancent et combattent devant les portes, semblables à deux sangliers farouches, qui sur les montagnes soutiennent l'approche bruyante des hommes et des chiens, et qui, se jetant de côté, ravagent la forêt, déracinent le bois et font entendre le grincement de comme lorsque sur les montagnes se-h mnent des chênes à-la-cime-haute, lesquels soutiennent tous les jours le vent et la pluie, étant attachés par des racines grandes qui s'étendent-au-loin :
ainsi donc ceux-ci, se fiant à leurs mains et à leurs forces, attendaient Asius grand arrivant, et n'étaient pas effrayés.
Et ceux qui étaient autour du prince Asius et d'Iamène et d'Oreste, ctd'Adamas fils-d'Asius , et de Thoon et d'OEnomaüs , allaient avec un grand cri droit vers le mur bien-bâti, ayant élevé en-l'air [clicrs).
lqs peaux-de-bœuf sèches (les bou-- Et certes ceux-là (les deux héros) , élaut en dedans, exhortaient queique-temps les Achéens aux-belles-cnémides, à combattre pour les vaisseaux; mais lorsque ils aperçurent les Troyens s'étant précipités-sur le mur, et que eut lieu et le cri et la fuite des Grecs, alors ceux-ci s'étant élancés-dehors, combattaient devant les portes, ressemblant à des sangliers sauvages, qui sur les montagnes reçoivent le tumulte étant arrivé des hommes et des chiens, et s'élançant de côté brisent le bois autour d'eux, leurs dents, jusqu'à ce qu'un trait leur arrache la vie : ainsi résonne l'airain étincelant sur la poitrine des héros que frappe l'ennemi. Ils combattent avec acharnement, pleins de confiance dans les guerriers qui les secondent du haut de la muraille, et dans leurs propres forces. Du haut de leurs solides tours, les Grecs lancent des pierres pour défendre leur vie, leurs tentes et leurs rapides vaisseaux. De même que tombe la neige , lorsque le souffle impétueux du vent agite les sombres nuages et la répand à flocons pressés sur la terre féconde: de même volent les traits, lancés par les Grecs et par les Troyens; les casques et les larges boucliers, frappés par d'énormes pierres, rendent un son rauque. Alors Asius, fils d'llyrtacus, gémit, se frappe sur les cuisses, et, plein de colère, il s'écrie :
« Souverain Jupiter, tu es donc aussi fourbe et trompeur ! Je ne pensais pas que les héros grecs soutiendraient l'effort de nos bras le coupant extrême (à la racine) , et le grincement de leurs dents a-lieu en dessous, jusqu'à-ce-que et quelqu'un leur ait enlevé le soufile-vital, les ayant frappés d'un Irait:
ainsi l'airain brillant retentit sur les poitrines d'eux, étant frappés par devant; car ils combattaient très-fortement, se fiant aux peuples au-dessus d'eux et à leurs propres forces.
Or donc ceux-ci (ceux au-dessus) frappaient avec des pierres du-haut des tours bien-bâties, combattant et pour eux-mêmes et pour leurs tentes, et pour leurs vaisseaux rapides.
Mais comme tombaient à terre les flocons-de-neige, que le vent qui-souffle-violemment ayant agité les nuages obscurs, a répandus épais sur la terre nourricière :
ainsi les traits coulaient des mains et des Achéens et aussi de celles des Troyens ; et les casques tout autour, et les boucliers relevés-en-bosse, étant frappés par de grandes-pierres, rendai eut-un-son sec.
Mais alors Asius fils-d'Hyrtacus et gémit et frappa ses cuisses, et s'étantindigné disait cette parole :
a Jupiter père, donc maintenant toi aussi tu es devenu fourbe beaucoup tout-à-fait; car moi je ne disais (pensais) pas les héros Achéens invincibles. Mais semblables à des guêpes au corps mobile ou à des abeilles qui bâtissent leur ruche sur un chemin escarpé, et qui, loin d'abandonner leur creuse demeure, défendent leurs essaims eontre l'attaque des chasseurs, ces deux héros, quoique seuls, ne veulent point quitter les portes avant d'avoir trouvé la mort ou la captivité. »
Il dit, et ses paroles ne fléchissent point le cœur de Jupiter; car il veut accorder la gloire à Hector.
Les autres guerriers soutiennent la lutte autour des autres portes; mais il serait difficile de raconter, comme un dieu, tous leurs exploits. De toutes parts, autour de la muraille de pierre, s'élèvent des flammes dévorantes; et les Grecs, quoique accablés de douleur, sont forcés de combattre pour leurs vaisseaux ; tous les dieux qui les pro-tègent s'affligent en leur âme. Les Lapithes se livrent à l'ardeur du combat. devoir soutenir du moins notre force et nos mains invincibles ; mais ceux-ci, comme des guêpes mobiles au-milieu du corps ou des abeilles se-font des nids sur une route rocailleuse, et n'abandonnent pas leur demeure creuse, mais résistant aux hommes chasseurs, combattent pour leurs petits; ainsi ceux-ci, même n'étant que deux, ne veulent pas se retirer des portes, avant du moins ou d'avoir été tués ou d'avoir été pris. »
Il dit ainsi, et disant ces-choses il ne persuadait point l'esprit de Jupiter; car le cœur à lui voulait accorder la gloire à Hector.
— Or les autres combattaient un combat autour des autres portes ; mais il est difficile moi dire toutes ces-choses, comme un dieu.
Car de-toutes-parts un feu violent s'éleva autour du mur de-pierre ; et les Argiens, quoique étant affligés, combattaient pour les vaisseaux par nécessité ; et tous les dieux, qui étaient pour les Grecs auxiliaires du combat, étaient affligés dans leur cœur.
