‹ Drainage des terres arablesChapitre 120 sur 166 · CHAPITRE LVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVH

Façonnage des tqu°s à la mécamqoe

N os os dit quel intérêt il e que les machines

à faire les tuyaux de drainage puissent servir aussi à la fabrication des briques, de manière à importer les briqi dans les pays encore dépourvus de briqueteries, ou bien de façon à donuer des produits il - qualités spéciales qui soient préférables aux briques ordinaires dans les contrées où la brique à la main se fait très-économiquement. x - \ ons encore à examiner les tentatives dh - jui

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ont été faites pour substituer le façonnage mécanique au façonnage à la main; nous verrons que ces tentatives ont été loin d'être toujours heureuses. Brongniart en a déduit les principaux motifs. Nous laisserons la parole à cet illustre maitre.

« Le façonnage des briques, dit- il, et surtout de celles qui sont destinées aux constructions, s'opère principalement par la main de deux ouvriers, un mouleur et un petit porteur; il se fait avec une si grande rapidité, les imperfections qui résultent de cette célérité sont, dans le plus grand nombre de cas, si peu importantes, et les frais de façonnage, dans lesquels sont compris ceux de transport, de retournage, de mise en haie, sont si peu élevés, quoique très-nombreux , qu'une machine ne peut exécuter toutes les simples opérations de la main qu'étant fort compliquée, et par conséquent dispendieuse d'établissement, de réparation et même de manutention. Deux ouvriers peuvent faire en un jour, comme je l'ai dit, 6,000 à 7,000 briques. Or, il est difficile qu'une machine, fit-elle dix fois plus de briques dans le même temps, n'égale pas les frais qu'entraîneraient les vingt ouvriers qu'elle remplacerait, ei même qu'elle ne les surpasse pas bientôt pour produire dans le même temps une si grande quantité de briques.

« Les briques, à moins qu'elles ne se fabriquent dans un port de mer, sur les bords d'un cours d'eau navigable ou d'un canal, ne peuvent être transportées fort loin sans que les fiais de transport ne viennent augmenter leur prix au delà des limites admissibles. Le voisinage à 3 ou 5 myriametres est le seul rayon qu'elles puissent parcourir par les voies de transport ordinaires dans les pays les plus favorisés.

« Une machine bien faite et bien complète doit, pour payer les frais d'établissement, d'entretien, etc., fabriquer

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considérablement . et alors il faut une immense exploitation de terre, <Kvs aires ou hangars immenses pour mettre au séchage, à l'abri de la pluie, ces innombrables produits Or, supposons qu'elle surmonte tous ces embarras ; alors elle a tant produit qu'elle aura bientôt encoml ré tous ses «anaux d'écoulement Le chômage devient né* 1 1 ssaire, et on sait toutes les pertes qui en résultent*

h 11 faut donc une réunion rare uV circonstances favorables pour qu une briqueterie, fondée sur l'emploi d'une grande et bonne machine applicable en même temps a la fabrication des tuiles el des carreaux, soutienne la concurrence d'un briquetier, qui, sans presque au< un irais, avec sa femme, ses enfants et le secours de quelques ouvriers ambulants qui viennent lui offrir leurs bras dans le temps , convenable, peut faire, dans la saison, près de - millions

de briques.

via m'explique le très-petit nombre de briqueteries à la mécanique qui ont eu une existence prolongée au delà des années de l'emploi des fonds d'établissement. Néanmoins, il est telles circonstances favorables qui peuvent donner à une machine bien calculée et bien faite une supériorité économique réelle et durable sur la fabrication à la main, Tels sont des ssements d'usines nombrei

dans un pays >»u il n'y en avait pas, une ouverture particulière d'écoulement dans un port de mer, par des canaux ou des routes qui n'existaient pas encore . enfin «.los constructions immenses on briques près d'une \ lie ou la maind'œuvre est chère, i

