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TUYAUX POREUX I.T TUYAUX MOULÉS SUE PLACR

bois, le charbon de bois, le bois de rebut cassé ou coupé en petits morceaux, du poussier de charbon de terre, de l'asphalte, de la poix ou d'autres substances bitumineuses ou minérales décomposables par le feu. On comprend que l'action du feu sur ces matières , employées dans la proportion de 1/10 environ, en faisant disparaître une partie de leurs éléments, laisse des tuyaux plus poreux ; mais cette plus grande porosité n'est point nécessaire. La légèreté des tuyaux peut, au contraire, être un mérite, et c'est ce qui a engagé MM. Bouvert père et fils, fabricants à la Villette, près Paris, à entrer dans cette voie.

Mais le but que doivent se proposer tous les fabricants de tuyaux, c'est une production à bas prix. Le bas prix peut seul entraîner les agriculteurs français à faire du drainage sur une grande échelle. Toutefois le désir d'arriver au bon marché ne doit pas détourner les fabricants de la bonne qualité, qui se reconnaît à des tuyaux bien sonores, bien droits , bien ronds, sans bavures intérieures vers les extrémités.

Il n'y a pas de drainage durable sans des tuyaux de bonne qualité, faits avec des matériaux bien choisis, étirés, séchés et cuits avec toutes les précautions que nous nous sommes attaché à décrire. Le bon marché qui exclut la longue durée n'est qu'une apparence trompeuse. Nous avons peur qu'il en soit ainsi des tuyaux en ciment poreux qu'un ingénieur civil de Marsac (Tarn), M. Lebrun, a eu l'idée de mouler directement au fond des tranchées. Il faut transporter sur le terrain de la chaux et du sable, et les mélanger dans la proportion de 1 de la première matière contre 12 de la seconde. Si l'on coule un peu de ce ciment au fond de la tranchée, qu'on place un mandrin et qu'ensuite on verse de nouveau du ciment, au bout de quelque temps, la prise du ciment ayant eu lieu, on

pourra retirer le mandrin pour continuer la même opération. Il est évident que le mandrin aura laissé un tuyau parfaitement formé. L'inventeur a calculé qu'une longueur correspondante à 1,000 tuyaux de poterie ne coûterait que 2 francs ; mais nous craignons qu'on n'ait pas tenu compte d'une foule de frais accessoires qui ne paraissent d'aucune importance dans une expérience faite sur une petite échelle. C'est ce qui nous a frappé lorsque l'inventeur nous a soumis son système lors de l'Exposition universelle de 1855. On a vu d'ailleurs que M. Villeneuve, ingénieur des mines, a fixé à un prix beaucoup plus élevé l'emploi du ciment hydraulique, qu'il a proposé antérieument à M. Lebrun iliv. II, chap. IV, p. 60). Enfin nous partageons complètement l'opinion de M. Beauregard, d'Orléans, qui ne croit pas à la longue durée des tuyaux faits en chaux. M. de Beauregard fait remarquer qu'on rencontre dans la terre des briques enfouies depuis des siècles et qui sont bien conservées, tandis qu'on ne trouve pas la moindre trace de la chaux ou du mortier de chaux qui unissait ces briques. C'est qu'une poterie cuite se conserve indéfiniment, tandis que la chaux, comme la marne des champs marnés, s'épuise à la longue par des -causes que la chimie a fait connaître. Le fait incontestable de la disparition de la chaux du sol arable démontre que les tuyaux calcaires de M. Lebrun devront durer bien moins longtemps que des tuyaux convenablement cuits et préparés avec des matériaux de bonne qualité.

