SEINE
Le département de la Seine ne compte que 35 hectares drainés, 25 dans l'arrondissement de Saint-Denis, et 10 dans celui de Sceaux, sur le territoire d'Antony. Il ne tient donc à cet égard qu'une très- petite place dans la
statistique du drainage. '.Mais il faut ajouter qu'à Paris se trouvent les fabriques de machines à étirer les tuyaux qui ont livré la glus grande partie des machines fouctionnant dans les tuyauteries de toute la France; telles sont les fabriques de M. Calla, 11, rue Lafayette; de M. Schlosser, ôl, rue de la Roquette; de M. Laurent, "H), rue du Chàteau-d'Eau. Deux fabriques de tuyaux existaient à la barrière d'Ivry, mais elles n'ont pas prospéré ; une autre fabrique fondée, près de la barrière de Vaugirard, en 18i9, par MM. Armilage et Gaslelier, n'a pas non plus réussi. Ces insuccès tiennent surtout à ce que la main-d'œuvre et le combustible sont à un prix trop élevé à Paris ou dans sa banlieue pour qu'on puisse faire économiquement des tuyaux. L'usine de MM. Paul Borie et G''= prospère, rue de la Muette, n» 37 , mais cela tient à ce qu'on y produit presque exclusivement des briques creuses; on n'y fait des tuyaux de drainage que par occasion, et en quelque sorte pour essayer les machines que M. Borie invente avec persévérance jusqu'à ce qu'il en ait trouvé une qui le satisfasse complètement, en réunissant la rapidité, la bonne exécution et le bon marché. A Paris on trouve plusieurs dépôts d'instruments pour le drainage; nous citerons notamment les instruments de MM. Falatieu et Chavane, maîtres de forge à Bains-en-Vosges (Vosges), ayant maison à Paris, rue Saint-Anastase, 8; de M. Hildebrand, maître de forge à la Semouse, par Plombières (Vosges), déposés à Paris chez MAL Vinet, Odelin et G''', 12, quai de la Mégisserie; de M. Vianne, chez M. Peltier, rue Saint- Martin, n" 203.
Nous devons aussi une mention spéciale à la fabrication des petites machines à étirer les tuyaux d'après le modèle inventé en Allemagne par M. Kielmann(liv. IV, chap. LXX, t. I, p. 30d). M. Vinchon, demeurant à Montrouge près
Paris, 6, rue du Château, avait vendu 80 de ces machines en quelques mois, lorsque la mort est venue récemment le frapper; sa veuve continue sa fabrication. M. Vinchon a exécuté, outre sa machine, propre seulement à l'étirage des tuyaux, un excellent épurateur fondé sur le même principe de l'emploi du levier. Le fabricant fournit pour GO fr. la machine simple avec un tablier de 2^2 rouleaux, dont 20 couverts de toiles sans fin, 4 filières, 2 fourchettes, 2 claies portatives. Pour 100 fr., on a à la fois la machine à étirer et tous ses accessoires, plus un épurateur. La pratique a justifié dans plusieurs localités nos prévisions; plusieurs petites usines se sont fondées et ont fabriqué avec succès 1,500 tuyaux par jour avec une seule machine de 40 fr.
Plusieurs sociétés de drainage ont cherché à se constituer à Paris, mais aucune n'est encore en mesure de pouvoir fonctionner; une seule a existé durant quatre ans; c'est la Compagnie générale de Drainage et d'Irrigation, fondée par M. Liron d'Airolles, et dont le siège était rue Rougemont, n°ll. Nous avons déjà parlé de cette Société en rendant compte de la situation du drainage dans le département du Nord (p. 103), où elle a eu ses ateliers les plus importants et son centre de propagation le plus actif. Nous ajouterons seulement ici que, d'après ses statuts, a la Société avait pour but la fertilisation des terres par le drainage et par l'irrigation. Elle opérait sur des propriétés achetées, louées, ou qui lui étaient concédées pour un certain nombre d'années; elle exécutait aussi des travaux à prix débattu ou avec partage de la plus-value. » La Compagnie n'entreprenait pas le drainage à forfait pour le compte d'autrui, mais elle prenait part à l'exécution des travaux dans les termes expliqués par l'extrait suivant quO nous faisons de son tarif des travaux :
S'il ne s'agit que d'une visite des lieux et d'un rapport sommaire, on payera à la Compagnie les frais de voyage et 50 francs par jour d'absence de l'ingénieur qu'elle enverra. Cette dépense sera remboursée au propriétaire si de cet examen résulte un traité dans les conditions suivantes.
Si on demande à la Compagnie le levé des plans, les nivellements, la rédaction et l'expédition du projet de drainage et l'avant-métré, sans que la Compagnie ait à s'occuper, en aucune façon, de la direction des travaux, le prix sera de 30 francs par hectare.
Pour le prix de 65 francs par hectare, la Compagnie se charge du levé des plans, des nivellements, de la rédaction et de l'expédition du projet de drainage et de l 'avant-métré, de la fourniture d'un assortiment modèle d'outils, de la surveillance des travaux pour leur mise en train, et enfin de donner la direction nécessaire sur les lieux et par correspondance, pendant l'exécution. Elle s'engage, en outre, à laisser sur les lieux, aux frais du propriétaire, un conducteur des travaux et un ou plusieurs ouvriers, pour former ceux du pays.
Suivant l'importance de l'opération et la distance, les frais de voyage de l'ingénieur seront à la charge, soit du propriétaire, soit de la Compagnie.
La Compagnie est aussi en mesure de fournir les outils qu'on ne pourrait pas faire exécuter d'après le modèle fourni.
Les prix ci-dessus ne s'appliquent qu'à des projets de travaux de drainage. S'il y avait à faire des projets d'arrosage, de dessèchement, de bâtiments d'exploitation, de fabrique de tuyaux, etc., il faudrait ajouter au prix fixé pour le drainage 5 pour 100 du montant de l'estimation des ouvrages.
G*est ainsi que la Compagnie générale de Drainage et d'Irrigation a concouru à l'exécution du drainage d'environ 2,000 hectares, dont les plans ont été faits par ses ingénieurs, MM. Mangon, Vianne et Leclerc. Ajoutons, eu terminant , qu'il ne pouvait y avoir là matière à aucune perte, et que les embarras de la Compagnie sont venus seulement de l'entreprise de travaux d'indignement sur les lais de mer qui lui avaient été concédés.
t36 LIVHE VI. — STATISTIQUE DU DRAINAGB.