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1 kilogramme de terre coûterait, au minimum, 45 kilogrammètres; on a donc en quelque sorte une mesure des progrès accomplis lorsqu'on compare ces chiffres respectifs à ceux fournis par les expériences du Concours agricole : H kilogrammètres au lieu de 40 pour la fabrication des tuyaux ; 12 au lieu de 43 pour l'épuration de la terre. Sous le rapport du service des machines et des accessoires de la fabrication, sous le rapport aussi de la cuisson des drains, les progrès accomplis pendant les six dernières années sont peut-être moins considérables. »
Toutes les machines amenées au Concours universel de 1836 n'ont pu être soumises aux expériences du Jury; quelques-unes sont arrivées trop tard pour être essayées et même pour être examinées; telles sont celles de :
MM. Muel, Wahl et Comp., constructeurs à Tusey, par Vaucouleurs (Meuse) ;
M. James Fowler, à Navering, près Rumford (Angleterre) ;
M . Jules Mareschal, ingénieur mécanicien, 5 1 , rue Grangeaux-Belles, à Paris ;
M. Touaillon, ingénieur-mécanicien, 8, rue Goquillière, à Paris.
Nous avons pu faire faire les dessins de toutes ces machines, et nous allons en donner une courte description.
Le but principal qu'ont voulu obtenir MM. Muel, Wahl et Comp., en construisant leur machine (fig. 446 et 447), a été d'éviter les soufflures qui se déclarent dans presque toutes les machines à caisse horizontale, par suite d'une certaine quantité d'air qui reste toujours mélangée à la terre glaise. Les dispositions ordinaires des machines à caisse et à piston sont du reste conservées, à cela près qu'on n'est pas obligé d'ouvrir la caisse à chaque course du piston, autre avantage qui ne manque pas d'importance.
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Rien n'est plus facile que de comprendre les dispositions des organes de cette nouvelle machine. Une manivelle donne le mouvement au pignon A, qui fait marcher une grande roue dentée B. La roue B renvoie le mouvement à la roue dentée D à l'aide du pignon C (fig. 447). Sur l'axe de la roue D se trouve monté le pignon E, qui entraîne la crémaillère F. Cette crémaillère, guidée en dessus par le galet G, qui limite la course, est chargée de fouler la terre glaise dans la boite I' et de la pousser à travers la filière J, de manière que les tuyaux moulés roulent sur le tablier L, où ils sont coupés de longueur par le sécateur M. Un support P, fixé au bâti de la machine, supporte la crémaillère en dessous, et un déclic Q empêche les secousses lorsqu'on est arrivé aux extrémités de la course du piston. La pâte est simplement jetée dans la boîte ouverte I, d'où elle tombe par son poids. Une tablette, conduite par le piston, bouche l'orifice pendant la marche en avant. Lorsque le piston est arrivé à l'extrémité de sa course, on le fait reculer rapidement à l'aide d'une poignée fixée sur la grande roue B, et que montre la figure 446. Alors la pâte posée sur la tablette, qui a été entraînée par le piston, tombe dans la caisse pour être de nouveau refoulée. L'air entré en même temps que la pâte s'échappe par une soupape H , à mesure qu'il est comprimé par le piston. Une grille (fig. 447) placée en avant de la filière J épure la pâte, et l'on nettoie cette grille par la petite porte K, manœuvrée par une poignée k et une vis de pression R. La machine est portée sur un bâti N, mobile sur trois galets ; on y attache le tabUer L par une vis de pression 0 à une hauteur convenable. Tout cet appareil est bien construit et marche avec facilité.
La machine de M. Fow^ler est destinée à une grande fabrication; elle fait, dit l'inventeur, 30,000 briques ou
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tuyaux par jour. Elle demande une installation à poste fixe, comme le montrent les dessins (fig. 448 et 449). Elle se compose essentiellement d'une caisse A en fonte, formant deux cylindres accouplés; c'est dans cette caisse, ouverte sur la moitié de sa longueur, que tournent en sens inverse les hélices F, chargées de presser la terre dans une partie conique B, où se trouve un épurateur à travers lequel la pâte passe avant d'arriver à la filière C. Les tuyaux ou les briques glissent sur le tableau à rouleaux D, où ils sont coupés de longueur par le sécateur E.