Si les tuyaux nous semblent tout à fait indispensables pour effectuer de bons travaux de drainage, nous devons

dire, toutefois, que leur valeur n'entre que pour une assez faible fraction dans le prix du drainage d'un hectare. Une économie que l'on fait dans leur prix d'achat, malgré son importance réelle, ne doit donc pas être considérée comme une raison déterminante de l'exécution d'une pareille amélioration du sol. Il y a lieu de tenir compte, avant tout, des frais de main-d'œuvre, que nous établirons plus tard. Cette remarque nous a paru nécessaire pour qu'on ne se méprît pas sur les avantages que peuvent présenter les tuyaux à très-bon marché, mais d'une mauvaise qualité, que les eaux pourraient corroder et détruire. Une opération de drainage doit être un héritage légué pour jamais, par celui qui l'a exécuté, à tous ceux entre les mains desquels les champs pourront passer à la suite des siècles.

M. Lauret , ingénieur-draineur et maire à la Chapelle- Gautier (Seine-et-Marne), nous a remis sur le prix de revient des tuyaux les détails suivants :

« Six hommes, bien dirigés, font de tout point et par jour, avec la machine Clayton, 3,000 tuyaux numéro \, ayant 0m.32 à 0m.33 de longueur, étant cuits, et 0ra.035 de diamètre intérieur. Cette sorte de tuyaux revient au fabricant de 17 à 18 francs le mille. Cette dépense se décompose ainsi :

Terre 0f.85

6 hommes à I fr. 75 = 10 fr. 50, dont le tiers est de. • 3.50

Roulage 1 .00

Empilage an séchoir 1 .50

Enfournement et détournement 3.00

Main-d'œuvre pendant la cuisson 3.00

Combustible (bois) 4 . 50

Total 17.35

M. Vincent, ancien conducteur des ponts et chaussées, qui fabrique à Lagny (Seine-et-Marne), nous a, d'un autre

côté, remis les détails suivants, pour 1,000 tuyaux de 0m.040 de diamètre intérieur :

Extraction de 0.8 mètre cube de matières premières

(argile et rougette) 0f.53

Transport à la fabrique 0.50 .

Mélange des terres 0 . 50

Malaxage à la batte et à la pelle.. 3.00

Étirage à la macbine 3 . 50

Soins donnés pour le retournement et l'empilage au séchoir 1 .00

Transport au four . 0.50

Rangement dans le four 0.25

Soins pendant la cuisson 2.00

Combustible (200 kilogr. de bouille) 5 . 00

Détournement ... 0 . 50

Total 17.25

« A cette somme il faut ajouter 5 fr. pour intérêts du capital engagé, usure des outils, loyer, impôts (400 fr.), etc. , ce qui porte le prix de revient à 22 fr. sur place. »

Dans cette somme ne se trouvent pas compris les frais de roulage, que M. Vincent regarde comme cause d'un déchet qui s'élève par la casse de 15 à 20 pour 100. On a vu que M. Vincent remplace cette opération par des précautions particulières dans l'étirage et le séchage (chap. LXXVI,p.357).

M. Vitard , fondateur de l'Association de Drainage de l'Oise, nous a adressé sur sa fabrication des renseignements intéressants. Cette Association livre les tuyaux aux cultivateurs à prix coûtant; elle fait trois sortes de tuyaux, ainsi qu'il suit :

Diamètre

Poids

Pri

x de revient

Lis tuyaux.

intérieur.

de

i,ooo tuyaux.

de i

,ooo tuyaux.

K il.

fr.

PniX DK REVIENT ET VENTE DES TUVAUX. 435

« La terre employée, dit M. Vitard, facile à travailler, facile à cuire, ne contenant aucune matière étrangère, ne nous coûte que 2 fr. 75 le mètre cube, rendue sur place. Le mètre cube pèse 2,200 kilogr. Cette terre est prise à 500 mètres de nos ateliers. On y ajoute 2 pour 100 de sable.

« Nous payons pour fabrication, roulage, séchage, enfournement, cuisson, défournement et placement en tas, 9 fr. le mille du petit modèle; nous comptons à l'ouvrier 2 tuyaux moyens pour 3 petits, et un gros tuyau pour deux petits. La cuisson, faite au bois, nous revient à 6 fr. le mille.

