‹ Drainage des terres arablesChapitre 149 sur 166 · SÉCHOIR · texte numérisé non relu

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de profondeur, afin d'alimenter le foyer; durant l'entretien en grand feu, les ouvriers se tiennent dans l'endroit voûté I. On charge et décharge le four par la porte L, située en face du séchoir. Le four a les dimensions suivantes : 3m.50 de long sur 3m.20 de large et 3m.80 de hauteur; la capacité est de 3.50 X 3.20 X 3.80 =4-2.56 mètres cubes; il peut contenir 32,000 petits tuyaux. Dans les angles, les tuyaux ne cuisent pas suffisamment; on bouche ces angles par des briques placées en travers.

On peut , bien entendu, adopter des dispositions un peu différentes de celles que nous venons d'expliquer et que représente la planche I. Nous donnerons comme exemple très-simple et très-bon à imiter le plan de fabrique proposé par l'ingénieur anglais Clayton. La planche II représente le plan de l'usine. En avant se trouve l'atelier A de fabrication des tuyaux; plus loin on voit le séchoir, qui se compose de deux parties ou chambrées distinctes B etG.

La première chambrée B reçoit les claies chargées de

Fig. 147. — Claie portative de Clayton pour placer les tuyaux.

tuyaux. Ces claies en bois blanc, telles que les emploient M. Clayton en Angleterre et M. Lauret en France, ont la forme que représente la figure 447. Elles proviennent de

l'assemblage de 4- tringles en bois non rabotées et clouées aux deux poignées; elles peuvent s'établir à 1 fr. chaque. Leur longueur est de 1 mètre et leur largeur de 0m.37; la hauteur de chacune des deux poignées est de 0in.16; l'épaisseur des tringles est de 0m.03. Quand on fabrique à l'aide de la machine verticale de Clayton , on enlève six tuyaux avec le mandrin, et on dépose sur les claies deux rangs horizontaux de tuyaux; chaque rang en reçoit 1 6, ce qui fait 32 tuyaux par claie. On place les claies les unes sur les autres au nombre de 7, ce qui fait une hauteur de lin.13. On voit cette disposition représentée dans la fig. a de la planche III , qui donne une coupe du séchoir perpendiculairement à la longueur, et fait connaître les dispositions adoptées pour l'établissement des fermes en charpente. Ces fermes, posées à une hauteur de lm.82 sur les piliers pour soutenir ia toiture, sont à des distances de 3m.60. Des poteaux placés au milieu soutiennent le tirant ; le poinçon a 2m.28 de haut. Les arbalétriers sont formés par de simples chevrons soutenus par des contre-fiches, et ayant 5in.o0 de long.

Le nombre des claies qui peut tenir dans la longueur du séchoir (10m.88) est de 10 sur i doubles rangées, ce qui fait , à 7 de hauteur, un total de 560 claies, pouvant porter 17,920 petits tuyaux. Des couloirs ayant 0m.90 de largeur séparent les rangées de claies chargées de tuyaux. Dans le milieu se trouvent placées des tablettes ou casiers à poste fixe pour faire sécher les tuyaux de plus grande dimension, ainsi que le montrent la planche II et la fig. a de la planche III.

On voit , d'après ces dispositions, que le travail consistera à faire passer les tuyaux, aussitôt après leur étirage par la machine, de l'atelier dans le séchoir. L'atelier a une largeur un peu moindre, mais une hauteur sous la char-

PUKCM III.

TOSIE I, PAGES Ôl'i ET 315.

Fig. c. — Élévation latérale lie le i ibrique de M Uiaylon pour étirer et dessécher les tuyau* d

pente plus grande que le séchoir. C'est ce que montre la fïg. b de la planche III, donnant une coupe de l'atelier perpendiculairement à la longueur du bâtiment , et représentant par conséquent une ferme de charpente pour soutenir la toiture. On voit que la hauteur des piliers ou poteaux dans l'atelier est de 2m.G0, celle du tirant lm.50. La hauteur totale de l'atelier est du reste de 4m.10, c'est-à-dire la même que celle du séchoir. La largeur seule est moindre, G mètres au lieu de 9 mètres, ce qui dispense des poteaux du milieu.

