‹ Dr Pierre GastinelChapitre 57 sur 65 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

Les états méningés des tuberculeux. Avec M. Tinel.

i° /S® Congrès de Médecine, Lyon, 25 octobre 1911.

2® Revue de Médecine, mo 14, 10 avril 1912.

Nous avons, groupé, sous le nom d’élals méningés chez les tuberculeux, une série de faits cliniques observés dans les services du professeur Landouzy et du professeur fiezançon, caractérisés par des syndromes méningés bénins. Variables dans leurs expressions cliniques, éphémères ou prolongés, légers ou intenses, ces états ont pour caractère conslant d’être transitoire. Ils ont tendance à rétrocéder complètement, et ce caractère suffit à lui seul ppur les distinguer de la méningite tuberculeuse classique.

Nous avons rapporté un certain nombre de ces cas ; les uns étaient caractérisés par de simples céphalées persistantes avec recrudescence souvent vespérale ; d’autres

étaient associés à des douleurs névralgiques à tj^pe radiculaire; dans certains cas, s’ébauchait le tableau clinique d’une méningite tuberculeuse avec céphalée, vomissements, raideur de la nuque, réalisant parfois un syndrome alarmant, mais passager, parfois récidivant, toujours curable. On voit donc combien ces svndromes cliniques diffèrent de la méningite tuberculeuse classique mais aussi combien ils s’y rattachent par une série de faits curieux de transition. Les ob.servations cliniques, l’étude de la ponction lombaire jointe à Lexamen anatomique que nous avons pu faire des méninges quelques mois après plusieurs de ces crises méningées, nous ont permis de montrer que l’on pouvait diviser ces états méningés des tuberculeux en deux groupes: premier groupe est constitué par les cas où les ponctions lombaires montrent une lymphocytose rachidienne, où le liquide tuberculise parfois le cobaye et où Ion trouve à l’autopsie, quelque temps après l’épisode méningé, une sclérose jeune avec formation lymphoïde et, quelquefois même, de petits tubercules miliaires cicatrisés ou en voie de cicatrisation.

Ces épisodes méningés représentent en réalité des méningites tuberculeuses atténuées ; ils sont à rapprocher des faits rapportés sous le nom de méningites tuberculeuses curables.

Le second groupe de faits est d’interprétation plus difficile ; il s’agit des cas où l’état méningé, même très intense, ne s’accompagne d’aucune réaction anatomique des méninges, ni lymphocytose, ni hyperalbumine. Or, chez deux de nos malades, la mort est survenue très peu

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de temps, un mois et trois mois après la crise méning-ée. Ou pouvait dès lors s’attendre log-iquement à l’évolution du processus anatomique cicatriciel.

Or, il n existait aucune trace de sclérose jeune ou d’infiltration lymphocytaire; on constatait, au contraire, une sclérose mening-ée adulte, de date très ancienne, et présentant dans un cas même des formations nodulaires cicatricielles. Il ne peut plus être question ici de méningite atténuée. Il s’agit de crises paroxystiques survenant sur des méninges antérieurement touchées.

De pareils faits posent un double problème, celui des scléroses méningées latentes chez les tuberculeux et, d’autre part, celui des crises aiguës à type méningé survenant chez des malades sans réaction anatomique contemporaine.

Nous avons émis l’hypothèse que ces méninges étaient sensibilisées en quelque sorte par l’infection antérieure ; les réactions cliniques violentes sembleraient donc traduire l’état d’hypersensibilisation des méninges ou des centres sous-jacents à l’occasion de quelques poussées infectieuses légères ou de quelques décharges toxiniennes. Cette sensibilisation provoquée, par une atteinte antérieure locale apparaîtrait comme un phénomène comparableaux faitsd’anaphylaxie locale, invoqués par leprofesseur Landouzy et réalisé, expérimentalement par lui avec Gougerot et Salin sur la séreuse articulaire du cobaye.

Un cas de méningite tuberculeuse guérie.(Avec le professeur Bezançon. Société de la Tuberculose, 12 juin 1913).

ObservalioM dRs plus nelles de rnéuing'ile luljerculeiise ayant g-uéri et dont la preuve a éU; faite par l’inoculation positive au cobaye.

La malade a été suivie pendant plus d’un an, nous avons cessé de la voir à ce moment ; elle était fort bien portante et enceinte de 5 mois.

Sciatique radiculaire avec autopsie. Avec Tinel {Revue de Neurologie, 30 octobre 1911).

Sciatique tuberculeuse. Avec Tinel (Société de Neurologie, mars i9U.

La notion des états méning-és chez les tuberculeux nous a amenés à penser que des réacL’ons méning-ées successives et atténuées peuvent être à l’orig-ine de certains ])rocessus radiculaires.

