‹ Douzième chant de l'IliadeChapitre 3 sur 6 · COMBAT PRÈS DU MUR · texte numérisé non relu

COMBAT PRÈS DU MUR

Ainsi d'un cûté le fils vigoureux de Ménétius guérissait Eurypyle ayant été blessé, dans ses tentes; de l'autre les Argiens et les Troyens combattaient en-se-mêlant.

Et donc le fossé des Grecs et le mur large au-dessus, lequel ils firent pour les vaisseaux, ne devaient plus arrêter les Troyens, et ils creusèrent un fossé autour (et ils ne donnèrent pas aux dieux des hécatombes illustres ), afin que ce mur protégeât et les vaisseaux rapides à eux et un butin nombreux, les ayant en dedans ; mais il avait été construit malgré les dieux immortels ; à cause de cela même il ne fut nullement ferme pendant un temps long.

Aussi-longtemps-que à la vérité Hector était vivant, et que Achille était-en-colère, et que la ville du roi Priam était non-renversée, point renversée, le grand mur des Achéens resta debout. Mais lorsque les plus braves des Troyens eurent succombé, lorsque, parmi les Ar-giens, les uns eurent péri, les autres eurent échappé à la mort, et qu'après dix années la ville de Priam eut été détruite, et que les Grecs furent retournés avec leurs vaisseaux dans leur chère patrie, alors Nep-tune et Apollon résolurent de détruire ce rempart en déchaînant contre le mur la fureur de tous les fleuves qui coulent des monts Idéens dans la mer: le Rhésus, l'Heptapore, le Carèse, le Rhodius, le Granique, l'Ésèpe, le divin Scamandre et le Simois, où roulèrent sur le sable tant de boucliers, tant de casques, et la race des demi-dieux. Phébus Apollon tourna du même côté l'embouchure de ces fleuves, et pen-dant neuf jours il précipita leurs eaux contre la muraille; lupiter versa des torrents d'une pluie continuelle, pour l'abîmer plus promptement dans la. mer. Neptune lui-même, armé de son trident, aussi-longtemps même le mur grand des Achéens était ferme (debout).

Et après que à la vérité tous-ceux-qui étaient les meilleurs des Troyens furent morts, et que beaucoup des Argiens, les uns furent domptés, les autres furent laissés (survécurent), et que la ville de Priam fut renversée la dixième année, et que les Argiens furent revenus sur leurs vaisseaux dans leur patrie ; alors enfin Neptune et Apollon résolurent de détruire le mur, ayant poussé-contre lui.

la force des fleuves, autant-qu'il-y-en-a-qui coulent des monts Idéens dans-la-mer, et le Rhésus et l'Heptapore, et le Carèse et le Rhodius, et le Granique et l'Ésèpe, et le Scamandre divin, et le Simols, où tombèrent dans la poussière de nombreux boucliers-faits-de-et des casques, [peaux-de-bœufs et la race des hommes demi-dieux ; Phébus Apollon tourna du-même-côté les embouchures d'eux tous, et envoyait leur cours contre le mur pendant-neuf-jours ; or donc Jupiter faisait-pleuvoir continuellement, afin que il rendît plus-vite les murs abîmés-dans-la-mer.

Et Neptune lui-même qui-ébranle-la terre, ayant dans ses mains le trident, dirigea le cours de ces fleuves; par l'impétuosité des vagues, il dis-persa les troncs d'arbres et les pierres, que les-Achéens avaient avec tant de peine placés comme fondements du mur, aplanit le rivage du rapide Hellespont, et, après avoir détruit la muraille, il recou-vrit de sable toute sou étendue ; il fit rentrer ensuite les fleuves dans les lits où jusqu'alors ils avaient roulé leurs ondes au beau courant. Ainsi devaient un jour s'accomplir les desseins de Neptune et d'Apollon. Mais alors autour de la solide muraille éclatent la guerre et le tumulte ; les poutres des tours retentissent sous les coups qui les frappent. Les Argiens, châtiés par Jupiter, se tiennent renfermés dans leurs creux navires, et redoutent Hector, violent artisan de terreur; ce guerrier combat comme toujours, semblable à la tem-pête. Ainsi lorsqu'au milieu des chiens et des chasseurs s'agite un sanglier ou un lion, plein du sentiment de sa force, les hommes se forment en carré pour s'oppdser à lui, et lui lancent une grêle de conduisait ces fleuves; et donc il dispersait par les flots tous les fondements de troncs-d'arbres et de pierres, que les Achéens placèrent se-donnant-de-la-peine (avec peine) ; et il les rendit planes auprès de l'Hellespont rapide, et il couvrit de nouveau de sable le rivage grand, ayant détruit le mur; et il tourna les fleuves pour refluer vers leur lit, où ils envoyaient auparavant l'eau au-beau-courant.

