CHAPITRE LYI1I
Machine de Carville
La machine de M. Carville, sur laquelle l'Académie des Sciences et la Société d'Encouragement ont fait des rapports très-favorables, est mue par un cheval, et moule environ 1,500 briques par heure, ou 18,000 briques dans une journée de 12 heures de travail. Le prix de revien' s'établit alors de la manière suivante :
Un cheval 4 fr.
Deux ouvriers pour humecter et pétrir la terre,
et la porter à la Une à malaxer 5
Quatre enfants 4
Quatre adolescenis ou lémmcs. G
Un ouvrier surveillant 3
Total 22
Ce qui donne lf.22 par 1,000 briques, et constitue une économie assez notable et plus que suffisante pour couvrir les frais d'intérêt du capital, l'entretien de la machine et les déchets de la fabrication.
Les figures 128 et 129 représentent cette machine, dont le mécanisme est porté par la charpente A A. Le mouvement est transmis par le manège au bras de levier k, qui entraîne les roues d'angle, les roues dentées, les courroies, etc. On met la pâte dans la tonne cylindrique B, où des bras a a la mélangent, et des palettes b b, e e la compriment fortement; ces bras et ces palettes sont attachés sur un axe central c. La pâte, mélangée et comprimée, s'échappe par L'orifice j, dont la grandeur est réglée par une vanne ; elle tombe dans les moules placés sur la chaîne sans fin V, mue par les moulinets Q Q, et qui se
MACHINE DK CARVILLB. 27;)
lavent dans le bassin plein d'eau 1, après avoir quitté la brique. Chaque chaînon, relié au précédent et au suivant par des articulations, se compose de quatre moules. Aussitôt après son entrée dans les moules, la pâte est comprimée par un lourd cylindre, sur lequel une bâche m verse constamment un mince filet d'eau pour empêcher son adhérence avec les briques. Des trémies n et n' versent constamment, par des rouleaux cannelés t et t', qui en occupent le fond, du sable sec, l'une sur le fond des moules, l'autre sur la surface des briques, pour empêcher l'adhérence de l'argile. Les moules sont d'ailleurs tenus bien horizontaux par les rouleaux r r, sur lesquels repose une chaîne sans fin mue par les moulinets q q, et rivés à des plaques de tôle articulées entre elles et formant le fond des moules, qui par eux-mêmes sont à jour.
Les briques sont repoussées des moules par un repoussoir S, animé d'un mouvement vertical de va-et-vient; ce repoussoir porte à son extrémité une double partie plane *', ayant exactement les dimensions de l'aire d'une brique et devant pénétrer dans les moules pour chasser les briques sur un plancher mobile K K, qui les entraîne dans une direction perpendiculaire à celle des moules. Un arbre vertical h reçoit un mouvement de rotation à l'aide d'un petit bras qu'entraînent des mentonnets placés latéralement sur le milieu de chaque moule. De cette façon la poulie .r communique, conjointement avec XX', et par l'intermédiaire de la chaîne U et du bras pendant ;;, uu mouvement d'oscillation au levier T. Un contre-poids M relève d'ailleurs la tige S quand les mentonnets ont lâché le bras que porte l'arbre h, et un système de poulies E ramène vers la tonne B le repoussoir que la chaîne sans fin tendrait à entraîner dans sa rotation, lorsque les briques sont sorties des moules.
.MACHINE DR CARVIU.E.
Cette machine présente une grande perfection, mais on peut remarquer qu'elle n'est applicable qu'à une seule
5F'g' 129. — Vue de face de la machine de M. Carville.
sorte de produits, les briques pleines d'un calibre déterminé.
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