Et les Lapithes engagèrent une guerre et un combat. —
Alors le fils de Pirithoûs, le vaillant Polypète, frappe de sa lance le casque de Damasus ; l'airain, dont il est garni, n'arrête point le fer; la lance s'enfonce et brise l'os du crâne; toute sa cervelle en est troublée, et il réprime ainsi son furieux élan. Il immole ensuite Pylon et Ormène. Léontée, noble rejeton de Mars, frappe de sa lance le fils d'Antimachus, Hippomaque, qu'il atteint au baudrier. 11 tire ensuite du fourreau son glaive à la pointe acérée, s'élance dans la foule, et de près il porte à Antiphate un coup qui l'étend mort sur la pous-sière; puis il renverse sur la terre féconde Ménon, lamène et Oreste, qui tombent l'un sur l'autre.
Pendant que les Lapithes les dépouillent de leurs armes brillantes, Polydamas et Hector s'avancent suivis de la jeunesse la plus nom-breuse et la plus vaillante, qui brûle d'enfoncer le mur et d'incen-dier les vaisseaux. Parvenus sur le bord du fossé, ils hésitent encore Puis alors le fils de Pirithoüs, Polypète puissant, frappa de sa lance Damasus, à travers son casque garni-d'airain; et le casque d'airain ne l'arrêta pas ; mais la pointe d'airain brisa l'os de-part-en-part ; et toute sa cervelle fut troublée en dedans ; et il dompta lui étant-ardent.
Et ensuite il tua Pylon et Ormène.
Et Léontée, rejeton de Mars, frappa de sa lance Hippomaque, fils d'Antimachus, l'ayant atteint au baudrier.
Et ensuite ayant tiré du fourreau son épée aiguë, il frappa d'abord Antiphate de-près, s'étant élancé à travers la foule; or celui-ci donc fut poussé sur le sol à-la-renverse ; et ensuite il renversa Ménon et Iamène et Oreste, tous l'un-après-l'autre , sur la terre nourricière.
Pendant que eux les dépouillaient de leurs armes brillanles, pendant-ce-temps les jeunes-gens, qui étaient les plus nombreux et les meilleurs, et brûlaient surtout et d'enfoncer le mur et d'incendier les vaisseaux par le feu, suivaient Polydamas et Hector.
Eux cependant hésitaient encore, se tenant près du fossé. ïi> à le traverser, quand tout à coup un augure leur apparaît : un aigle au vol élevé plane sur l'aile gauche de l'armée, portant dans ses serres un énorme serpent ensanglanté, qui respire et se débat encore; lie 'serpent ne renonce point au combat; car, se repliant en arrière, il mord son ravisseur à l'a poitrine, près du cou; accablé sous le poids de la douleur, l'oiseau lâche sa proie, la laisse tomber au milieu de la foaàe, et, poussant des cris, s'envole au souffle du vent. Les Troyens frémissent d'épouvante à la vue du reptile se repliant sur lui-même, étendu au wiiieu. d'eux, présage du dieu qui porte l'égide. Polydamas alors s'approche de l'audacieux Hector et - dit :
« Hector, toujours dans les assemblées tu repousses mes sages avis ; mais ii ne convient pas à un homme du peuple de parler centre la vérité dans le conseil ou dans la guerre, pour ajouter à ta puis-sance. Je dirai donc encore ce qui me semble le plus salutaire. N'alloas pas combattre les Grecs près de leurs vaisseaux ; car voici ce que je prévois, si c'est véritablement un augure qui vient d'appa-- Car un oiseau (un augure) vint à eux désirant passer-outre, c'était un aigle au-vol-élevé , [che, refoulant (laissant) le peuple à gau-portant dans ses serres un serpent ensanglanté, monstrueux, vivant, se débattant encore ; et celui-ci n'a pas oublié le combat ; car s'étant courbé en arrière, il a frappé (mordu) lui le tenant à la poitrine près du cou ; et celui-là (l'aigle) l'a envoyé loin de lui à terre, ayant gémi de douleur, et l'a jeté dans le-milieu-de la foule; et lui ayant crié s'envola au souffle du vent.
Or les Troyens frémirent-d'effroi, lorsque ils virent le serpent mobile, gisant au milieu d'eux, présage de Jupiter qui-tient-l'égide.
Alors donc Polydamas dit s'étant approché d'Hector audacieux:
« Hector, presque toujours tu blâmes dans les assemblées moi, t'indiquant des choses-bonnes ; car à la vérité il ne convient nullement celui étant du-peuple parler de travers, ni dans le conseil, ni jamais dans la guerre, et augmenter toujours ta puissance ; et maintenant de nouveau je parle, comme il semble à moi être mieux.
N'allons pas devant combattre avec les Grecs pour les vaisseaux; car je pense devoir arriver ainsi, si véritablement toutefois cet oiseau est venu aux Troyens.
désirant passer-outre, raltre aux Troyens, impatients de franchir le fossé. Un aigle au vol élevé planait sur l'aile gauche de l'armée, portant dans ses serres un énorme serpent ensanglanté qui respirait encore ; il a lâché sa proie avant d'arriver dans son aire, sans pouvoir le porter à ses aiglons. Ainsi, quand même avec de grands efforts nous enfoncerions les portes et le mur des Achéens, quand même les Achéens céderaient à notre approche, nous ne reviendrons pas en ordre par les mêmes chemins; car nous abandonnerons une foule de Troyens que les Grecs auront tués avec le fer, en combattant pour le salut de leur flotte. C'est ainsi qu'un devin habile interpréterait cet augure, et les peuples lui obéiraient. »
Hector au casque étincelant lance sur lui un regard irrité et lui dit:
c Polydamas, ton discours me déplaît; et tu sais donner un meil-leur avis. S'il est vrai que tu parles sérieusement, c'est que les dieux t'ont ravi la raison. Quoi ! tu m'ordonnes d'oublier les décrets de lu-c'est-à-dire un aigle au-vol-élevé, refoulant le peuple à gauche, portant dans ses serres un serpent ensanglanté, monstrueux, vivant ; et aussitôt il a lâché lui, avant d'être venu à son cher nid.
et il n'a pas achevé le portant pour le donner à ses petits.
