MARNE
On estime que^ dans le département de la Marne ^ sur une superficie totale de 800,000 hectares, il y a au moins 30,000 hectares de terres assises sur des argiles plastiques ou le drainage ferait une complète révolution agricole.
Dès 1850 M.Bcrnaudat, à Landricourt, canton de Saint- Remy-en-Bousemont, et M. René Desanlis, à Regnicourtsur-Saulx, canton de Thiéhlemont, ont commencé l'exécution de travaux de drainage : le premier sur A hectares, par des lits de gros gravier recouverts de paille, et le second sur 2 hectares, par des tuiles demi cylindriques reposant sur des soles plates. Une machine Calla ayant été achetée par le Comice du département et placée chez M. Huot, maire et tuilier à Pargny-sur-Saulx, arrondissement de Vitry-le-Français, INI. Desanlis a employé des tuyaux en 1852 pour quelques drainages irréguliers. On cite MM. Huot, Perinet, Garnier, Ponsard d'Omey, Jacobé de Cioncourt,'Corbet, parmi les propriétaires et agriculteurs qui ont employé à des drainages perfectionnés les tuyaux fabriqués en 1833 par la machine du Comice. M. Huot vend les tuyaux ayant 0"'.33 de long, savoir : 20 fr. le iOOO ceux ayant 0™.03G de diamètre intérieur, 32 fr. le 1000 ceux de O-'.OSo, et 43 fr. le 1000 ceux de (r.Om. Le Comice a trouvé un actif et intelligent conducteur de travaux de drainage dans un ancien sous-officier du génie, M. Arbeaumont, qui a été étudier la pratique du nouvel art chez M. de Rongé, au Charmel (Aisne).
L'ingénieur des ponts et chaussées chargé du service hydraulique du département, M. Bancelin, a pris en main la propagation du drainage et a dirigé l'exécution de plusieurs travaux importants. On cite particulièrement 24 hec-
tares drainés par M. le docteur Joux, à la Fcrté-Gaucher, et l'assainissement de plusieurs hectares de marais par M. le docteur Jules Guyof, sur le domaine de Sillery, appartenant à M. Jacquesson.
L'étendue drainée dans la Marne est actuellement de 450 hectares, mais elle devra rapidement augmenter, comme on en peut juger par les nombreuses fabriques do tuyaux qui se sont établies. Outre celle de M. Huot, dont nous venons de parler, on compte les fabriques très-importantes de M. Julion, à Gueux, à quelques kilomètres de Reims; de M. Munier-Thierry, à Tardivière; de M. Corbonneau-Orroy, à Sersy. Six machines existent encore à Thuisy, près d'Orbois; à Vandières, h. Giffaumont, à Sézanne, ce qui porte à 40 le nombre des machines fonctionnant en 1856.