CHAPITRE XI
Du drainage en Allemagne
Les premiers travaux de drainage ont commencé en Allemagne en 4850, et les gouvernements des grands États, aussi bien que ceux des États secondaires, firent de véri= tables efforts pour vulgariser une pratique sur laquelle on peut compter pour augmenter, dans une forte proportion.
la masse des produits agricoles. A cet effet, ils commencèrent par envoyer des commissaires spéciaux en Angleterre et en Belgique pour y étudier toutes les questions relatives au drainage.
En 1851, les directeurs des écoles agricoles, les administrateurs de tous les établissements ruraux appartenant aux États, les directeurs des domaines princiers entreprirent des expériences pour constater les effets de l'opération ; on fit en même temps distribuer à profusion dans toute l'Allemagne un écrit sur le drainage, ayant pour auteur M. de Doblboff, ambassadeur d'Autriche à La Haye, ainsi qu'un traité de M. Scheibler sur le même sujet. Ces deux ouvrages portèrent la conviction dans l'esprit de tous les agriculteurs, et les années suivantes chacun se mita l'œuvre. Nous allons examiner rapidement les principaux résultats obtenus dans chaque partie de l'Allemagne.
% i. — Duché de Holstein.
Nous commençons par le duché de Holstein parce que c'est dans ce petit pays qu'ont éjté exécutés pour l'Allemagne les premiers travaux de drainage.
En \M1 se tenait à Kiel le congrès annuel des agriculteurs de l'Allemagne; M. le baron Gramm, qui avait déjà exécuté sur ses terres du Holstein le drainage à la manière anglaise, et qui possédait une fabrique de tuyaux montée avec des machines venues d'Angleterre, expliqua à ses collègues étonnés l'importance des résultats qu'il avait obtenus. A cette époque, du reste, 5 machines fonctionnaient déjà dans différentes localités du duché de Holstein, et l'amélioration nouvelle était particulièrement propagée par un riche propriétaire demeurant à Gros- Nordsée, M. Hirschfeld. Dans une lettre publiée par
DD DRAINAGK KN AI.LEMAGNK. 201
M. Kreuler dans son ouvrage sur le drainage (voir notre Biblit graphie, t. II, p. 4CC),M. llirschfeld ne craint pas de placer la révolution produite par le drainage bien au-dessus de celle que causa l'emploi de la marne cinquante ans auparavant. La plupart des agriculteurs du pays ont maintenant exécuté le drainage. Beaucoup de fermiers, quoique n'ayant que des baux de dix à onze ans, n'ont pas hésité à poser chaque année de (J0,000 à 100,000 tuyaux. Enfin , tant dans le Holstein que dans le Sleswig, contrées où Ton ne construit pour ainsi dire qu'en briques, il n'est maintenant pas une tuilerie qui n'ait au moins une machine pour étirer les tuyaux de drainage.
§ 2. — Mecklenburg-Schweriîi.
Le drainage selon la méthode anglaise a été introduit dans le Mecklenburg presque en même temps que dans le Holstein. En 1847 le capitaine Garr a importé les premières machines à étirer les tuyaux, élabli une machine près de Lubeck, et exécuté les travaux de drainage sur sa propriété. Depuis cette époque le drainage s'est répandu rapidement, et l'on estime que, chaque année, il est employé à cette opération 2 milhons de tuyaux, ce qui correspond au drainage de 500 à 600 hectares.
§ 3. — Prusse.
Il existe en Prusse 302 Comices agricoles, comptant 29,650 membres ordinaires, dont les cotisations annuelles forment une somme de 168,750 francs. Au sommet de ces associations se trouve le Kuniylisches Landes-OEconornie Collegium, qui sert d'intermédiaire entre le ministère de l'agriculture, d'une part, et les Comices agricoles de l'au-
tre. C'est par cette organisation que s'est faite la propagande du drainage. Cinq ingénieurs et des employés supérieurs du ministère de l'agriculture furent envoyés en Belgique et en Angleterre^ et, en 1850, 5 machines à fabriquer les tuyaux furent introduites; en même temps, des essais de drainage étaient faits à Proskau et à Eldena. Des fabriques d'outils de drainage se fondèrent dans les principales villes, et, en 1851, les travaux sur le terrain commencèrent sur une certaine échelle. A la fin de 1851, le nombre des machines en activité se répartissait ainsi entre les dif* férentes provinces de la monarchie prussienne :
Nombre Provinces. de machlae.t.