Neptune et Apollon certes devaient faire ainsi plus-tard ; mais alors un combat et un cri s'enflammèrent autour du mur bien-bâti, et les poutres des tours craquaient étant frappées.

Or les Argiens, ayant été domptés par le fouet de Jupiter, se tenaient renfermés sur les vaisseaux creux, craignant Hector, violent auteur de crainte (de fuite) ; et celui-ci, comme auparavant, combattait égal à la tempête.

Or comme lorsque un sanglier ou un lion, étant-fier de sa force, s'agite au milieu et de chiens et d'hommes chasseurs ; et ceux-ci s'étant rangés eux-mêmes en-tour (en-forme-de-tour) se tiennent en-face, et lancent de leurs mains traits ; son cœur magnanime ne tremble pas, il ne songe point à fuir ; mais son courage le perd; il se tourne sans cesse, et cherche à rompre les rangs des chasseurs ; partout où il se précipite , les rangs s'ouvrent devant lui : ainsi Hector s'agite au milieu de la foule, et exhorte ses compagnons à franchir le fossé. Ses rapides coursiers n'osent le traverser; ils poussent de longs hennissements sur l'extré-mité du bord; ce large espace les épouvante; et certes il était diffi-cile de le franchir ou de le traverser; car des deux côtés se dressaient en saillie d'immenses précipices, garnis de pieux aigus, grands et serrés, dont les fils des Achéens se formèrent un rempart contre les ennemis. Un cheval traînant un char aux belles roues l'eût difficile-ment traversé; et les fantassins réfléchissaient au moyen de franchir le fossé. Alors Polydamas s'approche de l'audacieux Hector et lui dit:

* Hector, et vous autres, chefs des Troyens et des alliés, il y a de des javelots fréquents ; et le cœur magnanime de celui-ci ne tremble jamais, et n'est pas effrayé; mais son courage a tué lui ; et il se tourne fréquemment, essayant les rangs des hommes; et les rangs des hommes cèdent là où il se sera précipité :

ainsi Hector s'agitait étant allé à travers la foulé, exhortant ses compagnons à traverser le fossé.

Etles chevaux aux-pieds-rapides à lui n'osaient pas le traverser; mais ils hennissaient beaucoup, se tenant sur le bord extrême ; car le fossé large les effrayait, et certes il n'était pas aisé de sauter-au-delà [scr ; et le fossé n'était pas facile à traver-car des précipices en-saillie s'élevaient des-deux-côtés autour de tout le fossé; et en dessus il était consolidé par des pieux aigus, lesquels les fils des Achéens placèrent serrés et grands, défense contre les hommes ennemis.

Un cheval tirant un char aux-belles-roues ne fut pas entré là facilement, mais les fantassins réfléchissaient, s'ils l'exécuteraient.

