‹ Drainage des terres arables (volume 2)Chapitre 7 sur 308 · ARIÉGE · texte numérisé non relu

ARIÉGE

En 1855 le drainage a commencé dans l'Ariége. Trois machines Virebent ont été placées, sur le rapport de M. de Raynal, ingénieur hydraulique des départements de l'Ariége, du Tarn et de la Haute-Garonne, et par un arrêté de M. Piélri, préfet de l'Ariége, à la briqueterie de M. d'Ounans, près de Saverdun; à celle de M. Durieu, près de Pamiers, et à celle de M. Loze, à Lanoux, dans le canton deFossat. Les tuyaux sont vendus sur place : ceux de 0'".0i de diamètre intérieur, iS fr. le iOOO; ceux de O^.OO, 30 fr. ; ceux de O^.OO, 80 fr. Voici en outre sur les tra-

j vaux de drainage effectués une lettre qu'a bien voulu nous

i écrire M. Pons-Tande.

I « Le département de l'Ariége est bien arriére dans la grande quesj tion du drainage , et cependant son climat humide et son sol généralement peu profond sembleraient réclamer plus que partout j ailleurs cette excellente opération. Mais ici le progros agricole I rencontre surtout ses deux plus grands ennemis : le manque de 1 capital et l'ignorance du cultivateur.

I « Il faut dire néanmoins que les efforts louables de la Société d'A- 1 griculture de Foix, ainsi que les exemples donnés par quelques cultivateurs, ont déjà produit des résultats matériels en mémo temps qu'ils ont dirigé l'activité agricole du côté des travaux d'assainissement du sol.

I « Les propriétaires détenteurs des machines achetées par la So- 1 ciété d'Agriculture ont rencontré des difficultés inséparables de tous les débuts ; ils ont été obligés de tâtonner longtemps pour le choix , la préparation de la terre, pour le séchage et la cuisson des tuyaux. Malgré tout leur dévouement, c'est à peino s'ils ont pu fabriquer un petit nombre de tuyaux qu'ils ont employés

eux-mêmes; très-peu ont pu être vendus. A la dernièie réunion de la Société d'Agriculture, j'ai appris que la fabrication dos tuyaux ne rencontrerait plus les mêmes difficultés, et qu'une quantité considérable pourrait être livrée pour la campagne prochaine.

» La question du drainage est donc encore à l'état de projet dans le département del'Ariége; mais il faut reconnaître que l'impulsion est donnée, et que, des que les moyens matériels d'action seront à la portée de quelques propriétaires, ils s'empresseront de mettre la main à l'œuvre. L'exemple est l'argument le plus fort en agriculture ; il porte déjà ses fruits dans la petite zone agricole de Mirepoix , où des travaux de drainage d'une assez grande importance relative ont été exécutés sur la propriété de madame la marquise de Portes.

« M. Adolphe Maury, régisseur de la terre de Portes, située dans la commune de ce nom, à six kilomètres de Mirepoix, a drainé déjà plus de 20 hectares de prairies. Il fabrique lui-même les tuyaux avec la machine de Virebent, dont il est très-satisfait; une magnifique bricjucterie, dépendante du domaine, lui a donné les moyens de les faire très-bons. Malheureusement pour l'agriculture du pays, la terre de Portes est très-considérable, et M. Maury emploie tous ses tuyaux ; il ne peut pas encore en livrer à ses voisins.

« Les prairies que M. Maury a drainées sont établies sur un sol de très-récente alluvion ; les dépôts limoneux de la rivière de l'ilers (principal afQuent de l'Ariége) ont converti ces marais en d'excellen. les terres, où le drainage a achevé l'œuvre d'assainissement. Les tranchées n'ont pas pu atteindre plus d'un mètre de profondeur ; l'écartement est de 10 mètres.

« M. Maury ne peut pas exactement établir le prix de revient de son opération; il croit cependant qu'il n'est pas supérieur à 150 fr. l'hectare. La modicité de ce prix s'explique par la très-grande facilité de fabrication des tuyaux, et en même temps par le peu de résistance qu'a dû présenter un sol vaseux et de très-récente formation.

« Les résultats du drainage sont bien appréciables dans les prai* ries de M. Maury; au moment où j'écris ces lignes, la végétation y est magnifique, et la nature de l'herbe fait déjà prévoir une transformation avantageuse dans la qualité du fourrage.

« En attendant les tuyaux, quelques propriétaires ont entrepris le drainage avec des cailloux roulés ; ces sortes d'opérations se sont pratiquées d'une manière bien restreinte; je n'en parle que pour être complet dans les renseignements que je vous transmets. Je dois cependant dire qu'il m'a été impossible de résister à l'envie de

SITUATION Dr DRAINAGR FN FRANCK EN 1850. 27

drainer, et que, n'ayaiU pu me procurer des tuyaux dans mes environs, j'ai essaye du drainage avec les cailloux. J'ai fait ce travail sur une pièce de terre de l''.jO de surface, et peu éloignée (-iOG mètres environ) du lit d'un cours d'eau où j'ai pu trouver d'excellents cailloux. J'ai donné 1"'.20 de profondeur aux tranchées, O"..!.') de largeur moyenne, et 10 mètres d'écartement. Cette opération ne m'a coûté que 150 fr. pour la totalité du champ ; la nature du sol était argilo-sableuse ; le sous-sol présentait une glaise compacte, sans être trop dure.

« Le drainage avec des cailloux ne peut pas être recommandé d'une manière générale; mais lorsque les terres à drainer ne sont pas très-éloignées des matériaux, je crois que cette opération est préférable sous beaucoup de rapports au drainage avec des tuyaux. Pour mon compte, je veux ainsi drainer une partie de mes terres.

« Je dois faire remarquer que, dans le prix de revient de l''.;)0 drainé avec des cailloux , je ne fais point figurer le prix du transport des cailloux. Le choix des cailloux , le creusement des fossés, le placement des cailloux , le recomblement , etc., tout cela m'a coulé 150 fr. pour l''.:)0, ou 100 fr. l'hectare. Le transport a été fait dans un moment où il était impossible d'utiliser les attelages. Si l'on voulait ajouter le prix du transport des cailloux, il faudrait compter seize journées de charroi, et ajouter 48 fr. à la somme de 1 50. »

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