« La machine Thackeray, que nous employons, servie par trois hommes et un enfant , permet de confectionner 5,000 petits tuyaux par jour; mais il faut les rouler le lendemain ou le surlendemain, afin de leur rendre la forme régulière qu ils perdent tous, un peu plus, un peu moins , par suite du retrait de la terre, au séchage, qui s'opère d'une manière d'autant plus convenable que la chaleur atmosphérique est moins forte. Un homme peut rouler 2,000 tuyaux par jour. »

A côté des prix de revient en fabrique de MM. Vincent et Laurel, nous allons maintenant placer les prix de vente.

Il faut savoir gré, aux fabricants qui nous ont donné les détails précédents, de leur complaisance; tout le monde n'aime pas à livrer ainsi le secret de ses bénéfices. Peutêtre nous -môme eussions -nous évité de commettre une sorte d'indiscrétion, si l'intérêt agricole n'était ici engagé. Ne pouvons-nous pas faire observer d'ailleurs, pour excuse, que chacun peut gagner à ce que les prix précédents soient abaissés de manière à réduire aussi ceux qui vont suivre.

Voici les prix de vente de M. Lauret :

N° des tuyaux. Diamètre intérieur. Prix de 10,00 tuyaux.

m. fr.

Ceux de M. Vincent sont :

N° des tuyaux.

Diamètre Intérieur. Prix de 1,000 tuyaux, m. fr.

Voici des prix que nous empruntons à des renseignements qui nous ont été fournis par M. Delacroix, ingénieur des ponts et chaussées, pour la fabrique de M. Valentin, à Orléans; les tuyaux sont faits avec la machine Whitehead , et ont une longueur de 0m.30 à 0m.31.

N° des tuyaux.

Diamètre intérieur.

Trix

de

1,000 tuyaux

fr.

M. Delacroix nous a aussi communiqué les prix des tuyaux faits, avec la machine Clayton, à la tuilerie de M. Beauregard, à i& kilom. d'Orléans, dont nous avons eu l'occasion de parler plus haut (chap. LXXÏV, p. 333) ; ces prix sont :

Prix de

,ooo tuyaux

Diamètre

Diamètre

des tuyaux.

Longueur,

intérieur.

extérieur.

pris au four.

rendus à Orléans

fr

fr.

Dans son troisième Rapport au gouvernement de Belgique sur l'état du drainage dans ce pays, M. Leclerc indique les prix de vente qui suivent : il est à noter que les draineurs belges emploient toujours les manchons ou colliers pour relier les tuyaux.

Prix de 1,000 tuyaux pris à l'usine dans les fabriques de

N° Diamètre Maine St-Pierre, Tubizc,

des tuyaux. intérieur. Geuibloux, st-Gilles-lcz- Audcnardc.

Liège, Ghislenghien.

ni . f r. f r.

Les manchons des tuyaux précédents se vendent :

Prix de 1,000 manchons pris aux fabriques de

N° Haine St-Pierre. Audenardc.

des tuyaux. fr. fr.

M. Leclerc donne aussi le détail du prix de revient de 1,000 tuyaux. Il s'agit de tuyaux de 0m.025 de diamètre intérieur, fabriqués par M. Jounieaux, de Thumaide. « Ce potier, dit M. Leclerc, extrait la terre qui lui sert à faire les tuyaux à 1,500 mètres de sa fabrique, dans un champ qu'il loue à cet effet à raison de 8 fr. la verge, et qu'il est obligé de niveler après que la veine d'argile est épuisée. La terre subit une première manipulation sur le lieu d'extraction; elle est ensuite corroyée à l'aide d'un pétrin mis en mouvement par deux vaches. Les tuyaux sont moulés avec la machine Williams, et cuits, partie au bois, partie

avec de la houille des environs de Mons. » Le prix de revient s'établit ainsi, pour 1,000 tuyaux et 1,000 manchons :