Le mouvement est transmis à tout l'appareil par la courroie G, qui peut passer facilement sur la poulie folle H, lorsqu'on veut arrêter la machine. Le pignon I (fig. 449) reçoit le mouvement de rotation de la poulie motrice G, le transmet à la roue dentée J; celle-ci est montée sur le môme axe que le pignon K, qui entraîne en sens inverse les deux roues LL', qui, à leur tour, donnent le mouvement aux pignons MM', et, par suite, par les roues dentées NN', aux deux héHces.
Tout cet appareil doit reposer sur le sol, dans lequel on a creusé un trou pour le passage des poulies et des roues dentées motrices.
Pour arriver à beaucoup faire dans un temps donné, on est forcé d'augmenter considérablement les engrenages, ce qui amène une grande déperdition de la force motrice. L'effort à produire devient énorme lorsqu'on veut épurer la terre en même temps qu'étirer les tuyaux. Cette considération a principalement guidé M. Mareschal dans la recherche d'une machine où la force puisse être toujours employée sans accroissement de perte, quelle que soit la dimension de la boîte à glaise. Ce mécanicien a songé à transformer l'effort du moteur en une simple pression hydraulique. La pompe et son levier restant les mêmes, on
peut avoir un cylindre assez grand pour fournir des tuyaux pendant une demi-heure ou une heure sans faire de nouvelle charge de terre. M. Mareschal ajoute les considérations suivantes à Tappui de son invention :
« Le piston, en augmentant de diamètre, n'exige pas un surcroît de précautions au point de vue de sa solidité, puisqu'il est poussé en tous les points de sa surface par Teau ou par l'air faisant coussin élastique.
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« L'emploi de la pression hydraulique permet celui du manomètre, dont la conséquence est une fabrication méthodique, c'est-à-dire que, si l'on a reconnu par expériences préalables qu'une terre, pour faire de bons tuyaux, doit employer une pression de quatre atmosphères, on est prévenu par le manomètre que la terre est trop molle s'il marque une pression inférieure, et qu'elle est trop dure
Fig. 451. — Plan de la presse liydraiilique pour étirer les loyaux de drainage de M. Maresclial.
s'il indique une pression supérieure. Jusqu'à présent on a dû s'en rapporter au tact de l'ouvrier sur ce j)oint important de la fabrication. Il va sans dire que, pour la même terre, la pression varie avec la somme des surfaces des orifices de sortie de chaque filière.
X Les frottements les plus rapprochés de la résistance ayant lieu entre le métal et l'eau, ils sont très-faibles; de là économie de force et possibilité de faire marcher la
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machine avec la force d'un jeune garçon, quelle que soit la capacité du cylindre.
a La grille d'épuration étant verticale, les pierres sont poussées au-dessus d'elle et ne l'obstruent pas. On retrouve ces pierres sur le piston lorsque le couvercle est levé pour recharger le cylindre.
« Si, par une cause quelconque, la résistance augmente outre mesure, le clapet de décharge laisse échapper l'eau, et tout danger de rupture est évité. »
La figure 4o0 est une coupe verticale et longitudinale passant par l'axe du cylindre de la machine de M. Mareschal. La figure 451 représente l'appareil en plan. On a supposé que la table à rouleaux et le dessus du couvercle de la bâche à eau étaient retirés, afin de laisser voir le mécanisme qui se trouve dans la bâche.
A est un cylindre en fonte alésé, dans lequel se meut le piston B, dont la face supérieure est en contact avec la terre à mouler et la face inférieure avec l'eau de pression. Ce piston est composé de trois plateaux en fonte et d'une ceinture en caoutchouc. Lorsque l'eau fait pression sous le piston, elle pénètre dans son intérieur, et agit sur la ceinture en caoutchouc, qu'elle fait porter parfaitement en tous ses points contre le cylindre.
C est la pompe alimentaire; elle est mise en action au moyen de la manivelle E, du vilebrequin V et de la bielle F ^ l'eau de la bâche est aspirée par cette pompe et refoulée dans le cylindre par le tuyau D débouchant en a.
Les terres qui remplissent le cylindre, poussées par l'ascension du piston, s'échappent par la grille circulaire G', et, passant par le canal qui règne autour de celte grille, arrivent aux orifices de sortie G. On voit que ce cylindre comporte deux orifices de sortie diamétralement opposés; on les garnit des filières H. Si l'on doit se servir d'un ori-
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fice seulement, on garnit l'autre d'une plaque pleine en fonte. I est la table à rouleaux. J est le couvercle du cylindre. Ce'couvercle est en fonte, à charnière, et il présente intérieurement une rigole circulaire dans laquelle viennent se loger les cailloux , pierrailles et corps étrangers qui ne peuvent passer à travers la grille, qui, par cette disposition, n'est jamais obstruée.