Nous avons eu l’occasion de confirmer cette h\ potlièse par l’examen anatomique d’un sujet mort do méning-ite tuberculeuse, mais ayant présenté, à plusieurs reprises au cours des années précédentes, des crises violentes de .sciatique gauche alternant ou coïncidant avec de vives céphalées.

L’autopsie nous révéla en effet, associées aux lésions récentes de méningite tuberculeuse aiguë, l’existence de lésions anciennes sclérosées méningées diffuses, et surtout l’exisencede foyers scléreux cicatriciels,parfois kystiques sur le trajet des racines lombaires et sacrées du côté gauebe. Le processus inflammatoire était bien de nature tuberculeuse, car nous avons retrouvé dans la gaine méningée, de la 3' lombaire gauche, une tuberculose à centre caséeux. D’autre part, à côté des lésions

radiculaires, on constatait une sclérose du nerf sciatique, cette sclérose remontait jusqu’aux g-ang-lions rachidiens eux-mêmes sclérosés.

On peut donc supposer que la même infection méning-ée a donné naissance aux deux ordres de lésions ; elle a majoré son action au point fragile du nerf radiculaire; région de filtration du liquide céphalo-rachidien ; mais elle a egalement provoqué dans le ganglion, comme dans le nerf, la sclérose des travées et des espaces conjonctifs.

Il s’agit donc d’une radiculo-névrite. Selon les cas, les lésions sont surtout marquées au niveau du ganglion ou au niveau du nerf et ainsi s’explique l’association si fréquente, mais très variable en intensité, des symptômes névritiques aux syndromes de radiculile.

Méningo myélite avec radiculites gommeuses syphilitiques. Xantochromie et coagulation massive du liquide céphalo-rachidien. Avec Tinel (Progrès Médical, n« 31, 3 août 1912).

Nous avons étudié une observation et ,une pièce anatomique recueillies dans le service du Professeur Bçzançon, et nous avons pu mettre particulièrement en évidence l’origine méningée de la myélite syphilitique aiguë dans ce cas.

Il semble en effet que l’on puisse opposer deux grandes formes de myélite syphilitique, l’une par artérite progressive oblitérante, l'ealisant la dégénérescence progressive des faisceaux médullaires, l’autre, la myélite syphilitique aiguë ou subaiguë, d’emblée inflammatoire et

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dég-énéralive et où l’infection médullaire semble consécutive à celle des méning-es.

Cliniquement, il s’agit d’une femme syphilitique depuis i8 mois, ayant présenté, tout d’abord, des signes méninges avec radiculites multiples, puis atteinte secondaire et progressive de la moelle avec paralysie flasque et atrophie ; la réaction inflammatoire se traduit par la lymphocytose, la xantochromie et la coagulation fibrineuse du liquide céphalo-rachidien.

Anatomiquement,]'examen révèle des lésions :

i" Médultaires. La moelle présente des foyers de myélite dont un à type transverse et d’autres, plus petits, irréguliers, disséminés.

Ces foyers sont inflammatoires et dégénératifs d’emblée. Ils ne correspondent à aucune topographie vasculaire, tous les vaisseaux sont perméables. Les foyers de myélites offrent tous une disposition marginale ; cette disposition semble déjà traduire que l’invasion aiguë de la moelle s’est faite par les méninges et consécutivement à leur infection.

2 “ Radiculaires. Les lésions de racines sont exactement du même ordre que celles delà moelle, elles se disséminent sur les racines antérieure et postérieure ; sur plusieurs d’entre elles, on retrouve de petites gommes syphilitiques ; toutes celles-ci siègent souvent dans des interstices méningés séparant plusieurs racines accolées.

Méningées. Ces lésions sont considérables et généralisées, elles sont caractérisées par la congestion avec néo-formation de petits vaisseaux et par places, de véritables placards de pachy-méningite aiguë. II y a donc

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une superposition étroite de l’observation clinique et de l’examen anatomique démontrant l’origine méningée de cette forme aiguë de la myélite syphilitique.

MYASTHÉNIE

Myasthénie chez un tuberculeux. Avec le Prof. Landouzy et Tinel {Soc. Méd. Hôpitaux, 1 avril 1911).

Nous avons rapporté un cas de paralysie transitoire des membres à type myasthénique survenant par crises chez un tuberculeux où la pigmentation cutanée, l’hypotension et l’asthénie semblaient indiquer un trouble surrénal.

, H nous a paru logique de faire rentrer ce syndrome spécial dans le cadre de myasthénie bulbo-spinale, la participation bulbaire ayant été marquée par la dysarthie et la parésie des maslicateurs.

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