Alors donc Polydamas dit [cieux :

s'étant approché d'Hector auda--

« Et Hector, et autres chefs des Troyens et des alliés, nous poussons témérairement les chevaux rapides à travers le fossé ; la témérité à vouloir pousser nos rapides chevaux à travers ce fossé; il est bien difficile de le traverser; sur le bord se dressent- des pieux aigus, et derrière ces pieux s'élève le mur des Achéens. Il est impos-sible pour les cavaliers d'y descendre et d'y combattre ; c'est un étroit défilé où je crains de les voir périr. Si Jupiter tonnant médite d'af-freux malheurs contre les Achéens et les anéantit, s'il veut au con-traire sauver les Troyens, je désirerais qu'il accomplit maintenant sa volonté et que les Grecs périssent sans gloire loin d'Argos. Mais si nos ennemis font volte-face, s'ils nous repoussent loin des vaisseaux et nous précipitent dans ce fossé profond, je ne crois pas même qu'un seul d'entre nous échappe aux Grecs revenant au combat, pour porter à Troie cette triste nouvelle. Allons donc, obéissez tous à mes ordres : que les écuyers retiennent les chevaux sur le bord du fossé ; et nous, couverts de nos armes, marchons tous ensemble sur les pas d'Hector. Les Achéens ne résisteront pas, s'il est vrai qu'ils touchent à leur perte. » or celui-ci est très-difficile à traverser; car des pieux aigus se tiennent dans lui (sur le bord) , et derrière eux est le mur des Achéens ; il n'est nullement possible aux cavaliers de descendre là, ni de combattre ; car c'est un défilé, où je pense eux devoir être blessés.

Car si à la vérité Jupiler qui-tonne-fort pensant des choses-mauvaises anéantit tout-à-fait les Achéens, et voulait secourir les Troyens, certes alors moi je voudrais aussi cela arriver aussitôt, les Achéens périr sans-gloire là loin d'Argos.

Mais si les Achéens se retournent, et si un retour-offensif a-lieu des vaisseaux, et si nous tombons dans le fossé creusé; je ne pense plus même ensuite un messager devoir revenir en arrière vers la ville,, par les Achéens s'étant retournés.

Mais allez, obéissons tous, comme moi je l'aurai dit; que les écuyers à la vérité retiennent les chevaux près du fossé, et nous-mêmes à-pied ayant été armés avec nos armes, tous réunis suivons Hector; et les Achéens ne résisteront point, s'il-est-vrai-que les termes de la ruine sont suspendus-sur eux. » Ainsi parle Polydamas, et ce sage discours plaît à Hector. Soudain il s'élance de son char avec ses armes ; les autres Troyens ne restent point sur leurs coursiers, mais ils sautent à terre, à l'exemple du divin Hector. Chacun ordonne alors à son écuyer de tenir les chevaux en ordre sur le bord du fossé; ensuite les Troyens se rangent, se sé-parent en cinq groupes, et suivent les pas de leurs chefs. Les guerriers les plus nombreux et les plus braves accompagnent Hector et l'irréprochable Polydamas ; ils brûlent d'enfoncer la mu-raille et de combattre près des creux vaisseaux ; Cébrion, leur troi-sième chef, suit ces deux héros; car Hector a confié son char à un écuyer moins vaillant que Cébrion. La seconde phalange marche sous les ordres de Pâris, d'Alcathoüs et d'Agénor; la troisième est com-mandée par les deux fils de Priam, Hélénus et Déiphobe à la forme divine, et par l'intrépide Asius, fils d'Hyrtacus, que ses brillants et nobles coursiers avaient amené d'Arisbe, non loin du fleuve Selléis. Polydamas dit ainsi ; et cette parole sûre plut à Hector ; et aussitôt il sauta avec ses armes de ses chars à terre.

Et les autres Troyens' à la vérité ne se réunirent point sur leurs chevaux ; mais ils s'élancèrent tous à terre, lorsque ils virent Hector divin.

Ensuite chacun à la vérité ordonnait à son écuyer de retenir les chevaux bien en ordre là près du fossé ; et ceux-ci s'étant séparés, s'étant rangés eux-mêmes, ayant été disposés en-cinq-corps, suivaient en-même-temps les chefs.

Ceux à la vérité qui étaient les plus nombreux et les meilleurs, allèrent avec Hector et Polydamas irréprochable, et ils brûlaient surtout, ayant enfoncé le mur, de combattre près des vaisseaux creux ; et Cébrion suivait eux le troisième ; or donc Hector laissa auprès des chars un autre, pire que Cébrion.

