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L’inoculabilité de l’herpès à l'homme

Comme matériel d’inoculation nous avons renoncé à l’emploi d’un virus animal de passage. Celui-ci, en ef-

Fig. 1. — Herpès expérimental humain. — Bouquet de vésicules obtenues par scarifications superficielles et espacées de l’épiderme. On notera leur similitude avec les efClorescences spontanées d’herpès.

fet, s’adapte à l’organisme du lapin d’une manière si exclusive qu’il perd vite son pouvoir pathogène pour l’homme. Une exception doit être faite cependant pour le virus provenant de lésions cutanées provoquées chez le singe. Nous avons utilisé, par contre, le virus hu-

main : sérosité fraidie de vésicules jeunes recueillies extemporanément ou conservées à la glacière dans la glycérine. Avec ce virus rexpérimentation a été réalisée sur plus de 400 sujets au cours de trois années d’études.

Fig. 2. — Placard d'herpès expérimenlal oblenu par la technique des scarificalions profondes. — Eruption au 3’ jour. xNoter la coalescence (les vésicules réalisant une véritable u zone lymphogène, » saillante.

L’inoculation herpétique s’est toujours avérée inoffensive.

Les vésicules apparaissent 3 jours après l’inoculation cutanée sur les traits de scarifications et elles reproduisent tous les caractères objectifs de la lésion spontanée. Les lésions expérimentales peuvent ofiTrir cer-

taines variétés dans leur intensité et s’accompagner d’éruptions secondaires. Celles-ci surviennent à distance plus ou moins éloignée du point primitivement inoculé et apparaissent toutes au même moment : 8 à

tiG. 3. Éruption secondaire d’herpès spontané survenue autour d’une lésion d'herpès expérimenlal .représentée au centre de la figure par une croûte à contours polycycliques.

10 jours après l’insertion du virus. Nous pensons que ces éruptions secondaires témoignent d’un transfert virulent endogène.

II- — Les inoculations herpétiques en série et les variations dans la récepti-vité expérimentale.

Les lésions herpétiques provoquées sont à leur tour inoculables en série soit chez le porteur, soit chez d’autres sujets.

ciuto-ijioculations peuvent être poursuivies jusqu’au 5» ou 7" passage. A ce moment le virus perd son activité pour son hôte sans que celui-ci ait acquis l’immunité vis-à-vis d’autres souches herpétiques et sans

que ce virus ti’ansporté sur d’autres sujets ait perdu sa virulence.

Les hétéro-inoculations permettent de surprendre toute une série de variations dans la réceptivité.

Le nourrisson et l’enfant ont vis-à-vis du virus herpétique une sensibilité qui peut être comparée à celle affectée par eux à l’égard du vaccin. Les réactions sont presque toutes d’égale intensité.

A l'âge adulte et dans la race blanche la réceptivité est très générale, 83 p. 100, beaucoup plus étendue même que ne le laissait prévoir l’observation clinique, mais on note une intensité réactionnelle variable, d’autant plus grande que les sujets sont enclins à l’herpès spontané. Les vieillards ont une sensibilité très atténuée à l’inoculation expérimentale.

Certains états pathologiques modifient la sensibilité de l’homme au’ virus herpétique. Au cours de l’érysipèle, de la méningite cérébro-spinale, de la pneumonie, surtout à leur phase critique, il existe une réceptivité très accusée à l’égard des inoculations expérimentales.

Durant l’évolution des maladies qui ne s’accompagnent qu’exceptionnellement d’éruption herpétique spontanée, la sensibilité à l’insertion expérimentale est moins accusée.

Elle est encore plus atténuée dans les fièvres éruptives.

Il est spécialement à noter que lorsque l’insertion virulente détermine des vésicules, elles n’apparaissent qu’avec un retard appréciable à la fin de l’exanthème. Souvent même elles avortent. Ce fait est à comparer

avec l’anergie morbilleuse vis-à-vis de la vaccine.

Enfin, dans les états cachectiques, on remarque une opposition très accusée au développement du virus herpétique inoculé.

llh — I'® virus herpétique dans l’organisme humain.

Au cours de nos recherches nous avons été amenés à envisager :

1“ Le degré d’activité du virus herpétique et sa survivance dans les lésions cutanées herpétiques spontanées ou expérimentales ;

2“ Sa présence éventuelle dans l’organisme en dehors des vésicules.

A. Étudiant l’activité du virus herpétique dans les lésions expérimentales humaines, nous avons obtenu des résultats jusqu’à une dilution de 1/10.000; le matériel virulent disparaît dès l’apparition des croûtes. Nous n’avons pu, par passages successifs, réaliser l’exaltation d’un virus herpétique humain. Malgré trente passages, les caractères lésionnels des réactions provoquées sont toujours demeurés identiques.

Ce virus, ainsi cultivé sur l’homme, conserve toute son affinité pour le névraxe du lapin.

Il n’apparaît pas que certaines souches de virus herpétique humain soient, pour l’homme, douées d’une virulence spéciale, en tenant compte tout à la fois des réactions individuelles et du moment où la récolte du virus a été effectuée.

Il n’y a aucun parallélisme entre le caractère pins ou

moins neurotrope d’une souche herpétique pour le lapin et sa virulence pour l’homme.

B. Heut-on retrouver le virus herpétique ailleurs que dans les lésions cutanées? Il ne nous parait pas possible, ainsi qu’a M. Levaditi, d’établir une filiation entre les poussées d’herpès péribuccal et la présence d’un virus kératogène salivaire.

D’ailleurs, une salive douée d’un pouvoir kératogène pour l’œil du lapin, transportée sur les téguments d’un sujet sensible à l’herpès se montre incapable de déterminer des vésicules.

Nos recherches ne nous ont pas permis de mettre en évidence le virus dans le sang ou le liquide céphalorachidien chez des sujets atteints d’herpès expérimentaux ou spontanés. (Expériences faites : huit fois pour le sang et quatorze fois pour le liquide céphalo-rachidien.)

La persistance du virus dans le tégument après une efflorescence herpétique ne peut être expérimentalement démontrée. Il n’y a donc pas lieu de l’invoquer pour expliquer les récidives i'n

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