Nous ajouterons a ces considérations que le façonnage mécanique n'est assuré du succès que quand il s'adn a des produits d'une qualité non ordinaire, tels que dea briques réfractaires, ou mieux encore à des produ u que

no peut faire é |il ment la main de l'homme ,

FAÇOVVVÙK DIS BRiyiKS A IV MBCANIQUB. 275

comme sont les briques creuses. Enfin nue machine qui donnera indifféremment soit des tuyaux, soit des tuiles*, soit des briques creuses, soit enfin des briques ordinaires, aura un avantage marqué. Or il est arrivé que beaucoup d'inventeurs de machines à faire des briques n'ont imaginé que des systèmes propres à donner uniquement des briques ordinaires. C'est ce que nous allons reconnaître par le résumé rédigé par Brongniart des quatre sortes de machines à briques qu'il distingue.

I. Machines qui imitent le moulage à la main, « Les machines qui imitent le moulage à la main se composent d'un cadre en fonte auquel on imprime un mouvement continu ou un mouvement de va-et-vient par des combinaisons mécaniques plus ou moins ingénieuses. Dans la première partie de sa course, le moule se remplit en passant sous la trémie qui contient la terre; dans la seconde partie, il passe sous une pièce qui exerce la pression nécessaire; et dans la troisième partie il déborde la plaque qui fait le fond pour arriver sous un poussoir qui fait sortir la brique du moule; puis l'opération se renouvelle et se répète indéfiniment. »

Parmi les machines de cette espèce, Brongniart cite celle de M. Kinsley, publiée, en 1813, dans le 12e volume du Bulletin delà Société cV Encouragement . p. 177: celle de M. Delamorinière, brevetée en 1825; celle de M. Thierrion, d'Amiens, brevetée en 18-29; celle de M. Carville, à Issy, près Paris, brevetée en 1840. Nous donnerons plus loin le dessin et la description de la machine de M. Carvillle.

II. Machines qui font le moulage par un mouvement de rotation continu. « Les machines qui font le moulage par un mouvement de rotation continu sont tout à fait analogues aux précédentes; seulement, au lieu d'un moule, on en emploie plusieurs qui sont disposés tantôt sur un pla-

teau circulaire tournant autour d'un axe vertical, tantôt sur la face d'un cylindre tournant autour d'un axe horizontal. Lorsqu'on se sert des plateaux tournants, c'est en général par des systèmes de leviers ou de plans inclinés que la brique est pressée et chassée hors du moule. Lorsqu'on se sert de cylindres, les moules ont un fond muni d'une queue, et un mécanisme particulier pousse la queue pour chasser la brique hors du moule lorsqu'elle arrive au point le plus bas de sa course. »

Brongniart ne pense pas qu'il soit possible de combiner ces mécanismes excessivement compliqués d'une manière réellement pratique. Il cite, parmi les machines de cette espèce, celle des environs de Washington, publiée en 1817 dans le volume XVIII du Bulletin de la Société d' Encouragement, p. 361 ; celle de M. Levasseur-Précourt, brevetée en 1826, et dont nous donnerons une courte description plus loin; celle de MM. Champion, Fabre el Janier-Dubry, de Besançon, brevetée en 1830. Ces trois machines sont à plateau. Brongniart en cite trois autres à cylindre : celle de Mme la baronne Govedel-Geanny, brevetée en 1826; celle de M. Naudot, à Sainte-Colombe, près Provins, brevetée en 1828 ; celle de M. Cartereau, brevetée en 1829.

III. Machines qui découpent une nappe de pâte. Ces machines préparent la terre en une nappe d'une épaisseur convenable, dans laquelle les briques sont découpées soit par un moule qui tombe avec une pression convenable pour agir comme un emporte-pièce, soit par un système de sécateurs particuliers. Parmi ces machines nous citerons : celle de M. Cundy, brevetée en Angleterre et publiée en 1827 dans le 26e volume du Bulletin de la Société d'Encouragement (p. 348); celle de MM. Bosq, Giraud etTaxil, brevetée en 1829; celle de MM. Virebent, de Toulouse, brevetée en 1831, mais plus spécialement pour

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