Et Pâris commandait les autres, ainsi-que Alcathoüs et Agénor; et Héléuus et Déiphobe pareil-à-un-dieu, deux SIS de Priam, commandaient les troisièmes; et le troisième chef était Asius héros, Asius fils-d'Hyrtacus, lequel des chevaux brillants, grands, amenaient (avaient amené) d'Arisbe, La quatrième est conduite par Énée, le valeureux fils d'Anchise, et par les deux fils d'Anténor, Archéloque et Acamas, habiles dans l'art des combats. Sarpédon est le chef des illustres alliés; il a choisi pour le seconder Glaucus et le belliqueux Astéropée. Tels sont les chefs qu'Hector regarde comme les plus vaillants, après lui, du moins ; car il les surpasse tous par sa valeur. Quand ils se sont joints les uns aux autres, recouverts de leurs magnifiques boucliers, ils s'avancent pleins d'ardeur, marchent droit contre les Grecs, pensant qu'ils ne pourront plus résister, mais qu'ils succomberont sur leurs noirs vaisseaux.

Les Troyens et leurs alliés, venus de régions lontaines, suivent le sage conseil de l'irréprochable Polydamas; mais le fils d'Hyrtacus, Asius, prince des hommes, ne veut point abandonner ses chevaux et son écuyer ; il se dirige avec eux vers les rapides vaisseaux des Grecs. L'insensé ! Il ne devait point, fier de ses chevaux et de son char, éviter la Parque funeste, ni retourner dans Ilion battue par les du fleuve Selléis.

Et le fils brave d'Anchise, Énée, commandait les quatrièmes ; avec lui deux ils d'Anténor, et Archéloque et Acamas, sachant bien tout combat.

Et Sarpédon fut-chef des alliés illustres, et il prit-avec-lui Glaucus et Astéropée martial ; car ceux-ci parurent à lui être de beaucoup les meilleurs des autres après lui du moins ; or lui se distinguait aussi entre tous.

Et quand ceux-ci se furent joints les-uns-aux-aulres avec leurs boucliers bien-faits, ils marchèrent pleins-d'ardeur droit contre les Grecs, et ils dirent (pensèrent ) eux ne pas devoir résister, mais devoir succomber sur leurs vaisseaux noirs.

Alors les autres Troyens et leurs alliés appelés-de-loin obéirent au conseil de Polydamas irréprochable; mais Asius fils-d'Hyrtacus, prince des hommes, ne voulait pas laisser là et ses chevaux et son écuyer serviteur ; mais il s'approcha avec eux des vaisseaux rapides, insensé ; et certes il ne devait pas, ayant évité les Parques mauvaises, étant-fier de ses chevaux et de ses chars, vents ; car le redoutable Destin Je fit tomber sous les coups du noble Idoménée, fils de Deucalion. Asius se précipite à gauche de la flotte, où les Achéens revenaient de la plaine avec leurs chevaux et leurs chars. C'est de ce côté qu'il fait avancer ses chevaux et son char; les Grecs n'avaient point poussé les battants des portes ni le long verrou ; mais ils ies tenaient ouverts pour recevoir ceux de leurs compagnons qui se retireraient du combat. C'est là que, plein d'ardeur, il dirige ses coursiers ; ses soldats le suivent en poussant des cris aigus ; car ils pensent que les Achéens ne pourront plus résister, mais qu'ils succom-beront sur leurs noirs vaisseaux. Insensés ! Ils trouvent aux portes les plus braves des guerriers, les descendants magnanimes des belliqueux Lapithes, l'un, fils de Pirithoûs, le courageux Polypète, l'autre, Léon-tée, pareil à l'homicide Mars. Ces deux héros se tiennent debout devant Tffov "ApTjï PpoTolot 1 - I tù> fipa ëa"ta<jM9^\ '\} ç irpoTiàpoi0e nv\dJy^fyy 'lrpO'lta.poI6E 1t"Àa. e..i.l1e

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