VIII. Prusse rhénane
Total 72
A la fin de 1852, le nombre de machines était de 105; depuis, le nombre des machines a continué à croître lentement. Sur ces 105 machines de 1852, le gouvernement en avait introduit 24. Dans ces deux premières années, jusqu'à la fin de 1856, la monarchie prussienne avait drainé de 45,000 à 50^000 hectares.
§ 4. — Grand'duché de Hesse.
Le drainage, dans le duché de Hesse, a commencé erl 1852; il y fonctionnait, erl 1856, 10 ou 11 machines du système Williams. Le gouvernement avait commencé par faire venir 3 de ces machines, qu'il a prêtées pour un
DU DRAINAGE EN ALf.EMAGNE. 503
an à des luilicrs; ceux-ci, an bout de ce temps, ont préféré payer ces machines et les garder, de telle sorte que l'administration a pu recommencer ses achats et ses prêts. Pendant les années 1853 à 1856, il a été drainé en tout environ 800 hectares. Les fabricants de tuyaux vendent une partie de leurs produits aux pays voisins, dont quelques-uns ont plus besoin du drainage que la Hesse. Il existe à Darmstadt une bonne fabrique à étirer les tuyaux, c'est celle de M. Jordan; elle figurait à TExposition universelle de 1855, et nous en avons parlé précédemment (tome I; p. 245). Cette fabrique a fourni des machines h un très-grand nombre d'administrations publiques de l'Allemagne, savoir : l'Institut de Hohenheim (Wurtemberg) ; l'administration agricole de Nassau ; l'administration agricole de Waeldeck; l'administration du comte Ysembourg, à Wachtersbach (Hesse électorale); l'administration royale d'agriculture de Hollande, à Luxembourg; l'administration ducale de Bade; l'Institut agricole de HofAvyl, pour le canton de Berne (Suisse); la direction impériale des fortifications, à Gra?tz (Autriche); l'administration impériale d'agriculture, en Carniole (Autriche); l'école agricole de Thurgovie; le gouvernement cantonal de Berne (Suisse) ; le gouvernement cantonal de Fribourg; l'administration du comté d'Aretin (Bavière); l'administration du comté de Luchesi (Autriche) ; l'administration royale du cercle de Haute -Bavière, à Ratisbonne; la Société industrielle de Lucerne (Suisse) ; le commandement supérieur de l'armée impériale et royale, à Vienne (Autriche); la commission des irrigations, à Laybach (Cariiithie).
§ 5. — Hanovre.
Le drainage a commencé dans le Hanovre en 18i9-
C'est un des pays où la culture est le plus avancée, et où les cultivaleurs sont le plus disposés à accepter les innovations et les améliorations foncières; aussi y avait-il déjà 25 machines à fabriquer les tuyaux en 1852, et 35 en 1853. A la fin de d856, on estimait à 27,000 hectares la surface drainée. On cite particulièrement dans ce pays la fabrique de M. Simering, à Adolphs-Hof.
§ 6. — Duché d'Oldenburg.
Le drainage n'a pas encore fait beaucoup de progrès dans le vieux duché dOldenburg ; l'application n'en est encore générale que dans les principautés d'E^utin et de Birkenfeld. Il existait, en 185(5, 2 fabriques de tuyaux, et la surface drainée était d'environ i, 000 hectares.
§ 7. — Brunswig, t
D'après une note que nous a envoyée M. le baron de Mengen, le drainage a commencé à être établi sur une certaine échelle dans le duché de Brunswig dès 1852. Des travaux très-considérables ont été exécutés sur les domaines ducaux et sur les propriétés des particuliers. En 18,56 on comptait 15 grandes fabriques de tuyaux et 20 petites; ces 35 fabriques ont employé 20 machines du système anglais de Whilehead; 24 machines du système de Veulé, consistant dans des cylindres couchés; 7 du système Williams, et une vingtaine d'autres de différents constructeurs, dont quelques-unes à bras : en tout 77 machines. M. le baron de Mengen porte à 4,900 hectares la surface drainée ; il faut remarquer que le Brunswig n'a que 380,500 hectares de superficie. Les outils de drainage employés dans le Brunswig sont en partie d'origine an-
UL' DRAmAGK KN ALLK.MAGNK. 205
glaise; une seule maison de commerce en a importé^ de 1832 à d83o, 3/200.
Les terres des domaines ducaux, quoique toutes louées à des fermiers, sont soumises au drainage. Jusqu'en 1853 l'administration ducale avait entrepris le drainage à ses frais; un arrêté du J3 mars 1853 dispose maintenant: 1" que les fermiers sont obligés de demander l'autorisation de pouvoir drainer, et de déclarer s'ils veulent faire l'opération à leurs frais ou à ceux des domaines; 2" qu'un état de la dépense effectuée est fait par un ingénieur; 3" que, dans le cas où le fermier opère le drainage à ses frais, la dépense lui est remboursée en vingt ans, suivant une échelle d'amortissement convenable; 4" que, si les domaines ducaux établissent le drainage, le fermier paye A pour dOO d'intérêt des frais occasionnés par l'opération; 5° que les réparations et l'entretien sont moitié à la charge du fermier, moitié à la charge des domaines, si ce n'est pour les réparations qui pourraient provenir de la faute du fermier. C'est dans'ces conditions que les travaux suivants ont été c.\écutés :
^ Pri\ moyen du
PP Somme tol:ilc dr;iin.igc
Années. Siirfncc drainée. dépensée. par licciarc.
