‹ Dr Pierre GastinelChapitre 35 sur 65 · HERPES · texte numérisé non relu

HERPES

d’un lapin mort d’encéphalite, suite de kératite herpétique, est inoculée sur la cornée d’un lapin et sur celle d’un rat blanc le i 5 novembre. Le lapin meurt le 23 novembre avec les lésions habituelles d’encéphalite. Le rat blanc ne présente pas de kératite, mais il succombe le 22 novembre. Son cerveau est prélevé pour passages ultérieurs.

3 ® Présence du viras herpétique dans le cerveau du rat blanc. Dans toutes nos expériences où le rat blanc succombait aux inoculations cornéennes d’herpès dans les délais ci-dessus mentionnés, nous avons pu mettre en évidence le virus herpétique par passage de ce virus en série chez le lapin et reproduire , chez cet animal, la kératite spécifique.

a) Un prélèvement de kératite, déterminée chez le lapin par l’inoculation d’herpès labial, est inoculé, à un rat blanc ; il meurt en, 7 jours sans avoir pré.senté de kératite nette. Son cerveau est prélevé, émulsionné dans le sérum physiologiqueet une inoculation est faite, le 7 novembre, à la cornée du lapin. Ce dernier présente une kératite le 9 novembre. Il meurt le i 5 avec des phénomènes d’encéphalite ; le mésocéphale prélevé, émulsionné, est inoculé à nouveau, le même jour sur la cornée d’un lapin qui présente une kératite le 18 novembre et meurt d’encéphalite le 23 novembre.

b) un prélèvement d’encéphalite de passage chez le lapin inoculé sur la cornée d’un rat blanc le i5 novembre ; cet animal ne présente pas de kératite, mais il meurt le 22. Son cerveau émulsionné est porté sur la

P. Cj

3TINEL

cornée.du lapin qui offre une kératite le 24 novembre, mais l’animal survit.

Enfin, il est possible de transmettre en série le virus encéphalitique du. rat à un autre rat blanc, par inoculation cornéenne. Ce nouvelanimal, après kératite, meurt dans un délai plus ou moins long- avec quelquefois des phénomènes de parésie du train postérieur.

4 ” Voies d'infection : nous avons obtenu l’infection du rat blanc par l’inoculation cornéenne dans chacune de nos expériences, sauf dans un cas ; mais nous avons toujours échoué en essaj^ant la voie péritonéale et la voie nerveuse périphérique, par injection du virus dans le nerf sciatique. Nous n’avons pas étudié la voie intracérébrale ni la voie méningée.

En résumé, le rat blanc est réceptif pour le virus herpétique ; l’inoculation-cornéenne déterminesouvent une kératite, mais toujours légère et passagère, très différente de celle présentée par le lapin. Cette kératite peut même manquer et cependant l’infection des centres nerveux peut être réalisée ; l’encéphalite du rat blanc est bien déterminée par le virus herpétique; elle est susceptible de reproduire une kératite chez le lapin avec encéphalite consécutive ; elle est également, et en série, réinoculable au rat.

Nos recherches sur l’herpès ont donc mis en évidence les points suivants :

I* L’unité des herpès ;

2® L’inoculabilité des lésions herpétiques qui sont non

ÉTUDES

.'herpès

seulement auto mais hétéro-inoculables en série. Ce fait est désormais indiscutable.

Au bout d’un certain nombre de passages, il devient impossible de redéterminer, au moins temporairement, une lésion herpétique. Des expériences en cours sont destinées à rechercher si des lésions d’herpès reproduites en série créent une immunité tégumentaire locale ou générale.

3 “ L’inoculabilité de l’herpès peut être réalisée au cours de l’encéphalite léthargique et il faut donc admellre, dans l’hypothèse do l’unité des virus herpétique et encéphalitiques, que l’atteinte du névraxe ne détermine aucune immunité de la peau.'

4 “ Le rat blanc est susceptible d’être infecté par l’herpès humain ou expérimental et, fait curieux, la kératite peut même manquer et cependant l’infection des centres nerveux peut être réalisée. Il est donc possible d’envisager le rat blanc comme un réservoir de virus.

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