La fig. c de la planche II, représentant une élévation latérale de toute l'usine, achève d'en donner une idée exacte et suffisante pour qu'on puisse la construire d'après les 4 dessins des planches II et III. On voit que le séchoir est suivi d'une seconde chambrée C. Comme cela est indiqué sur le plan (planche II) , cette chambrée est destinée à empiler les uns sur les autres les tuyaux dont la pâte s'est déjà assez raffermie pour que l'on n'ait plus à craindre la déformation des tuyaux inférieurs par le poids des supérieurs, mais qui ne sont pas encore assez secs pour être portés au four. On les dispose comme cela est indiqué par la figure 148, en les appuyant contre des planches montantes constituant des sortes de casiers. D'après les dimensions des travées que dans le plan de l'usine (pi. II) on a disposées à cet effet, on a un volume de 6 x -4 X 0.92 X 1.82 = 40.19 mètres cubes, pouvant, à 750 par mètre cube, contenir 30,000 tuyaux. Ce n'est pas toujours suffisant pour la fabrication d'une machine de M. Clayton ; aussi cet ingénieur fait-il maintenant porter à 12 mètres, au lieu de G, la longueur de la seconde chambrée destinée à empiler les tuyaux déjà raffermis, sans changer la chambrée destinée aux claies.

Un corridor assez large de lra.22 sépare les deux

chambrées B et C, et coupe transversalement les corridors longitudinaux qui séparent les piles de claies ou de tuyaux. Tous ces passages sont nécessaires pour les mou-

Fi^ lis. — Tuyaux empilés on masse achevant de sécher.

vements des ouvriers, qui ont h soumettre les tuyaux à diverses manipulations dont nous allons parler. Peut-être, dans le plan du séchoir de Versailles (pi. I) , les corridors, réduits à 0m.80, sont-ils un peu étroits; mais ils ont été établis sur ces dimensions pour ménager l'espace , qui n'est jamais trop considérable pour placer les tuyaux.

Il faut que, dans les deux parties du séchoir, l'air puisse facilement circuler; nous avons dit que, dans ce but, on pouvait clore par des planches à claires voies ou par des paillassons portatifs. Dans les localités exposées à de grands coups de vents, au lieu d'employer des planches, on peut donner plus de solidité à l'édifice en se servant de briques assemblées avec du plâtre de manière à laisser des jours, comme le représente la figure 1 i9. Cette disposition est excellente ; mais il y a plusieurs manières de la remplir, et il est bon de l'exécuter au plus bas prix de revient possible.

D'après les détails qui nous ont été fournis par M. Lau-

DESCRIPTION DUNE FABKIQli: Di: IL VAUX.

ret , de la Chapelle-Gauthier, en employant des briques ayant 0»v2l de longueur, Ovll de hauteur et 0m.0-i5 d'épaisseur, de la fabrique de M. Gareau, il faut, par mètre

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Fig. Ii9. — Vue latérale d'une travée de séchoir close avec des briques à jour.

Fig. Iî.0. — Mur à jour pour séchoir avec briques ù section de rectangle.

carré, les briques étant posées de champ, 9 briques comme hauteur et A briques comme base (fig. \ 50), en tout 36 briques. Le nombre des jours est alors de 31, ayant chacun

0.03 X 0. 1 1 = 0.0033 mètre carré; ce qui donne, pour le passage de l'air à travers la muraille, du nord vers le midi , une surface de 0.023 mètre carré. Le prix du mètre superficiel de ce mur s'établit ainsi :

36 briques à 40 fr. le mille lf.44

Plâtre et main-d'œuvre 0.51

Total.

En employant des briques à section carrée, de la même fabrique de M. Gareau, on arrive aux résultats que représente la figure 151. Ces briques ont 0m.21 de longueur,

Fig. 151. — Mur à jour pour séchoir avec briques à section carrée.

0m.07 de hauteur et d'épaisseur. Il faut alors, par mètre superficiel, 3 briques et demie comme base et 14 briques en hauteur, c'est-à-dire en tout 49 briques. Le nombre des jours est de 42 , ayant chacun une surface de 0.088 X 0.07 = 0.000-2 mètre carré, ce qui donne pour le pas-

DESCRIPTION DINE FABRIQUE DE TUYAUX. 3 'i 7

saui- de l'air à travers la muraille, du nord vers le midi, une surface de 0.00G2 X 42 = 0.2604 mètre carré, ou le double de ce qu'on obtient avec les briques précédentes. Le prix du mètre superficiel s'établit ainsi :

49 briques à 50 fr. le mille 2f.45

Plâtre et main-d'œuvre 0 . 60

Total 3.05

Ce prix n'est que d'un tiers plus élevé que le précédent, et donne un écoulement d'air qui s'élève au double.

Nous ajouterons, en terminant ce qui concerne l'établissement général d'une fabrique de tuyaux de drainage, qu'il n'est pas indispensable de faire la dépense d'un atelier aussi complet que celui que nous venons de décrire. On peut se contenter des premiers hangars venus et s'installer d'une façon tout à fait simple, s'il ne s'agit pas de procéder à une fabrication de plusieurs millions de bouts de tuyaux. Nous donnerons dans le chapitre suivant quel^ ques détails à cet égard.