Ainsi nous, quand-même nous aurions brisé par une force grande et les portes et le mur des Achéens, et que les Achéens auraient cédé, nous ne reviendrons pas en ordre d'auprès des vaisseaux par les mêmes chemins; car nous laisserons beaucoup de Troyens, lesquels les Achéens, combattant pour leurs vaisseaux, auront tués par l'airain.
Ainsi répondrait un devin, qui dans son esprit saurait clairement les prodiges, .et les peuples obéiraient à lui. »
Or donc Hector au-casque-varié l'ayant vu en dessous lui dit :
« Polydamas, toi à la vérité tu dis ces-choses non-plus agréables à moi ; tu sais imaginer aussi un autre avis meilleur que celui-ci.
Et si véritablement donc tu dis celui-ci sérieusement, certes enfin dès-lors les dieux eux-mêmes ont enlevé l'esprit (la raison) à toi, qui à la vérité m'ordonnes d'oublier les décrets de Jupiter qui-tonne-fortement, piter tonnant, ces décrets qu'il m'a fait connaître d'un signe de sa tête; tu m'ordonnes d'obéir au vol des oiseaux. Je ne m'en inquiète pas; peu m'importe, qu'ils se dirigent soit à droite vers l'Aurore et le Soleil, soit à gauche vers le couchant ténébreux. Nous, obéissons aux volontés du grand Jupiter, qui règne sur tous les hommes et sur tous les dieux. Le seul, le meilleur augure est de combattre pour sa patrie. Pourquoi redoutes-tu la guerre et les combats? Quand même nous succomberions tous près des vaisseaux Achéens, tu n'as point lieu cependant de craindre la mort ; car ton cœur ne saurait ni ré-sister ni combattre. Mais si tu te retires de la lutte, si par tes paroles tu cherches à détourner du combat un seul de nos guerriers, aussi-tôt , frappé de ma lance, tu perdras la vie. » Il dit et s'avance le premier ; les Troyens le suivent en poussant d'effroyables clameurs. Jupiter, qui se plaît à lancer la foudre, sou-lève des sommets de l'Ida un vent impétueux qui porte sur les vais-lesquels lui-même a promis et a accordés à moi ; et toi tu m'ordonnes d'obéir aux oiseaux qui-déploient-les-ailes; je ne me soucie nullement ni ne m'inquiète d'eux, soit-que ceux-ci aillent à droite vers et l'Aurore et le Soleil, soit-que ils aillent à gauche vers le couchant obscur.
Mais nous, obéissons au décret de Jupiter grand, qui commande à tous les mortels et à tous les immortels.
Combattre pour la patrie est l'unique augure le meilleur.
Pourquoi toi crains-tu la guerre et le combat?
Car quoique nous autres tous nous soyons tués tout-autour près des vaisseaux des Argiens, périr cependant n'est pas un sujet-de-crainte à toi; car à toi n'est pas un cœur qui-résiste-à-l'ennemi, ni un cœur avide-de-combats.
Mais si toi tu t'abstiens du combat, ou si ayant persuadé quelque autre tu le détournes-de la guerre par des paroles, aussitôt ayant été frappé par ma lance tu perdras le souffle-vital. »
Ayant parlé donc ainsi, il marcha-en-tête ; et ceux-ci suivaient en-même-temps arec un cri prodigieux ; et Jupiter qui-se-réjouit-de-Ia-foudre souleva des monts Idéens un ouragan de vent, seaux un tourbillon de poussière; ce dieu jette le découragement parmi les Achéens, et donne la gloire à Hector et aux Troyens. Pleins de confiance dans les présages de Jupiter et dans leurs propres forces, ils essaient de rompre la grande muraille des Achéens. Ils arrachent les créneaux des tours, démolissent les parapets, ébranlent les pi-liers avancés que les Achéens placèrent dans la terre pour servir de fondements aux tours. Ils les arrachent, et ils espèrent bientôt enfon-cer la muraille des Achéens. Les Grecs cependant ne quittent point leur poste; mais ils forment un rempart de leurs boucliers, et frappent de leurs traits les ennemis qui s'avancent au pied de la muraille.
Les deux Ajax volent d'une tour à l'autre et réveillent le courage des Achéens ; à l'un ils prodiguent des éloges, à l'autre ils adressent de sévères réprimandes, s'ils le voient renoncer au combat :
a Amis, vous qui êtes les plus braves des Argiens, vous qui tenez le ILIADE, XII.
qui portait la poussière droit sur les vaisseaux ; etil affaiblissait l'esprit des Achéens, et il donnait la gloire aux Troyens et à Hector.
Se fiant donc aux présages de lui et à leurs propres forces, ils essayaient d'enfoncer le mur grand des Achéens.
Ils arrachaient à la vérité les créneaux des tours, et démolissaient les parapets, et renversaient les piliers saillants, lesquels les Achéeus placèrent les premiers en terre pour être les fortifications des tours.
