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CHAPITRE VII

Du drainage en Belgique

Les nombreuses publications de M. Leclerc, ingénieur des ponts et chaussées, directeur du service du drainage en Belgique (voir n°' i\, 23 et 39, t. II, p. 419, 423 et 439), permettent de donner un résumé exact et complet de la situation du drainage dans cet État. Dès 1835 M. le comte Visart de Bocarmé avait appliqué la nouvelle méthode d'assainissement dans sa propriété de Bury, près de Tournay. Plus tard, en 1846, M. le baron Edouard Mertens donna l'exemple de quelques opérations de drainage dans sa terre d'Ostin, près de Namur. Mais ces premiers essais n'avaient pas eu d'imitateurs, lorsque, au printemps de 1849, le gouvernement eut l'idée d'envoyer en Angleterre un ingénieur, M. Leclerc, pour y étudier les différentes méthodes d'assainissement, et pour en rapporter les machines et les outils les meilleurs, de manière à doter l'agriculture belge de tous les progrès imaginés de l'autre côté du détroit.

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Au mois d'octobre 1849, après le retour de M. Leclerc, le gouvernement belge établit un service spécial de drainage, dont l'organisation fut réglée par les arrêtés ministériels du 1 1 octobre 1849, du 23 avril 1850, du 16 mars 1852j et par les arrêtés royaux des 29 et 30 août 1851. Les principales attributions de ce service sont les suivantes: « Les ingénieurs qui y sont attachés sont mis à la disposition de tous ceux qui désirent entreprendre des travaux d'assainissement. Les personnes qui confient l'étude ou la direction de leurs opérations de drainage aux agents de l'État ne doivent leur payer aucune rétribution pour les travaux auxquels ils se livrent, ni pour les plans qu'ils fournissent; ces fonctionnaires reçoivent seulement de ceux qui réclament leur concours une indemnité, pour frais de déplacement, calculée à raison de 0^25 par kilomètre de voyage en chemin de fer, de 0^50 par kilomètre de voyage en route ordinaire, et de 6 fr. par jour de voyage ou de séjour. Les surveillants sont payés à raison de 1*^.50 par jour, par les personnes qui les emploient, et ce salaire vient en déduction de leur traitement. »

Au printemps de 1850, quelques opérations de drainage furent exécutées en divers lieux, pour montrer aux cultivateurs les heureux effets de cette amélioration. Plusieurs machines à étirer les tuyaux furent placées gratuitement chez des potiers qui contractèrent l'obligation de vendre leurs produits à des prix modérés. Les Sociétés et les Comices agricoles furent invités à prêter leur concours à l'œuvre que le gouvernement avait entreprise, à propager les méthodes perfectionnées d'assainissement. Certains avantages furent faits aux membres des Comices, pour les décider à exécuter des essais. L'État s'engageait à fournir à ceux qui voudraient commencer à drainer les tuyaux nécessaires pour l'exécution du drainage d'un demi-hectare

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de terrain, à leur prêter des outils, et à leur envoyer des agents chargés de la direction des travaux.

Une des premières préoccupations du gouvernement fut aussi de présenter à la législature une loi spéciale ( loi du 10 juin 4851), qui autorise tout propriétaire d'un champ humide à faire passer à travers les terrains inférieurs les eaux provenant du drainage.

Far des arrêtés ministériels du 15 novembre et du 12 décembre 1851, le gouvernement institua enfin un cours public de drainage, et un jury fut chargé de délivrer, après examen, des diplômes de capacité aux personnes qui seraient capables de diriger les travaux d'assainissement.

A la fin de 1855, il y avait en Belgique un corps composé de 53 draineurs diplômés, distribués entre les provinces de la manière suivante : Anvers 1, Brabant 15, Flandre occidentale 2, Flandre orientale 5, Hainaut 22, Liège 3, Luxembourg 1, Namur 4, Limbourg 0. « Cependant, (lit M. Leclerc dans son septième rapport annuel au ministre, le nombre des draineurs est encore trop restreint eu égard à l'importance des opérations d'assainissement qui se font chaque année dans notre pays ; en sorte que les agriculteurs se trouvent fréquemment encore dans la nécessité d'avoir recours pour le drainage à des personnes qui sont loin de posséder les connaissances nécessaires pour l'appliquer avec méthode, économie et succès. Le gouvernement a compris que, pour parer aux graves inconvénients que peut avoir un pareil état de choses, il était indispensable que tous les agriculteurs eussent la faculté de faire contrôler leuts opérations d'assainissement parun homme compétent ; c'est pourquoi le département dd l'intérieur a décidé que le chef du service du drainage pourrait inspecter, sans frais pour les particuliers, tous lès

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