RECHERCHES SUR LES RÉACTIONS HUMÉRALES
Recherches sérologiques au cours de la période primaire de la syphilis. Avec Clément Simon {Annales de dermatologie et de sypldligraphie, tome VII, 1919, page 17.
Entre autres recherches sur les réactions de Wassermann au cours de la syphilis, notre attention a été particulièrement attirée sur l’étude de la valeur comparative de la méthode classique de Bordet-Wassermann et des méthodes simplifiées.
D’autre part, nous nous sommes efforcés de démêler les influences que pouvaient subir les courbes sérologiques pendant la période primaire d.e la syphilis, du fait de la précocité de l’accident au moment du début du traitement,ou du fait’ de l’intensité de l’action thérapeutique.
C’est là, en effet, la question la plus importante pour le praticien qui demande à la séro-réaction la précision d’un diag-nostic, et qui doit savoir jusqu’à quel point il peut en espérer un guide thérapeutique et un facteur pronostique.
Notre travail a été basé sur l’élude de 90 chancres syphilitiques dont le diagnostic clinique a été confirmé par la présence de tréponèmes. La double réaction de Bordet et de Hecht a été faite avant tout traitement et elle a été poursuivie chaque semaine pendant tout le séjour hospitalier qui fut d’un mois et demi dans les cas étudiés.
La technique employée pour la réaction de Bordet- Wassermann fut la technique classique précédée de dosages rigoureusement effectués. La réaction de Hecht fut faite après la recherche de l’index hémolytique de chaque sérum ; les résultats des réactions obtenues furent portés sur des graphiques dont nous donnons ci-contre les schémas ; et de l’ensemble de nos cas, nous avons pu dégager 4 types assez nets de réactions sérologiques.
Nous les envisagerons successivement pour la réaction de Wassermann et pour la réaction de Hecht.
Réaction de Wassermann. — Dans un premier groupe de faits, la réaction de Bordel-Was.sermanh est restée positive sans fléchissement pendant tout le séjour ho.spitalier et malgré tout l’effort thérapeutique (le traitement fut fait dans tous les cas par la méthode mixte, arséno-benzol et c\'anure de mercurej. ■
ÉTUDES SUII LA SYPHILIS
Courbe n' 1
Dans un deuxième groupe défaits, de beaucoup le plus fréquent, la courbe de réaction, après une période de positivité variable, devient négative et s'y maintient, la chuté de la réaction peut être réalisée en une semaine dans quelques cas, le plus souvent en trois ou cinq.
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Courbe n»i2 Courbe n» 3
N.jB. — Dans la première rangée horizontale de toutes les courbes sont notées les semaines d’hospitalisation.
Dans la 2" rangée sont portées les doses d’arséno-benzol au moment des réactions.
La réaction B. W. est inscrite en trait plein, lai réaction de Hecht est est on pointillé,
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ETUDES SUR LA SYPHILIS
Courbe n* 9
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P. GASTINEL
Dans le 3® groupe de faits, le type de la réaction est constitué par des séries d’oscillations qui échappent à toute règle ; elles passent des signes positifs aux signes négatifs alternativement ; quelquefois, à la sortie de l’hôpital, les malades offraient des réactions définitivement négatives.
D’autres, au contraire, et malgré un traitement analogue, demeuraient encore positives.
Ces oscillations ont paru.se grouper le plus souvent à la phase initiale du graphique, mais elles ont pu aussi être observées à la fin du tracé.
Le quatrième type observé, dans quelques cas seule ment, est constitué et réalisé par le caractère constamment négatif de la réaction.
Réaction de Hecht. En systématisant comparativement les graphiques de la réaction de Hecht, on met
ETUDES SUR LA SYPHILIS
Cf
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Courbe n" 14
aussi en évidence les données principales qui distinguent ces deux méthodes.
Cette réaction, en effet, a été observée très souvent irréductible chez nos malades ; 5i réactions irréductibles de Hecht, contre 21 réactions irréductibles do Wassermann.
Quand la réaction de Hecht devient nég-ative, elle ne le devient que beaucoup plus tard après la réaction de Wassermann, c’est-à-dire vers la sixième semaine de traitement.