Ceux-là tiraient en arrière eux, et espéraient devoir-enfoncer le mur des Achéens.
Et cependant les Grecs ne se retiraient pas-encore du chemin; mais ceux-ci ayant entouré les parapets de péaux de bœufs, frappaient du-haut-de ceux-ci les ennemis étant venus sous le mur.
Or les deux Ajax exhortant sur les tours allaient de-tous-côtés, excitant le courage des Achéens ; ils gourmandaient l'un.
par des paroles douces, l'autre par des paroles dures, celui-que ils voyaient quittant tout-à-fait le combat:
« 0 amis, et celui-qui est supérieur d'entre les Argiens, et celui-qui est médiocre, second rang, et vous qui descendez à la dernière place ( car tous ne combattent point avec dite égale valeur), c'est aujourd'hui qu'il vous faut tous agir; vous en reconnaissez vous-mêmes la nécessité. Que personne ne retourne auprès des vaisseaux, effrayé par les cris mena-çants d'un Troyen; mais marchez contre l'ennemi, encouragez-vous les uns les autres, et peut-être Jupiter, qui lance la foudre du haut de l'Olympe , vous accordera-t-il de repousser les ennemis et de les poursuivre jusque dans les murs d'Ilion. »
Les cris des deux Ajax raniment l'ardeur des Achéens. Comme la neige dans un jour d'hiver tombe en flocons épais, lorsque le pru-dent Jupiter, lançant ses traits sur les hommes, commence à verser les frimas; il apaise les vents, et ne cesse de répandre la neige, jus-qu'à ce qu'il en ait couvert les cimes élevées des hautes montagnes, les champs parsemés de lotus et les fertiles travaux des laboureurs; le dieu la répand sur les ports et sur les rivages de la mer blanchis-sante; mais le flot, en s'approchant des rives, la fait fondre, tandis que toute la surface de la terre en est enveloppée, quand et celui-qui est plus-mauvais (puisque tous les hommes [re), ne sont pas semblables dans la guer-maintenant de la besogne est à tous ; et aussi rous-mêmes vous connaissez peut-être cela.
Que personne ne se tourne en arrière vers les vaisseaux , [ce ; ayant entendu un Troyen qui-mena-mais allez en avant, et exhortez-vous les-uns-les-autres, si Jupiter Olympien qui-lance-la-foudre donne à nous, ayant repoussé le combat, [ville. »
de poursuivre les ennemis vers la
Ceux-ci criant ainsi excitaient le combat des Achéens.
Or comme des flocons de neige tombent fréquents en un jour d'hiver, lorsque Jupiter prudent a commencé à neiger, montrant ses traits aux hommes ; et ayant apaisé les vents, il répand la neige sans-cesse , jusqu'à-ce-que il ait couvert les sommets des montagnes élevées et les cimes hautes, et les plaines couvertes-de-lotus et les travaux fertiles des hommes ; et la neige est répandue et sur les ports et sur les rivages de la mer blanchissallte, et le flot approchant arrête elle; et tout le reste est couvert d'en-haut, lorsque la pluie de Jupiter tombe-avec-force ; tombe avec force la pluie de Jupiter : ainsi des deux côtés vole une grêle de pierres que se lancent les Troyens et les Achéens ; et un affreux tumulte s'élève au-dessus de la muraille.
Cependant les Troyens et le brillant Hector n'auraient point enfoncé les portes ni les solides barrières, si le prudent Jupiter n'eùt excité •Sarpédon son fils à fondre sur les Grecs, comme un lion sur des tau-reaux aux cornes recourbées. Sarpédon aussitôt prend un magnifique bouclier d'airain, bien arrondi, dont les lames ont été étendues sous les coups du marteau ; le forgeron qui en avait battu le métal, avait garni l'intérieur d'épaisses peaux de bœufs et l'avait bordé de ba-guettes d'or. Le guerrier, armé de ce bouclier, et, brandissant deux javelots, s'avance comme un lion qui, élevé dans les montagnes, est depuis longtemps affamé; son cœur magnanime le pousse à tenter l'attaque d'une bergerie bien fortifiée; et quoiqu'il y trouve des bergers
3-7 ainsi les pierres de ceux-ci frappés volaient fréquentes des-deux-côtés,.
les unes donc contre les Troyens, les autres venues des Troyens contre les Achéens ; et un bruit s'éleva au-dessus-de tout le mur.
Alors du moins peut-être les Troyens et Hector brillant n'auraient pas brisé les portes du mut et le verrou long, si Jupiter prudent n'eût suscité certes contre les Argiens-son fils Sarpédon, comme un lion contre des bœufs aux-cornes-tortues-- Et aussitôt il tint devant lui un bouclier égal de-tous-côtés, beau, d'airain, allongé-sous-Ic-marteau ; lequel le forgeron a battu, et en dedans il attacha de nombreuses peaux de-bœuf avec des baguettes d'or continues autour du bord-circulaire; celui-ci donc le tenant devant luir brandissant deux lances, marcha pour aller, comme un lion nourri-sur-les montagnes, qui a été longtemps manquant de chairs, or son cœur magnanime exhorte lui, devant-faire-une-tentative sur les brebis, même à aller dans une maison bien-gardée ; car quoique il trouve dans celle-ci des hommes bergers veillant sur leurs troupeaux avec leurs chiens et leurs lances, il ne veut point cependant être repoussé de l'étable sans avoir centé l'as-saut; il s'élance et ravit sa proie, ou périt lui-même aux premiers rangs frappé d'un trait que lance une main rapide : tel Sarpédon, excité par son grand cœur, s'élance pour enfoncer la muaille et renverser les parapets. Aussitôt il s'adresse à Glaucus, fils d'Hip-poloque :
a Glaucus, pourquoi donc dans la Lycie nous accorde-t-on les plus grands hommages, les honneurs du siège, des mets et des coupes toujours remplies? Pourquoi nous considère-t-on comme des dieux? Pourquoi possédons-nous sur les rives du Xanllie un vaste terrain , fertile en vignes et en froment 1 C'est pour occuper toujours les pre-miers rangs, c'est pour nous livrer à l'ardeur des combats, afin que les valeureux Lyciens s'écrient en nous voyant : — Non, ce n'est point sans gloire que nos rois règnent sur la Lycie; ils mangent les veillant près des troupeaux avec des chiens et des lances, il ne veut pas cependant être chassé de l'étable sans-avoir-rien-essayé, mais celui-ci certes •a a ravi sa proie en s'élançant, ou lui-même a été frappé parmi les premiers par un trait parti d'une main rapide:
ainsi certes alors le cœur poussa Sarpédon égal-à-un-dieu à s'élancer-sur le mur, et à enfoncer les parapets.
