A. — ÉTUDES SUR LES SEPTICÉMIES
Sémiologie générale de l’état septicémique (avec
J. Reilly). Rapport aa XIX' Congrès français de médecine,
Paris, 1927.
Notre rapport a été basé sur l’étude clinique et bactériologique de nombreux cas de septicémie observés pendant plusieurs années à la Clinique des maladies infectieuses. Nous nous sommes surtout attachés à établir les étapes physio-pathologiques par lesquelles se constitue l’état septicémique et à apprécier, la valeur respective des différents symptômes.
Nous retiendrons plus particulièrement ici les points sur lesquels nos recherches ont apporté une contribution directe.
L’état septicémiqiie n’a acquis une signification précise que du jour où les travaux de Davaine et de Pasteur
démontrèrent qu’il était lié à la virulence du sang et à la présence de germes variés dans le torrent circulatoire. Partant des constatations expérimentales, les bactériologistes le considèrent comme résultant d’une pullulation des agents pathogènes dans le milieu hématique (Bordet, Nicolle, etc.). En pathologie humaine, il est tout un groupe de maladies qui répondent manifestement à cette manière de voir, ce sont les infections à protozoaires sanguicoles (Qèvre récurrente, paludisme) ; mais, vis-à-vis des affections bactériennes qui demeurent les causes habituelles des septicémies, on ne peut souscrire à la définition précédente ; en effet, les résultats de la numération des germes ne permettent pas d’affirmer la multiplication réelle des bactéries dans le sang. Les hémocultures faites en série montrent que les microbes demeurent à un chiffre relativement constant ou qu'ils disparaissent passagèrement, ou enfin qu ils offrent une subite augmentation pour revenir ensuite à leur taux antérieur. Schottmüller a interprété ces données en envisageant la septicémie comme la conséquence d’une émigration permanente ou passagère de microbes toujours nouveaux provenant d’un foyer septique.
Cette conception met en évidence l’importance du foyer infectant dont les décharges incessantes viennent contre-balancer les lyses microbiennes successives.
Nos recherches personnelles nous conduisent à admettz’e cette manière de voir de Schottmüller.
Il y a lieu toutefois de faire quelques réserves pour les septicémies à caractère suraigu dont la phase pré-
agonique s’accompagne d’un nombre fort élevé de germes dans le sang. Ainsi est-on amené à considérer comme insuffisant le critérium bactériologique pour définir 1 état scepticémique. Force est donc de rechercher les différents facteurs qui lui donnent sa physionomie morbide, d où la définition proposée de la septicémie : toute infection générale conditionnée par la présence constante ou passagère dans le sang de bactéries pathogènes et de leurs poisons. Issue de foyers septiques appréciables ou non, elle engendre des signes généraux graves tenant à la multiplication des microbes dans les organes, à Vaction de leurs toxines, enfin, aux effets nocifs des produits de désintégration cellulaire, tous symptômes laissant au deuxième plan le foyer infectieux initial.