En aucun cas, nous avons noté la réaction de Hecht constamment nég-ative, contrairement à ce qui a été noté pour la réaction de Wassermann dans 6 cas.
L’ensemble de ces données nous permet de comparer les deux méthodes étudiées parallèlement; le |)ourcentage nous a donne pour la réaction de Hecht une positivité de 100 0/0 ; pour la réaction de BordetWassermann, nn chiffre de 98 0 / 0 .
D’aulrè part, il est fréquent que la réaction de Bordet- Wassermann ne devienne positive que dans un délai variant de une à trois semaines, après la positivité delà réaction de Hecht.
En plus de ces caractères de précocité, le graphique des réactions de Hecht se distingue de ceux de la réaction de B.-W. par la plus grande persistance des réactions au sérum non chauffé par rapport aux procédés classiques.
Enfin, le nombre des courbes oscillantes des réactions de Hecht est moindre que celui des courbes oscillantes des réactions de B.-W.
SUIS LA SYPIIILls
En résumé, celle comparaison des deux modes de réaclion nous conduil à conclure : La réaclion de Hechl esl plus conslanle, plus durable, plus précoce que la réaclion- de B.-W.. Faul-il en déduire que la réaction de Hechl doit remplacer celle de B.-W. ? Nullement. On connaîL trop le dang-er que comporte la réaclion simplifiée,qui ne peut avoir de valeur que si elle est accompag-née de la recherche et de rinlerprélation de l’index hémolytique. Il s’ag-il dès lors d’une technique complexe et qui reste encore dang-ereuse ; l’index fort ou au contraire l’index faible, peut donner des résultats erronés qui font éliminer le diag-noslic de syphilis ou conclure faussement à son existence.
Il ne faut donc, en aucun cas, employer la réaction de Hechl isolée.
Par contre, elle fournit des renseignements précieux quand on l’emploie conjuguée pour ainsi dire avec la réaction de B.-W. On réunit alors la sensibilité de l’une à la précision de l'autre et on peut sui vre plus longtemps et plusjudicieusement les réactions humorales des malades atteints de chancres syphilitiques.
Les signes sérologiques du début influencent grandement le tracé des courbes, comme il ressort nettement de l’examen de nos observations. A ce point de vue, nous les avons classées en 4 catégories :
La première est caractérisée avant tout traitement par la réaction de Bordel-Wassermann et la réaction de Hecht également négative. Pour ce groupe. Je plus favorable, la réaction de B.-W ayant été transitoirement
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positive, est toujours, après traitement, redevenue négative; la réaction de Hecht ne l’est redevenue que dans 54 o/odes cas.
La seconde catégorie comporte des faits dans lesquels on notait la positivité de la réaction de Hecht, la réaction de Wassermann étant négative. Dans ces cas, la réaction de Wassermann après avoir été transitoirement positive n’est plus redevenue négative que dans 82 0/0 et la réaction de Hecht dans 35 0/0 des cas.
Dans la troisième catégorie, les deux réactions étaient positives avant tout traitement ; après le séjour hospitalier dans les conditions de temps et cie traitement décrites, la reaction de Wassermann est devenue négative dans 68 0/0 des cas, et la réaction de Hecht dans 28 0/0 des cas.
Enfin, la 4'= catégorie est représentée par des malades qui ont également les deux réactions positives, mais chez lesquels des accidents secondaires sont dtqà associés à l’accident primitif. Dans ces cas, la réaction de Wassermann n’est plus devenue négative, dans le laps de temps de nos observations, que dans aü 0/0 des cas et la réaction de Hecht dans 8 0/0 seulement. Le tableau ci-joint schématise ces résultats.
En d’autres termes, étant donnés les signes sérologiques du début, on peut établir une sorte de séro-pronostic en ce qui concerne l’évolution des courbes humorales. Mais nous nous gardons de déduire, du pourcentage de négativité des réactions dans telle ou telle des categories envisagées, la moindre indication concernant le pronostic général de l’infection syphilitique. Il nous a
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semblé, d’aub-e pari, assez évident que les doses nécessaires de médicament, pour obtenir la négativité des reactions, sont prog-ressivement croissantes à mesure que les sig:nes humoraux du début s’accentuent davantag-e; mais nous insistons sur le dang-er qu’il y a à croire a une action thérapeutique efficace du fait que les courbes sérologiques sont tombées à la négativité. Nous avons observé au bout de deux semaines de traitement des réactions négatives, il serait absiîrde de tirer de ce fait un critérium de stérilisation.