Et aussitôt il éit-à Glauçus, fila dhippoloque :
« Glaucus, pourquoi donc nous avons-nous été honorés surtout dans hL Lycie, et. jar le siège et par les chairs et par les coupes pleines?
Etpourquoi tous nous regardent-ils comme des dieux?
Et pourquoi cultivons-nous, près des rives (lu Xanthe, une pièce-de-terre grande, belle 4e verger et d'un sol fertile-en-blé ?
Pour cela maintenant il faut saus étant parmi les prenûfirs Lycieus nous tenir-debout, et aller au combat ardent; afin que quelqu'un des Lyciens fortement cuirassés dise ainsi :
-Nos rois commandent dans la Lycie non certes sans-gloire, chairs les plus succulentes, ils boivent le vin le plus doux et le plus délicieux; mais leur courage est invincible, puisqu'ils combattent à la tête des Lyciens. — Ami, si nous devions, après avoir échappé à cette guerre , être à l'abri de la vieillesse et de la mort, moi-même je ne combattrais pas aux premiers rangs, et je ne t'engagerais pas à venir dans les glorieux combats. Mais maintenant, puisque la mort nous menace de mille manières, et que l'homme ne peut échapper ni se soustraire à ses coups, marchons, et donnons la gloire à l'en-nemi ou l'ennemi nous la donnera. »
Il dit; et Glaucus, loin de reculer, obéit à ses ordres. Ils s'avancent tous deux, à la tête des nombreux Lyciens.
Ménesthée, fils de Pétéus, frémit en les voyant; car ils se dirigent vers la tour, portant avec eux le désastre. Il promène ses regards sur la cohorte des Achéens et cherche quelqu'un des chefs qui puisse écarter la mort loin de ses compagnons ; il aperçoit les deux Ajax, et mangent des brebis grasses, et boivent un vin excellent, doux-comme-le-miel ; mais donc aussi une force bonne est à eux, puisque ils combattent parmi les premiers Lyciens. — 0 mon cher, si en effet ayant évité cette guerre, nous devions maintenant être et exempts-de-vieillesse et immortels, moi-même ni ne combattrais parmi les premiers, ni n'enverrais toi dans le combat qui-illustre-les-hommes ; mais maintenant allons (car les mille Parques de la mort nous menacent néanmoins, lesquelles il n'est pas possible un mortel fuir, ni éviter) ; [gloire, ou nous donnerons à quelqu'un la ou quelqu'un la donnera à nous. »
Il dit ainsi ; et Glaucus ni ne se détourna, ni ne désobéit.
Or eux-deux marchaient droit, conduisant la grande nation des Lyciens.
Mais Ménesthée fils de Pétéus frémit-d'effroi ayant vu eux (car certes ils allaient à la tour de lui, portant le malheur), et il regarda-de-tous-côtés dans le bataillon-carré des Achéens, si il verrait quelqu'un des chefs, qui écartât le malheur (la mort) des compagnons à lui; et il aperçut les deux Ajax, insatiables de guerre, insatiables de combats, qui se tenaient à leur poste, et, près d'eux, Teucer, qui arrivait de sa tente. Mais sa voix ne pouvait se faire en-tendre; tant le tumulte était effroyable! Jusqu'au ciel retentissait le bruit des boucliers, des casques à l'épaisse crinière, et des portes qui étaient fermées de toutes parts et que les assaillants s'efforçaient de rompre pour entrer dans les remparts. Aussitôt il envoie vers Ajax le héraut Thootès:
« Va, divin Thootès, cours appeler Ajax ou plutôt les deux frères ; ce parti serait de beaucoup préférable; car une ruine épouvantable nous menace de ce côté. Les chefs des Lyciens fondent sur nous avec cette fureur qui les transporte dans les terribles mêlées. Mais s'ils ont eux-mêmes à soutenir un combat acharné, que du moins le valeureux Ajax, fils de Télamon, vienne seul, ou accompagné de Teucer, habile à tirer de l'arc, Il Il dit, et le héraut obéit à sa voix; il se hâte d'aller à la muraille se tenant-debout, et près d.'eux Teucer, étant parti de-sa-tente récemment ; mais il n'était nullement possible à lui ayant crié de se-faire-entendre ; car le brait était si-grand, et le sonet des boucliers étant frappés et des casques garnis-de-crins, et des portes allait jusqu'au ciel; car toutes les portes avaient été fermées ; et ceux-ci se tenant auprès d'elles s'efforçaient d'y entrer les ayant enfoncées par force.
