ORNE
Le département de l'Orne compte maintenant 250 licctares drainés et quatre fabriques de tuyaux. Les trois principaux promoteurs du drainage ont été M. Vigneral, M. de Maisons et M. d'Angleville.
M. Vigneral, président du Comice de Putanges, a drainé une portie de sa propriété, à Ky, et il a publié en outre une Notice élémentaire, très-courte, mais bien faite, dans le but de propager l'emploi de cette amélioration des terres arables (n° 16, t. II, p. 421). Une machine Galla a été achetée en 1852 par le Comice de Putanges.
Nous sommes heureux de pouvoir rendre justice dans ce pays à un homme qui a beaucoup fait pour la propagation des progrès agricoles; un de nos correspondants, M. Victor Guyon des Diguères, maire de Sévigni , nous fournit les moyens d'acquitter cette dette de la Normandie; nous puhlions la note qu'il nous adresse.
v. Depuis plus de cinquante ans, nous dit-il, M. de Maisons,
ancien député, vice-président de la Chambre consultative d'Agriculture d'Argentan, met au service de l'agriculture les ressources d'une intelligence élevée et d'une activité incessante : substitution progressive des planches aux billons, assolement approprié à la nature du terrain, introduction des cultures fourragères, et spécialement du trèfle, dont il a le premier généralisé l'usage dans notre pays, heureux aménagement des eaux à une époque où ses efforts étaient isolés parmi ses voisins, irrigations pratiquées sur une grande échelle, tels sont les principaux titres de M. de Maisons à la sympathie de ses concitoyens. Aussi les terres de Ménilglaise et de Vingt-Hanaps sont-elles devenues' entre ses mains habiles des mo* dèles de bonne culture et des écoles de progrès.
«A un âge où tant d'autres croiraient avoir conquis assez de droits au repos et à la reconnaissance publique, le zèle et l'activité de M. de Maisons ne se sont point un instant ralentis. Sous la préoccupation de l'avenir fécond auquel semble destinée la récente importation du drainage, de généreux sacrifices faits avec à-propos et intelligence sont venus seconder la pratique de celte nouvelle source de richesse publique. C'est ainsi que, dès le commencement de l'année 1851, M. de Maisons faisait venir à grands frais, de Belgique et de Paris, deux excellentes machines à étirer des tuyaux. Ne bornant point à ce premier pas son encouragement au drainage, il faisait fabriquer sous ses yeux une assez grande quantité de tuyaux qu'il mettait généreusement à la disposition de ses voisins, à des prix bien inférieurs à ceux jusqu'alors connus, et dont le chiffre suffisait à peine à couvrir les frais de revient. Plus tard ces deux machines ont été conliées à plusieurs briquetiers ou propriétaires qui en ont fait leur profit, sans aucune redevance, et maintenant encore, placées gratuitement par M. de Maisons chez deux usiniers des environs d'Alençon, elles y fonctionnent depuis assez longtemps, et fabriquent presque sans interruption des tuyaux incessamment demandés. Environ 30 hectares ont été drainés avec succès par M. de Maisons sur ses propriétés. D'ingénieuses modifications ont été par lui apportées aux outils de drainage; tel est un outil remarqual)le destiné à tracer les drains dans les prairies (1). Enfin M. de Maisons a doublé la somme accordée par le Gouvernement pour encouragements au drainage dans le déparlement de l'Orne. «
Nous avons donné une analyse (liv. Vï, t. II, p. MO)
(1) C'est une roulette dans le genre de celle due à M. Polonceau (liv. V, t. Il, p. 174, fig. 331).
du Traité que M. d'Angleville a publié sur le drainage. L'exemple des travaux qu'il a accomplis a entraîné un grand nombre d'agriculteurs, parmi lesquels nous citerons : MM. de Torcy; M. Leriche, à Saint-Arnould ; M. Tempier, à Croisilles; M. Lesage, à Gourtomer; M. Briand, à Pontchardon;, près de Vimoutiers.