Signes des réactions sérologiques
Pourcentage des réactions négatives après le traitement
avant le traitement
R. DE HEGHT
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D’autre part, certaines réactions de fixation demeurent positives malgré des doses de novarsénobenzol ayant atteint 7 et 8 grammes ; nous estimons que la poursuite ininterrompue du traitement est alors dangereuse et non justifiée.
On s’e.xpose en somme, en se guidant uniquement ' sur des réactions sérologiques, à réaliser un traitement msufiîsant ou à le prolonger inutilement jusqu’à une dose qui peut être toxique. L’étude des réactions ne peut Gastïnel
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donc avoir qu’une valeur relalive dans la dirccLion de la Ihérapeulique spécifique tà la période primaire. A celle époque, en eflFel, elles Iraduisenl l’état humoral complexe créé par l’infection traitée et elles peuvent avoir des modifications oscillantes inattendues, rendant difficile et danj^ereuse toute systématisation exclusive.
L’index anti-hémolytique des réactions de Wassermann. Essai^de mesure. La partie infravisible de la réaction de fixation. — {Société Médicale des Hôpitaux, 28 novembre 1918).
Dans la pratique des réactions de Wassermann, nous avons été bien vile amenés à reconnaître que la méthode colorimétrique, employée pour juger le résullal, identifie entre elles des réaclions qui répondent à une même teinte et qui cependant sont e.xtrêmemenl dissemblables, puisque par la méthode de la dilution du sérum, on peut facilement établir la valeur de cette différence.
Nous avons proposé d’étalonner les résultats obtenus en établissant l’index anti-hémolytique de la réaction. Et . ainsi, il est possible d’évaluer des différences notables entre des réaclions de même aspect. Nous n insisterons pas sur la question technique consistant à calculer la quantité du volume alexique nécessaire pour provoquer secondairement l’hémolyse dans les tubes de la réaction positive. Cette méthode permet facilement:
1 “ de noter les résultats des réactions de Wassermann par le calcul de l’index anti-hémolytique des milieux réalisés.
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2 “ d’elablir des dilféreiiccs entre des réactions qui, sous un même aspect de positivité, ont des valeurs antiliémoljtiques jusqu’à lo fois plus fortes. '
.3“ de connaître une partie infravisible, dans les réactions de Wassermann, répondant à des variations maxima qui passeraient inaperçues par l’emploi des méthodes colorimétriques.
OBSERVATIONS ET ETUDES DIVERSES Etude d’une famille d’hérédo-syphilitiques. — Avec
M. A. Barré. 'Presse Médicale n® 6o, 1910).
Elude, faite au point de vue technique et clinique, montrant les résultats comparatifs obtenus chez tous les enfants d’une même famille par la recherche de la réaction de Wassermann dans le sang- et le liquide céphalorachidien, par la recherche de l’albumine et la lymphocytose rachidienne.
Meningo-Myélite syphilitique avec radiculite gommeuse. Avec Tinel. [Voir plus loin).
Syphilis, paralysie diphtérique, herpès vélopalatin. Avec Pélis.sier. [Gazette des Hôpitaux, n" S, octobre 1911).
Réaction de Wassermann positive dans un liquide de pleurésie tuberculeuse au cours d’une syphilis secondaire. Avec M. F. Bezançon. [Société des Etudes scientifiques sur la tuberculose, juillet 1912).
Chancre de la gencive chez un tapissier. (Observation médico-légale). Avec Legrain. [Société de dermatologie décembre 1919).
Chancre redux traité parle néosalvarsan. [Journal des maladies vénériennes, 1913).
Chancre mou de la verge et lymphangite abcédée.
Annales de dermatologie, 1908.
L’Allergie dans la syphilis. Etude critique. Avec Boutelier, sous presse, (in Bulletin Médical).