Et aussitôt il envoyait vers Ajax le héraut Thootès :
« Va, divin Thootès, en courant appelle Ajax, plutôt à la vérité tous-les-deux ; car cela serait de-beaucoup le meilleur de tout, puisque une perte grande arrivera bientôt ici.
Car les chefs des Lyciens ont fait-une-charge ainsi, eux qui auparavant sont impétueux dans les mêlées terribles.
Mais si le travail et la. lutte se sont élevés à euLaussi là., du moins que Ajax vigoureux fils-de-Télamon vienne seul, et que Teucer, sachant bien l'are, suive lui en-mêmes-temps. »
Il dit aiuai ; or donc le héraut l'ayant entendu ne désobéit pas à lui ; des Achéens? aux cuirasses d'airain; il arrive devant les Ajax et leur dit :
c Ajax, chefs des Argiens aux cuirasses d'airain, le fils du noble Pétéus vous prie d'aller les secourir un moment; il vous demande tous les deux ; ce parti serait de beaucoup préférable ; car une ruine épouvantable nous menace de ce côté. Les chefs des Lyciens fondent sur nous avec cette fureur qui les transporte dans les terribles mêlées. Mais si vous avez vous-mêmes à soutenir un combat acharné, que du moins le valeureux Ajax, fils de Télamon , vienne seul ou accom-pagné de Teucer, habile à tirer de l'arc. »
Il dit, et le grand Ajax, fils de Télamon, obéit, et adresse aussitôt ces paroles au fils d'Oilée :
« Ajax, et toi, vaillant Lycomède, exhortez les Grecs à déployer et il alla pour courir (en courant) auprès du mur des Achéens cuirassés-d'airain ; et étant allé il se tint près des Ajax, et aussitôt il disait-à eux :
« Ajax, chefs des Argiens cuirassés-d'airain, le fils chéri de Pétéus nourrisson-de-Jupiter vous ordonne d'aller là, afin-que vous preniez-part un peu au travail de la guerre; plutôt à la vérité tous-deux ; car cela serait de-beaucoup le meilleur de tout, puisque une perte grande arrivera bientôt là.
Car les chefs des Lyciens ont fait-une-charge ainsi, eux qui auparavant sont impétueux dans les mêlées terribles.
Mais si la guerre et la lutte se sont élevées aussi ici, du moins que Ajax vigoureux fils-de-Télamon vienne seul, et que Teucer, sachant bien l'arc, suive lui en-même-temps. «
Il dit ainsi ; et le grand Ajax fils de Télamon ne désobéit pas.
Aussitôt il disait-au fils-d'Oilée ces paroles ailées :
« Ajax, ici vous-deux à la vérité, toi et Lycomède puissant, vous tenant-debout excitez les Grecs à combattre courageusement. leur courage. Moi, je vais de ce côté prendre part à la lutte ; et dès que mon bras les aura secourus, je reviendrai au milieu de vous. »
A ces mois, Ajax, fils de Télamon, s'éloigne, suivi de son frère Teucer, né du même père; Pandion, qui les accompagne, porte l'arc recourbé de Teucer. Lorsqu'ils arrivent à la tour du magnanime Ménesthée, en s'avançant dans l'enceinte du mur (car ils venaient au moment le plus terrible), les chefs et les princes courageux des Ly-ciens, semblables à la noire tempête, montent sur les parapets; le combat s'engage et des cris se font entendre. Ajax, fils de Télamon, immole d'abord un guerrier, l'ami de Sar-pédon, le magnanime Épiclée, en le frappant d'une énorme pierre raboteuse qui se trouvait sur le bord du parapet dans l'enceinte de la muraille. Ua homme tel que sont les hommes de nos jours, même dans la fleur de l'âge, ne l'aurait point facilement soulevée de ses deux mains. Le héros la lève et la lance du haut des airs; il brise son casque à quatre cônes, et lui fracasse à la fois tous les os de la Mais moi je vais là-bas, et je prends-part à la guerre ; et aussitôt je reviendrai, lorsque j'aurai secouru eux bien.
Ayant parlé donc ainsi, Ajax fils-de-Télamon s'éloigna, et Teucer, frère et du-même-père, allait avec lui ; et avec eux Pandion portait les arcs recourbés de Teucer.
Quand ils furent venus à la tour de Ménesthée magnanime, étant allés en dedans du mur (or ils vinrent à eux étant pressés) , alors les chefs et les gouverneurs courageux des Lyciens semblables à un ouragan sombre, montaient sur les parapets ; et ils se mirent-aux prises pour combattre en-face, et un cri s'éleva.
Or Ajax fils-de-Télamon tua le premier un homme, compagnon de Sarpédon, Epiclès magnanime, l'ayant frappé d'une pierre pointue, laquelle grande gisait placée-en-haut en dedans du mur auprès du parapet; et un homme, pas-même un homme très-jeune, tels-que les mortels sont maintenant, n'eût pas tenu facilement elle de ses deux mains; or donc celui-ci l'ayant levée la lança d'en-haut, et il brisa le casque à-quatre-cônes, et il fracassa en-meme-temps tête ; comme un plongeur, Ëpiclée tombe de la tour, et la vie aban-donne ses membres. Du haut de la muraille, Teucer lance un trait contre Glaucus, le valeureux fils d'Hippoloque, l'atteint au bras qu'il voit à découvert, et l'éloigné du combat. Glaucus saute en arrière et se cache, de peur que les Achéens n'aperçoivent sa blessure et n'in-sultent à son malheur. Sarpédon, qui voit partir Glaucus, se sent en proie à la douleur ; mais, loin d'oublier le combat, il blesse de sa lance Alcmaon, fils de Thestor, et la retire aussitôt; le guerrier suit le mouvement de la lance et tombe sur la tête; ses armes d'airain retentissent autour de lui. Sarpédon alors saisit un créneau de ses robustes mains, l'arrache tout entier, et, en découvrant le sommet de la muraille, ouvre un chemin aux combattants. Ajax et Teucer l'atteignent en même temps; l'un, de son trait, frappe la courroie du brillant bouclier qui entoure sa poitrine; mais Jupiter protège les jours de son fils et ne veut point qu'il succombe ILIADE, XII.
tous les os de la tête ; tous les os de la tête ; et lui donc semblable à un plongeur, tomba de la tour élevée, et le souffle-vital quitta ses os.
