‹ Drainage des terres arablesChapitre 155 sur 166 · C. fo · texte numérisé non relu

C. fo

Fig. IG4. — CyliDtlrc en bois pour rouler les luyaux.

(tig. 164) dont on doit avoir un jeu en rapport avec les divers calibres de tuyaux qu'on fabrique. Nous préférons cette dernière méthode, par laquelle on répare à la fois l'extérieur et l'intérieur des tuyaux.

Pour faire celte opération, M. Lauret se sert d'une table (fig. IGo) faite en beau sapin sans nœuds, longue de lm.6,">, haute de 0m.82 et large de 0m 48. Deux ouvriers travaillent aux deux bouts; ils enfilent dans les luyaux un mandrin ou rouleau de bois de 0in.60 de long, dont nous venons de parler; on choisit un mandrin ayant un diamètre un peu moindre que les tuyaux. Les ouvriers roulent ensuite deux ou trois fois les tuyaux sur la table en appuyant sur ces mandrins, comme on fait pour étendre de la pâtisserie.

Les tuyaux sont ainsi ramenés à une forme exactement cylindrique; ils sont parfaitement lisses intérieurement. Les ouvriers, chez M» Lauret, placent les tuyaux roulés

FABRICATION DES Tl'YAUX DE DRAINAGE.

dans une brouette représentée par la figure 166, et qui est très-commode pour transporter les (uyaux dans le séchoir ou du séchoir au four. Cette brouette, n'ayant que 0,u.38

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Fig. 165. — Table de M. I.auret pour rouler le; luyaux.

Fijj. igj. — B roue! le pour porter les luyaux au séchoir et au four.

c!c large, peut facilement passer entre les casiers, distants de 0m.80j du séchoir (pi. I), et tout le travail est aisé, malgré le peu d'espace resté libre.

Dans la fabrique de M. Clayton, on se sert d'une table à

ROULAGE KT RKBATTAGE.

roulettes (fig. 167) pour rouler les tuyaux. Cette table est munie de deux poignées a, à l'aide desquelles on soulève les deux pieds de derrière pour faire avancer la table sur les deux roulettes de devant, et exécuter le travail du roulage dans les travées qui séparent les claies superposées dans la première chambrée du séchoir (pi. H). Une boite placée en dessous de la table est destinée à placer les outils de l'ouvrier rouleur et du sable fin, qu'on jette sur la table pour empêcher ainsi l'adhérence de la terre des tuyaux

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Fig. 1G7. — Table de M. Cîajlon pour rouler les tuyaux.

sur le bois. Les outils employés sont les rouleaux de divers calibres et une curette pour gratter la table.

Après le roulage, on entasse les tuyaux comme nous l'avons indiqué précédemment, si l'on juge toutefois que la dessiccation est assez avancée pour que le poids des tuyaux supérieurs ne preduise pas l'affaissement des tuyaux inférieurs du tas.

Le roulage correspond, dans la fabrication des tuyaux, au rebattage dans la fabrication des briques et des tuiles. Ces deux fabrications ont naturellement les plus grands rapports, et pour les personnes qui les combineraient , comme nous conseillons fortement de le faire, nous ajoute-

rons ici quelques détails pour ce qui concerne les briques. Nous avons dit précédemment (chap. LI et LU, p. 254 à 261) comment les ouvriers disposaient sur une aire plane les briques ou les tuiles fabriquées à la main et sorties des moules. « Quand les briques commencent à se raffermir, dit Brongniart(l), et que le temps est sûr, on les relève sur le côté dans la même place où elles étaient à plat; cela s'appelle les mettre de champ. Quand enfin elles ont pris assez de consistance pour se laisser transporter sans être déformées, on les pare, c'est-à-dire qu'on enlève avec un couteau les bavures du moule ; on les met ensuite sur un banc et on les rebat sur toutes les faces avec une batte; puis on les place les uns sur les autres, de manière à en former une espèce de muraille à claire-voie pour qu'elles finissent de se sécher entièrement. Cette opération s'appelle les mettre en haie. Les haies sont en général composées de quatre rangées de briques sur l'épaisseur; la première rangée, ou la plus haute, est de 17 briques; la quatrième n'en a que 14. On évite, par ce moyen, l'avance de fonds considérable qu'on serait obligé de faire si l'on voulait les laisser sécher complètement sur le terrain, qui, dans ce cas, devrait être immense. Néanmoins, il faut des moyens de mettre les briques à Pabri des pluies abondantes qui les gâteraient entièrement. Dans la plupart des briqueteries, on place les briques à raffermir sous des hangars, surtout dans celles où, en raison des demandes et de la proximité des lieux d'écoulement, elles peuvent se vendre plus cher que dans la campagne; aussi tous les briquetiers des environs de Paris possèdent-ils ces grands abris ou hangars couverts. Faute de hangars, on cherche à les mettre à l'abri de la pluie et d'une dessiccation trop prompte en les couvrant

(l) Traite des Arts céramiques, t. I, p. 322.