Extraction, manipulation et transport de la terre à la fabrique. 2f.OO

Corroyage de !a terre au moyen du pétrin 1 .00

Transport de la terre du pétrin à la machine à mouler les

tuyaux et moulage 1 .20

Transport des tuyaux et des manchons sur les séchoirs. ... 0.80

Roulage des tuyaux 0.50

Transport au four et enfournement 1 . 40

Lois, houille et main-d'œuvre pour la cuisson 1 .35

Défournement 0 . 23

Total 8.50

Ce fabricant vend ses tuyaux ainsi qu'il suit, pris à la fabrique :

des tuyauv.

Diamètre intérieur, m.

Prix de >,ooo tuvnus.

fr.

Trix de i.ooom.ineho correspondants.

fr.

Ces prix sont très-notablement inférieurs à ceux des tuyaux faits en France; la grande différence que nous constatons provient surtout des frais de cuisson, du haut prix du combustible. En Belgique on ne compte pour la cuisson que lf.35 c, et nous avons compté, chez M. Lauret 7f.50 c, chez M. Vitard 6 fi\, chez M. Vincent 7 fr.

Les prix de revient, en Angleterre, sont encore beaucoup plus bas qu'en Belgique; mais les prix de vente sont presque les mêmes. Voici comment M. Hodges établit les prix de revient et de vente des tuyaux fabriqués avec le four temporaire, que nous avons décrit plus haut tig. 18 i à 187, p. 388 et 389), et avec la machine de Hatcher (chap. XII, p. 106) :

Diamètre

Prix de revient

Ti

ix de vente

Nombre de tuyaux traînés par un chariot

des tuyaux.

intérieur, m.

de

i.ooo tuyaux, fr.

de i

i.ooo tuyaux.

fr.

attelé de 4 chevaux.

Tous ces tuyaux ont une longueur excédant 0m.305, étant cuits.

Les détails qu'on vient 'de lire sur les prix de revient et de vente des tuyaux sont ceux que nous avons donnés dans la première édition de cet ouvrage. Depuis deux ans la question a marché; des tentatives ont été faites pour obtenir de meilleurs résultats, et le lecteur a sous les yeux les descriptions des nouveaux procédés de fabrication qui ont été imaginés. Nous allons maintenant donner quelques chiffres sur les nouveaux prix de revient.

M. Prou, conducteur des ponts et chaussées, qui a suivi de près l'essai fait au Plessis-Barbe (Indre-et-Loire, canton de Neuvy-le-Roi), par M. Mergez, de la machine à étirer les tuyaux de M. Franklin (chap. XXXVII, p. 222), donne les chiffres remarquablement bas que nous allons résumer.

M. Prou suppose qu'une machine à vapeur de 6 chevaux, consommant en 12 heures 100 kilogr. de houille seulement (*lkil Ji par cheval et par heure, chiffre bien faible, que donnent rarement les meilleures machines à vapeur), conduit -4 machines Franklin, plus les wagons posés sur rails et destinés à transporter l'argile à main-d'œuvre et à enlever les tuyaux au fur et cà mesure de leur confection, etc. La force motrice doit être, selon M. Prou, estimée à 5 fr. pour 18,000 tuyaux, soit 0f.10-i par 1,000.

L'étirage, le séchage et le roulage, par chaque machine produisant 12,000 tuyaux, coûteraient :

Un quart de journée du mécanicien chargé du service de la machine à vapeur lf.50

Une journée d'un enfant employé à couper les tuyaux 1 .00

Une journée d'enfant employé à enlever les tuyaux coupés et à les placer sur des wagons qui les transportent au séchoir 1 .00

Une journée de deux enfants employés au séchoir à calibrer et à ranger les tuyaux 2.C0

Une journée de deux ouvriers employés, l'un à la carrièie pour charger l'argile sur les wagons, l'autre à charger l'argile dans la machine 4.00

Réparations et frais divers : 1 . 25

Total pour 12,000 tuyaux 10-75

Soit pour 1,000 tuyaux 0-896

La cuisson, au Plessis-Barbe, dure 21 jours, y compris le temps du détournement et de l'enfournement; elle s'effectue dans un four carré, ayant 3m.75 de côté, 3 mètres de hauteur, 42 mètres cubes de capacité, avec 3 foyers en dessous.