Et Teucer frappa d'un trait du haut du mur élevé Glaucus, fils puissant d'Hippoloque, se précipitant, là-où il vit son bras mis-à-nu ; et il lui fit-cesser le combat.
Mais il sauta du mur en arrière en se cachant, afin que aucun des Achéens ne vit lui étant blessé, et ne l'insultât en paroles.
Mais la douleur fut à Sarpédon, Glaucus étant parti, aussitôt que il l'aperçut; [bat; -et cependant il n'oublia pas le com-mais celui-ci blessa de sa lance Alcmaon fils-de-Thestor l'ayant atteint, et il retira sa lance; or celui-ci ayant suivi la lance tomba la-tête-en-avant, et ses armes variées par l'airain retentirent autour de lui.
Or donc Sarpédon tira un parapet, l'ayant saisi de ses mains robustes ; et le p arapet entier suivit tout-à-fait; et le mur en-dessus fut mis-à-nu, et fit un chemin pour beaucoup.
Alors Ajax et Teucer ayant atteint-en-même-temps lui, l'un le frappa d'un trait au baudrier brillant du bouclier qui-entoure-un-homme autour de sa poitrine ; mais Jupiter écarta les Parques auprès des vaisseaux. Ajax s'élance et l'atteint à son bouclier; sa lance le traverse et repousse le guerrier plein d'ardeur ; il recule à quelques pas de la muraille ; mais cependant il ne l'abandonne pas, car il espère en son cœur remporter la victoire. Il se tourne alors vers les divins Lyciens et les encourage:
« Lyciens, pourquoi donc ralentissez-vous ainsi votre impétueuse valeur ? Je ne saurais seul, malgré mon courage, renverser la mu-raille et vous ouvrir un chemin jusqu'aux navires. Suivez-moi ; car on a plus de forces pour combattre quand on est réuni. » Il dit, et les Lyciens, respectant les reproches de leur roi, se pressent autour de lui avec une nouvelle ardeur. De leur côté les Grecs resserrent leurs phalanges dans l'enceinte de la muraille, et il s'engage un terrible combat. Les courageux Lyciens ne peuvent, après avoir enfoncé le mur des Achéens, s'ouvrir un chemin jus-qu'aux navires, et les belliqueux Achéens ne peuvent repousser les Lyciens loin des remparts, lorsqu'une fois ils ont envahi la muraille. de son fils, de peur que il ne fut tué prèsdes vaisseaux extrémes(poupes).
Et Ajax s'élançant le frappa à son bouclier; et la lance alla de-part-en-part, et repoussa lui étant-plein-d'ardeur.
Or donc il se retira un peu du parapet; mais lui ne s'éloigna pas tout-a-fait, parce que le cœur à lui espérait remporter de la gloire.
Mais s'étant retourné il exhorta Les Lyciens égaux-aux-dieux
« 0 Lyciens, pourquoi donc relâchez-vous ainsi de votre valeur impétueuse?
Or il est difficile à moi seul, même étant courageux, ayant (après avoir) enfoncé le mur de faire un chemin vers les vaisseaux ; mais suivez-moi; l'ouvrage certes de plusieurs est meilleur. >
Il dit ainsi ; et ceux-ci ayant respecté l'appel de leur roi, se pressèrent davantage autour du roi conseiller.
Et d'un-autre-côté les Argiens fortifièrent leurs phalanges en dedans du mur, et une œuvre grande parut à eux.
Car ni les Lyciens courageux ne pouvaient faire un chemin vers les vaisseaux ayant enfoncé le mur des Grecs ; ni jamais les Danaëns belliqueux ne pouvaient repousser les Lyciens loin du mur en arrière, [chés.
lorsque une fois ils se furent appro-- De même que deux hommes, la mesure à la main, se disputent sur les limites d'un champ qu'ils possèdent en commun, et dans un espace étroit réclament une égale portion ; de même se disputent les combattants séparés par les retranchements ; ils se brisent sur leurs poitrines leurs larges boucliers arrondis. Une foule de guerriers sont blessés par le cruel airain, les uns en découvrant leur dos dans la fuite, les autres à travers leurs boucliers. Déjà de tous côtés le sang des Troyens et des Grecs inonde les tours et les créneaux. Cependant les Troyens ne pouvaient mettre leurs ennemis en fuite. De même qu'une femme juste et laborieuse, tenant le poids et la laine, égalise la balance afin de gagner pour ses enfants un misérable salaire, de même le combat était dans un parfait équilibre, avant que Jupiter ne couvrit d'une gloire plus éclatante Hector, fils de Priam, qui le Mais comme deux hommes se disputent pour les limites, ayant les mesures dans leurs mains, dans un champ commun, lesquels se-querellent sur l'égalité dans un espace petit ; ainsi donc les parapets séparaient eux; et ceux-ci brisaient sur eux [très autour des poitrines les-uns-des-au-les boucliers bien-arrondis faits-de-peaux-de-bœufs, et les écus légers.