Dans les exemples précédents, les machines à étirer les tuyaux sont supposées fixes, et on transporte les claies au séchoir. Nous avons dit plusieurs fois que beaucoup de fabricants préfèrent conduire les machines le long des séchoirs, de manière à n'avoir pas à transporter les tuyaux à de longues distances. La figure 152 représente une disposition de ce genre adoptée par M. Mangon, pour l'usine que la Compagnie générale de Drainage et d'Irrigation, fondée par M. Liron d'Airoles, avait établie à Bavinckove, près Cassel (Nord) . En A A A on voit trois fours placés en face de trois broyeurs B B B. Les ateliers d'étirage et les séchoirs C sont disposés de manière à présenter toutes les facilités possibles pour le service des machines circulant à travers les galeries, construites pour recevoir 2,000

348 LlVltli IV. — FABRICATION DES TUYAUX UK DRA1NAGI

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tuyaux par mètre carré du bâtiment. Les tuyaux cuits sont entassés en D à leur sortie des fours.

Les tuyaux de drainage sont des produits encombrants et fragiles; pour ces deux raisons il est très-coûteux de leur faire subir de longs transports. Aussi un propriétaire qui a de 100 à 150 hectares à faire drainer peut-il, dans certains cas, trouver de l'économie à construire une petite fabrique passagère. MM. Biot et Leperdrieux ont établi plusieurs fabriques de cette espèce, en employant, bien entendu, leur système de fabrication, que nous avons fait connaître (chap. XLVI et LXXI, p. 241 et 312). Voici les devis des dépenses d'établissement que nous ont remis les fabricants, qui entreprennent la fabrication des tuyaux sur le terrain à forfait :

Fabrique faisant de 300,000 à 500,000 tuyaux, du 1er mars

au 1er octobre.

Fr.

1 broyeur 200

1 machine 575

5 filières additionnelles, à 25 fr. chaque 125

1 grand tablier 75

3 grandes garnitures de rouleaux, à 35 fr 105

4 fourchettes, à 3f.50 14

10 rouleaux à rouler, à 2 f r 32

2 tables à rouler, à 1 5 fr 30

2 grands seaux, à 3f . 50 7

2 brouettes à civières, à 15 fr 30

1,000 petites claies, à 0f.50 chacune 500

500 grandes claies, à 0f.80 400

3,000 bouts de bois pour caler les tuyaux, à 15 fr. le 1,000 45

1 tablette à fabriquer les manchons 10

Pose du broyeur 20

Total du matériel 2,168

Four et halle pour séchoir 3,000

Total général 5,168

En faisant cette dépense on est outillé pour fabriquer durant dix années et obtenir en tout 4 millions de tuyaux.

Fabrique faisant de 700,000 à 1,000,000 de tuyaux, du 1er mars au 1er octobre.

Fr.

1 broyeur 200

2 machines, à 575 fr. l'une 1,150

5 filières additionnelles, à 25 fr 125

1 grand tablier 75

1 petit tablier 45

1 grande garniture de rouleaux 35

3 petites garnitures de rouleaux, à 15 fr 45

4 fourchettes, à 3f . 50 14

1 6 rouleaux à rouler, à 2 fr 32

2 tables à rouler, à 1 5 fr 30

2 grands seaux, à 3f.50 7

2 brouettes à civières, à 15 fr 30

1,000 petites claies, à 0f.50 500

500 grandes claies, à 0f .80 400

3,000 bouts de bois pour caler les tuyaux, à 15 fr. le 1,000 45

1 tablette à fabriquer les manchons 10

Pose du broyeur 20

Total pour le matériel 2,763

Four et halle pour séchoir 0,794

Total général 9,557

MM. Blot et Leperdrieux s'engagent à reprendre leur matériel, en lui faisant subir une réduction de 45 à 20 pour 100, si la fabrication s'arrête au bout d'un certain temps.

Comme exemple extrême, nous choisirons la fabrique de briques tubulaires et de tuyaux de drainage établie à Paris, rue de la Muette, n05 35 et 37, par M. Borie. L'atelier est mû par la vapeur; la cuisson s'effectue d'une manière continue à l'aide d'un four particulier que nous décrirons plus loin dans le chapitre LXXIX, et qui est représenté dans la planche IV; la dessiccation est activée par l'emploi de la chaleur perdue du four, La figure i53 donne une vue générale de cette usine. Voici la légende du dessin :

\ . Mottes de terre prêtes à être découpées et apportées dans des brouettes.

2. Découpage de la terre par la machine dont la description est donnée dans le chapitre LUI (p. 266, fig. 126).

3. Bassins où tombe la terre découpée, afin d'être mise à tremper.

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