Ce four contient 40,000 tuyaux seulement. On voit qu'avec la production supposée dans le compte de M. Prou il faudrait 25 fours pour cuire la production journalière de 4 machines Franklin. En tout cas, une cuisson au bois coûte à If. Mergez 260 fr., soit, par 1,000 tuyaux, 6f.50.

En résumé, le prix de revient de 1,000 tuyaux serait, d'après M. Prou :

Force motrice • 0f • 1 04

Étirage, séchage, roulage 0.89G

Cuisson 6 . 500

Tolal 7.500

Sauf la cuisson, tous les frais sont évidemment établis trop bas, ou peut-être même complètement négligés, comme, par exemple, le piochage ou le prix de la terre, les frais généraux, les impots, etc. Cette remarque, qui

• PRIX D^ RETIENT BT VENTE DKS TUYAUX. 441

peut s'appliquer à un grand nombre d'évaluations, nous a engagé à rechercher le compte môme d'une usine donnant l'état réel des choses d'après l'expérience de plusieurs années. Il est évident cependant que Ton n'a, de cette façon, que les résultats d'une situation particulière.

M. Chauviteau, ancien élève de Grignon, avait fondé en 1852, aux portes de Paris, commune de Maison-Blanche, route de Choisy-le-Roi, n° 36, une usine à tuyaux montée sur un véritable pied agricole. C'était peut-être une faute; car, près de Paris, il faut être, avant tout, industriel. Une tuilerie ou briqueterie opérant sur une grande échelle, et donnant des produits d'une valeur assez élevée, pouvait réussir, tandis qu'une usine destinée à fabriquer en petite quantité des objets d'une faible valeur devait, selon nous, inévitablement ne pas faire ses frais. Nous comprenons donc parfaitement qu'elle se soit fermée à la fin de 1855, ainsi que celle créée en face par la Compagnie générale de Drainage et d'Irrigation qu'avait fondée M. Liroy d'Airolles, et qui est entrée en liquidation à la fin de la même année.

L'usine de M. Chauviteau fabriquait par an 500,000 tuyaux échantillonnés sur 0m.0i0 de diamètre intérieur. La campagne de fabrication durait de 6 à 8 mois, soit, en moyenne, 7 mois.

Le capital engagé en outillage était de 8,000 fr.; le capital circulant était de 20,000 fr. et le loyer de 1,600 fr.; pour renouveler le bail, le propriétaire des lieux demandait 2,000 fr. Les frais généraux comprenaient en outre : les impôts, un contre-maître, un chef d'équipe, un charretier et deux chevaux; ce qui donne en tout :

Intérêts du matér'ul à 10 pour 100 800 fr,

Intérêts pendant 6 mois, à 5 pour 100 l'an, du capital roulant. 500

Loyer 1,600

A reporter. 2,9 do

Report 2,900 fr.

Impôts 200

I contre-maître 1,500

1 chef d'équipe 1,200

1 charretier 1,200

2 chevaux 1,600

Total 8,C00

soit 17f.20 par 1,000 tuyaux.

Le personnel des ouvriers se composait d'un épurateur, d'un étireur et de son aide, de trois enfants rouleurs et de quatre manœuvres.