Ilrri. Fi. l"i.
Totaux 3,7S0 682,683
Prix moyen géiiL'ral 180.60
Le prix minimum par hectare a été de 120fr. 13 c, et le prix maximum de 263 fr. 75 c.
Les particuliers avaient drainé , de leur côté, en tout, 1,1 2i hectares.
50G LIVRE VI. — STATISTIQUE DU OftAWAGE.
§8. — lioyainne de Bavière.
Le drainage a pris une assez grande extension dans la Bavière; on y comptait, en 1850, 10 fabriques de tuyaux pouvant fabriquer ensemble 4 millions de tuyaux, ce qui correspond à un drainage annuel de 1,100 hectares. En tout, la Bavière a drainé actuellement de 3,000 à 4,000 hectares.
§ 9. — Royaume de Wurtemberg.
On a pensé, dès l'origine de la propagation du drainage en Europe , que les terres du Wurtemberg n'avaient pas, en général, besoin de cette amélioration foncière; cependant, en 1830, on y comptait 4 fabriques de tuyaux, et la surface drainée s'étendait à environ 1,000 hectares.
§ 10. — Royaume de Saxe.
Le drainage a pris en Saxe une très-grande extension . En 1831, le gouvernement envoya en Angleterre un fonctionnaire instruit avec la mission de visiter l'Exposition universelle, d'acheter une machine à étirer les tuyaux et une collection d'outils , et d'étudier la pratique du drainage. En 1852, le même fonctionnaire fut envoyé en Belgique pour y perfectionner son instruction , et le gouvernement faisait construire alors douze machines qu'il distribuait entre les différents Comices agricoles. En même temps, les commissaires irrigateurs furent chargés d'exécuter les nivellements et les projets de drainage, et de surveiller l'exécution des travaux moyennant une très-faible rémunération. Sous celte énergique impulsion> le drainage se répandit ra-
DU Uli.VlMAGË KN ALLKIIAONE. 207
pidoment. Les travaux effectués sous la direction des commissaires irrigateurs présentent les résultats suivants :
Nombre de Frais par hectare.
Surface totale propriélaircs ayant — ^i — ^^ — -^
Années. drainée. /ail drainer. Maximum. Minimum. Moyens.
Il.ct. • F.-. Fi. Fr.
Totaux.. 1,679 408 Prix moyen général 187.89
On estime que les autres drainages exécutés dans le royaume de Saxe sont à peu près le double de celui fait par les commissaires irrigateurs. Au milieu de 4836 il y avait donc en tout 5,000 hectares de terre drainés.
§11. — Autriche .
Les grands propriétaires de l'Autriche ont accueilli avec empressement l'idée d'améliorer leur domaine par le drainage; la plupart des terres seigneuriales sont déjà drainées ou se drainent actuellement. Dès 1831, le prince de Schwarzenberg, en Bohême; le comte deLarisch, en Silésie; l'archiduc Albert, en Moravie, etc., avaient établi des fabriques de tuyaux. En 1833, 120 fabriques existaient dans les différentes provinces de la monarchie autrichienne, et 2,500 hectares y étaient déjà drainés. En 1854, les travaux avaient pris une très-grande extension ; on estime que dans cette seule année la surface assainie ne fut pas moindre de 10,000 hectares. En 1835, à l'Exposition universelle de Paris, les plus beaux plans de drainage, ceux qui embrassaient les plus vastes étendues de terrain, avaient été envoyés par l'Autriche. Dans le rapport que nous avons
fuit au nom de la classe d'agriculture du jury mixte international, nous nous sommes, à ce sujet, exprimé en ces termes :
(( L'enseignement du drainage doit être introduit dans toutes les écoles; cette opération produit des effets tellement certains, tellement énergiques, qu'il est impossible de les laisser ignorer à tout cultivateur, à tout propriétaire. Cependant la démonstration des divers travaux à effectuer ne laisse pas que de présenter une certaine difficulté : faire que, par un plan en relief, surlequelles drains sont tracés et qu'on soulève ensuite comme le couvercle d'une boîte, on aperçoive les tranchées dans leurs véritables proportions et leur position réelle, avec les tuyaux rangés suivant les principes de l'art, c'est rendre un service à l'enseignement primaire. A ce point de vue, le jury signale le plan en relief exposé par M. Schmidt, à Grœtz (Styrie), directeur d'ailleurs d'une importante fabrique de tuyaux et d'un grand nombre de travaux de drainage; en outre, M. Schmidt a établi l'irrigation sur environ 20,000 hectares de terre , sous l'impulsion de la Société d'Agriculture de Gr»tz.
« On voit que le drainage et l'irrigation sont entrepris sur une vaste proportion dans la Styrie; il en est de môme dans presque toutes les autres contrées de la monarchie autrichienne, en Bohême, en Moravie, enGallicie, etc. De nombreux plans de drainage, exposés par MM. le prince de Schw^arzenberg, le prince Auersberg, le comte Hompesch, le conite Andrassy, M. Schœller, notre collègue le baron de Riese Stallburg, etc., en donnaient une autre preuve aux visiteurs de l'Exposition. Le jury croit devoir signaler les ingénieurs de quelques-uns de ces travaux, exécutés sur une très-vaste échelle, et qui embrassent plusieurs centaines d'hectares : M. Alexandre Schiller, directeur des travaux de drainage de M. le prince de Schwarzenberg, et