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MACHINE A QUARANTE FRANCS

de la machine. M. Kielmann affirmait que cette machine, fabriquée et perfectionnée à Berlin par MM. Eckert et Vœlker, ne valait que 10 thalers (37f.50), et qu'elle faisait cependant 3,000 tuyaux par jour.

On comprend que nous n'hésitâmes pas à nous rendre aux docks Napoléon, et à payer tous les droits et frais que réclama la douane. Nous dirons dans un autre chapitre à combien le tout s'est élevé et quelles sont les exigences de l'administration douanière.

La machine n'était pas en très-bon état; elle avait subi plusieurs avaries; nous avons dû la faire monter et la munir de quelques organes qui lui manquaient. Nous pensons que, y compris trois filières, après les modifications que nous lui avons fait subir, son prix ne s'élèvera réellement pas au delà de 40 fr., et peut-être sera-t-il moindre.

Qu'on imagine une simple caisse en bois divisée en deux compartiments. Dans le compartiment d'arrière s'élève un montant vertical traversé par deux barres boulonnées à une extrémité et serrées à l'autre extrémité par des éerous. La caisse est ainsi fixée sur le bâti qui doit la supporter. Nous plaçons simplement ce bâti par terre, et nous attachons par une corde le montant d'arrière à un arbre, h un pieu, à un pilier. Le compartiment d'avant est le réservoir à glaise, présentant sur la face antérieure un orifice dans lequel on assujettit la filière voulue avec un simple boulon. Un piston de bois, dont la tige est articulée avec un levier dont l'extrémité tourne autour d'un axe fixé en haut du montant d'arrière, doit exercer la pression nécessaire. Lorsque la caisse est pleine d'argile, on enfonce le piston en appuyant (fig. 14-2) à l'autre extrémité du levier, et les tuyaux sortent moulés sur une table garnie de rouleaux. On relève le piston, on le fait sortir de la boîte (fig. 143), on tasse de nouveau de l'argile, on replace le piston à l'ori-

aiO LIVRE IV. — FABRICATION DES TUYAUX DE DRAINAGE.

iice de la boîte, on appuie de nouveau sur le levier, et ainsi de suite. Lorsque la file des tuyaux est arrivée à l'extrémité de la table, on abat un châssis qui tient tendus des fils de laiton, et on la coupe en bouts de la longueur usuelle.

Rien n'est évidemment plus simple. Quelles raisons peuvent s'opposer à la propagation d'une pareille machine? Peut-être son prix minime. Les fabricants n'auront pas suffisamment de profit à construire un si modeste'outil. N'est-il pas préférable pour eux de faire des machines qui coûtent plusieurs centaines de francs? Pour nous, nous tâcherons, si l'outil est réellement très-bon, de faire en sorte que l'agriculture puisse se le procurer. Nous en faisons fabriquer plusieurs, que nous donnerons à prix coûtant ; dès qu'il y en aura quelques-unes répandues en divers lieux , tout le monde pourra en obtenir, puisque la machine est assez peu compliquée pour être construite par tout charron de village. Nous les ferons figurer en outre dans les Concours universels de Paris.

Le défaut de .cette machine-outil est de ne pas cribler la terre. Nous pensons qu'en la dotant d'une grille cribleuse agencée à peu près comme dans la machine de Whitehead, nous ferons disparaître cet inconvénient. Il est bien entendu que le malaxage de la terre, soit par le marchagc, soit par des machines appropriées, continuera à être nécessaire.

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