La terre coûtait d'extraction 3f.50 le mètre cube; elle était transportée à la fabrique par les deux chevaux pendant les cinq mois de chômage de l'hiver. Pendant la campagne de sept mois de fabrication, les deux chevaux donnaient vingt jours de travail de huit heures chaque mois pour le malaxage de la terre. La terre était passée à la grille d'épuration d'une machine Calla par l'ouvrier épurateur qui assortissait l'ouvrier étireur. Les deux ouvriers étaient payés à la tâche selon les prix suivants :

Diamètre intérieur Prix de l'épuration Prix de l'étirage

des tuyaux. pour i. ooo tuyaux. de 1,000 tuyaux.

m. fr. fr.

L'ouvrier étireur avait un aide à son compte ; il te payait lf.2o par jour. Ils fabriquaient ensemble, par jour, au moyen de la machine Calla :

Diamètre intérieur Nombre de tuyaux

des tuyaux. éiirés par jour,

0060 3,000 à 3, ICO

Les tuyaux étaient coupés à 0m.3o de longueur, de manière à avoir 0m.32 à 0m.33 après la cuisson.

L'étireur gagnait 4f.50 par jour sur les petits tuyaux de 0m.025; il n'était pas assez payé pour l'étirage des gros tuyaux.

Avec I mètre cube de terre, exempt de déchets, après l'épuration, on produisait :

Diamètre intérieur Nombre de tuyaux

des tuyaux. étirés par jour,

Le séchage se faisait à la journée; son prix variait suivant la température extérieure, qui exigeait qu'on donnât plus ou inoins de soins; il revenait en moyenne à lf.501e mille.

Le roulage, effectué à la tâche, était payé les prix suivants :

Dianièlrc intérieur rrix du roulage

des tuyaux. dei.ooo tuyaux.

ir. fr.

Le four employé était carré et voûté; il avait pour dimension 3m.25x3m.25x3m.25 = 33.32 mètres cubes; il pouvait contenir 40,000 tuyaux. On faisait deux cuissons par mois. L'enfournement exigeait trois journées de dix heures, et il se faisait à la journée par quatre hommes, payés 2f.50 chacun, et deux enfants, payés lf.25. Une fournée brûlait 3,500 à 3,800 kilogr. de houille, ou 45 à 47 hectolitres, coûtant, rendus, 44 fr. les 1,000 kilogr., plus 7hccL.5 d'escarbille, coûtant 4 fr. environ.

D'après tous ces détails, le prix de revient de 1,000 tuyaux de 0m.025 de diamètre intérieur s'établit ainsi :

Achat de la terre lf.40

Transport 0.60

Chargement et déchargement 0.60

Epuration 0-75

Étirage 1 .00

Soins an séchage 1 . 50

Roulage 0.75

Transport au four et enfournement 0.90

Combustible 4.00

Main-d'œuvre pendant la cuisson 0.75

Détournement '. o.75

Mise en tas 0.25

Déchet (8.5 pour 100) 0.60

Total des frais spécial) x 13.85

Intérêts et frais généraux 17.20

Total 31.05

Les prix de vente étaient, à l'usine, en 1854 :

Diamètre Poids Nombre de tuyaux Nombre

Intérieur Prix de vente dei.ooo placés debout dans de tuyaux dans

des tuyaux. de 1,00c tuyaux, tuyaux. I mètre carré. i mètrecubc.

m. fr. kil.

0 050 35 l,roo 250 750

On voit que les frais généraux, répartis sur une trop faible production, absorbaient au delà de l'excédant du prix de vente sur les frais spéciaux de fabrication.

Une pareille usine n'aurait pu se soutenir qu'en faisant des briques tubulaires.

Voici le prix de vente de pareilles briques chez M. Borie, à Paris^ rue de la Muette, nos 35 et 37 :

N'ombre

Quantité

Quantité

Prix

de tubes

I\>i(ls

par mètre

par mètre

par i.ooo

Dimensions

dans

des

carré

carié

rendu dans

des briques.

les briques.

briques, kil.

sur champ.

à plat.

Taris, fr.

15X0.04 XO.

11X0. n xo

11X0.11 xo

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