K est un croisillon en fer à trois branches, au moyen duquel on ferme le couvercle très-facilement et d'un seul coup. L'une des trois branches k' sert de poignée ; hh sont les gâches sous lesquelles les trois branches du croisillon viennent s'engager. L est Taxe de ce croisillon, vissé au centre du couvercle.
M est un manomètre correspondant à Feau en pression par un petit tube m débouchant à la partie inférieure du cylindre. Il indique la pression à laquelle il faut monter pour faire sortir les tuyaux de la filière.
P est un clapet de sûreté. Si l'on continuait à manœuvrer la pompe quoique le manomètre indiquât une pression anormale, le clapet P laisserait échapper l'eau à mesure qu'elle pénétrerait dans le cylindre, de sorte qu'il n'y a jamais à craindre de rupture.
N est le levier coudé qui maintient le clapet; ce levier porte des crans qui indiquent la place du poids 0, suivant la pression maximum à laquelle on, veut faire fonctionner l'appareil.
Q est une poignée à béquille qui sert à enlever le levier N. Quand le piston est arrivé au bout de sa course^ on ouvre le couvercle J, on nettoie la rigole circulaire et le dessus du piston; puis on élève la poignée Q, et, par un quart de tour sur elle-même, on la maintient dans cette position, qui correspond à l'ouverture complète du clapet; L'eau du cyUndre s'écoule par l'ouverture du clapet^
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et revient dans la bâche ; le piston B descend par son poids jusqu'au bas de sa course; pendant qu'il descend, on remplit le cylindre de nouvelles terres.
R sont les roues sur lesquelles l'appareil est monté pour le rendre locomobile. S est une bâche ou coffre en bois de
Fig. 453. — Coupe transversale de la machine continue de M. Touaillon pour l'étirage des tuyaux de drainage.
chêne, garnie à l'intérieur de tôle, cuivre ou zinc. T est un orifice de vidange pour renouveler l'eau.
Nous avons vu marcher la machine de M. Mareschal , mais sans pouvoir nous rendre un compte complet de ses effets; il nous paraît toutefois probable qu'elle donnera de bons résultats.
245 LIVRE VI. — STATISTIQUE DU DRAmAGE.
La machine de M. Touaillon, dont il nous reste à parler^ n'a pas fonctionné devant nous; l'inventeur nous a annoncé qu'il avait placé plusieurs machines semblables dans des usines importantes. Cet appareil est du prix de 1,000 fr. ; il broie la terre et la malaxe en lui donnant le degré de consistance propre au moulage.
La terre sèche est placée dans la trémie A (fig. 452), où elle est broyée par les cylindres B, armés de dents; elle tombe ensuite dans le malaxeur CD, où elle se mélange avec la quantité d'eau nécessaire. Cette eau tombe, par un tuyau muni d'un robinet qu'on ouvre plus ou moins, d'un réservoir 1 (fig. 452 et 453) ; au besoin elle est mélangée de glaise ou de sable, selon que la terre est trop maigre ou trop grasse. Un agitateur i, mis en mouvement par la poulie J, par la tige 1 et par l'engrenage conique OM', maintient la bouillie aqueuse à un état convenable. Le mouvement est transmis à tout le reste de l'appareil par la poulie motrice K, dont l'arbre est armé d'un pignon qui fait marcher à la fois la roue dentée L, conduisant les cylindres B, et laroue dentée M, conduisant l'agitateur D et l'hélice E. Cette hélice s'empare de la terre et la conduit vers la filière e. Des étoiles F, mises en mouvement pat* l'hélice elle-même, empochent la terre d'adhérer aux filets, et un système de coupage GH, mis en jeu par la machinej tranche les tuyaux de longueur avant qu'ils soient entraînés par les chaînes sans fin t.
Telles sont les différentes machines les plus nouvelles présentées à l'Exposition universelle de 1856. Depuis cette époque^ les inventeurs ne se sont certainement pas reposés; on a cherché à avoir des appareils plus simples et plus expéditifs , mais nous n'en connaissons aucun qui soit encore arrivé à un état pratique;