ROULAGE ET REBATTAGE.

avec dos paillassons qui, portant dans les haies de la rangée la plus haute, forment une espèce de toit convenablement incliné. »

Pour les tuiles, on opère de la même façon; lorsqu'elles ont acquis, par leur dessiccation sur Taire d'étendage, la consistance nécessaire, un ouvrier placé à cheval sur un

Fig. 1C8. — Presse CInyton pour rebattre les tuiles et les briques.

banc les bat l'une après l'autre sur le plat et sur le tranchant, et les dispose ensuite en haie.

A l'Exposition universelle de Paris, en 1855, il y avait plusieurs presses pour le rebattage des tuiles et des briques pleines ou tabulaires. Nous décrirons succinctement celles de MM. Henri Clayton et Whitehead.

La presse de M. Clayton, placée sur une brouette JJK

(fig. 168), consiste en un levier A qui s'abaisse de luimême, et que l'ouvrier relève en mettant un pied en L. Le levier, en se relevant, s'appuie en G sur une came B, qui fait que la brique s'enfonce dans la boite G, tandis que le montant D s'abaisse et amène la pièce supérieure E, imprimant la marque Clayton, sur la face supérieure de la brique. Aussitôt la pression donnée , le levier s'abaisse,

Fig. If>9. — Vue de la presse à briques de Whitihead.

tandis que le contre-poids H fait relever la brique. Des boîtes à huile, convenablement disposées, permettent aux surfaces frottantes de se lubrifier elles-mêmes. Cet appareil très-énergique coûte en Angleterre 42r> fr.

La machine de M. Whitehead (fig. 109 et 170) est à peu près du mémo prix que celle de M. Clayton; elle coûte 420 fr., et chaque paire de porte-briques à ressort coûte

ROTLAGK KT IIEBATTAGK.

on outre 49 fr. Elle se compose de deux caisses contiguës A A, dans lesquelles on met les briques, et dont les fonds sont formés de pistons rendus mobiles par deux crémaillères G G, conduites par un pignon F et soutenues par deux galets H H. L'un des pislons monte tandis que Vanité descend. Un couvercle B à charnière s'abat successivement sur chacun des compartiments A A , et se trouve loqueté

Fig. 170. — Coupe de la presse ù briques de Wlnlcliead.

par l'un des verrous CC. En agissant sur le volant D à l'aide des poignées ddd, l'ouvrier donne à la brique une plus grande pression , car ce volant fait tourner le pignon E', et, par suite, la roue dentée F', concentrique avec le pignon conducteur F. L'ouvrier a soin de mouiller les surfaces de la brique avec une éponge. 11 conduit, du reste, facilement la presse le long du séchoir, car elle est

placée sur un bâti Tl porté par des roues K. Pour que les briques ou les tuiles sortent des boîtes A A plus facilement, il est bon d'employer des appareils à ressort, qui tendent à les repousser en dehors après la pression et après l'ouverture des couvercles.

Les procédés de roulage que nous avons décrits plus haut permettent de résoudre le problème de la fabrication des tuyaux à la main, ainsi que nous Pavons annoncé précédemment (chap. L, p. 255). En effet, il suffit de saisir avec un mandrin les tuiles courbes moulées à la main (chap. LI), lorsqu'elles sont parvenues à un certain degré de dessiccation. En les roulant alors sur une table, on force les deux bords parallèles à se rapprocher, puis à se souder et à former enfin un tuyau à peu près cylindrique. Un ouvrier peut rouler ainsi environ 2,000 ou 3,000 tuiles par jour. Les tuyaux obtenus ne sont pas d'excellente qualité, mais ils peuvent servir au drainage, qui, à la rigueur, comme on voit, peut s'effectuer, sans dépenses de machines, absolument en tous lieux.

CHAPITRE LXXVIII Fabrication des manchons, des soles plates et des tuyaux de raccordement

Nous avons dit que, pour assujettir les tuyaux bout à bout dans les tranchées de drainage, on les plaçait dans des manchons ou colliers (fig. 61, p. 144). Ces colliers ne sont pas autre chose que des bouts de tuyaux ayant 0m.08 de longueur environ et un diamètre intérieur un peu supérieur au diamètre extérieur des tuyaux posés au fond des tranchées. On fait ces colliers avec des tuyaux d'un numéro supérieur. On se sert pour cela d'un appareil inventé par M. Maughan, de Dudley. Il consiste en une planche

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