Et beaucoup étaient blessés sur le corps par l'airain cruel, ainsi-que celui des combattants à qui s'étant retourné le dos était mis-à-nu, et beaucoup à travers le bouclier même.
Partout déjà des-deux-côtés les tours et les parapets étaient arrosés du sang des hommes par les Troyens et les Achéens.
Mais ils ne pouvaient pas-même ainsi causer la fuite des Achéens ; mais ils étaient comme une femme juste qui-vit-du-travail-de-ses-mains, laquelle tenant le poids et la laine, tire-à-elle des-deux-côtés les plateaux en-établissant-l'équilibre, afin que elle gagne pour ses enfants un misérable salaire; ainsi à la vérité le combat et la guerre de ceux-ci étaient tendus également, avant du moins que Jupiterdonnât une gloire plus-grande premier s'élança sur la muraille des Achéens. Ce héros appelle les Troyens et s'écrie d'une voix retentissante :
« Venez, Troyens dompteurs de coursiers; enfoncez la muraille des Achéens et semez sur leurs vaisseaux les feux de l'incendie, «
C'est ainsi qu'il excite ses compagnons; à sa voix, ils se précipitent en foule sur la muraille et montent sur les créneaux, armés de leurs lances à la pointe acérée.
Hector s'avance armé d'une pierre qu'il a saisie devant les portes ; elle était grosee à F«e des extrémités et se terminait en pointe; deax hommes du peuple, tels que les plus robustes de nos jours, ne l'auraient soulevée qu'avec peine pour la placer sur un char. Seul il la brandit sans effort. Le fils du perfide Saturne la lui a rendue légère. Tel un berger prend d'une main la toison d'un bélier et la porte facilement sans que ce léger fardeau l'accable; tel Hector lève cette pierre, la dirige contre les ais, qui, solidement joints, for-à Hector fils-de-Priam, qui le premier s'élança-vers le mur des Achéens.
Or il cria d'une-manière-perçante, vociférant aux Troyens :
a Précipitez-vous, Troyens dompteurs-de-chevaux ; et enfoncez le mur des Argiens, et jetez-sur les vaisseaux un feu terrible. »
Il dit ainsi les excitant; et ceux-ci tous l'entendaient de leurs oreilles, et se portèrent en-foule sur le mur ; ceux-ci à la vérité ensuite montaient-sur les créneaux, ayant (tenant) des lances aiguisées.
Mais Hector ayant saisi une pierre la portait, [portes; laquelle était placée devant les elle était grosse à-l'extrémité, et pointue en dessus; et deux hommes du peuple les meilleurs (les plus robustes) , tels-que les mortels sont maintenant, n'auraient pas levée facilement elle de terre sur un char; mais lui même seul brandissait facilement elle.
[Le fils de Saturne rusé rendit elle légère à lui.] Or comme lorsque un berger porte facilement la toison d'une brebis mâle (bélier), l'ayant prise d'une main, et ce fardeau accable lui peu ainsi Hector ayant levé la pierre la portait droit contre les planches, qui fortifiaient solidement les portes fermement jointes, tifient les hautes portes à deux battants; elles étaient fermées à l'intérieur par deux verroux qui se croisent et sont traversés par un boulon. Arrivé près des portes, il s'arrête, écarte ses jambes, çt se roidissant pour ne point porter un coup inutile, il la lance au milieu des portes. Il brise les deux gonds ; la pierre tombe de tout son poids, et les portes en mugissent au loin ; ies verroux ne ré-sistent pas, et les ais volent en éclats par la force du choc. Le brillant Hector s'élance, semblable à la nuit rapide ; l'airain dont il s'est revêtu projette une lueur effrayante, et de ses mains il brandit deux jave-lots. Un dieu seul aurait pu l'arrêter lorsqu'il s'élança contre les portes ; ses yeux lancent des flammes. Le héros se retourne alors vers les Troyens et les exhorte à franchir la muraille; les guerriers obéissent à la voix qui les excite, et soudain les uns franchissent à-deux-battants, élevées ; et deux verroux mis-en-sens-contraire les retenaient en dedans, et un boulon y avait été adapté.
Et étant venu très-près il s'arrêta.
et s'étant affermi sur le sol, il frappa les portes au-milieu, ayant écarté-les-jambes bien, afin que le trait à lui ne fût point impuissant.
Or il brisa les deux gonds ; et la pierre tomba en dedans avec sa pesanteur, et les portes mugirent grandement tout-autour; et les verroux donc ne résistèrent pas, et les planches se disjoignirent l'une d'un côté, l'autre d'un autre par l'impulsion de la pierre.
Or donc Hector brillant sauta, semblable par le visage à la nuit rapide ; et il brillait par l'airain terrible, dont il s'étaitrevêtu autour du corps; et il avait deux lances dans ses mains.
Quelqu'un étant venu-au-devant n'aurait point arrêté lui, excepté les dieux, quand il sauta-sur les portes ; et ses yeux étaient enflammés par le feu.
Or s'étant tourné vers la foule il exhorta les Troyens, à franchir le mur ; et ceux-ci obéirent à lui les excitan t ; et aussitôt les uns franchirent le mur, et les autres se répandirent la muraille, et les autres inondent les portes solides et se répandent dans le camp. Les Grecs effrayés s'enfuient dans leurs creux navires, et de toutes parts s'élève un effroyable tumulte. par les portes elles-mêmes a-rtistement faites.
Mais les Grecs fuirent-effrayés vers les Taigagaux creux ; et un tumulte inévitable (immense) fut fait (s'éleva).