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Pour compléter les détails que contient ce chapitre, nous ajouterons encore un extrait du rapport que nous avons fait, au nom du Jury d'agriculture, sur les tuyaux de drainage qui figuraient à l'Exposition universelle de Paris en 1855. Cet extrait fait connaître quelques faits nouveaux sur la fabrication des tuyaux en France et à l'étranger.
« Un bon tuyau de drainage doit avoir de 0m.30 àOm.35 de longueur, et son diamètre intérieur, variable avec la quantité d'eau dont il doit assurer l'écoulement, ne doit guère descendre au-dessous de 0n,.03. Il doit y avoir absence de rugosités ou de bavures dans l'intérieur, particulièrement aux extrémités, dont la coupe doit être nette et droite. Quand on frappe deux tuyaux l'un contre l'autre, on doit entendre un son clair et argentin, qui dénote une cuisson bien complète, l'absence de fissures et de pores trop nombreux, dans lesquels s'introduirait l'eau, pour exercer une détérioration lente sans doute, mais fatale. Le
plus souvent les terres avec lesquelles les tuyaux sont fabriqués sont marneuses, contiennent du carbonate dechaux. Si le calcaire est en grains assez forts, si le broyeur et le malaxeur n'ont pas réduit ces grains en parcelles très- fines, si le crible n'a pas arrêté les trop gros au passage, il en résulte que, pendant la cuisson des tuyaux, ils se réduisent en chaux caustique et laissent un vide autour d'eux, un pore qui plus tard se remplira d'eau. Alors la chaux s'hydratant augmentera de volume et causera la friabilité de la poterie. Les pyrites existant dans les terres employées, en se sulfatisant plus tard, produiront le même effet que la chaux. L'expérience a montré qu'un certain nombre de tuyaux s'effritent ainsi peu de temps après leur placement dans les tranchées; la continuité de l'écoulement de l'eau venant à cesser, l'opération du drainage s'est trouvée compromise ou perdue. Un des exposants qui ont le plus fait pendant la durée de l'Exposition pour la propagation du drainage, M. le marquis de Bryas, a appelé avec raison l'attention sur ce sujet.
« Le Jury a mis :
« Au premier rang, pour médailles de lre classe, les tuyaux exposés par MM. le vicomte de Rougé, Chevigny, l'Association agricole de l'Oise, en France; MM. le prince de Schwarzenberg et le prince Auesberg, en Autriche; M. Maurice Lerber, en Suisse;
« Au deuxième rang, pour médailles de 2e classe, les tuyaux exposés par MM. Nonclère-Briquet, Guilhaumon- Javelle, Agache, Clamageran et Roberty, Robert et Loraux, Mme veuve Champion, en France; MM. le comte Andrasy, comte Hompesch, baron Doblhoff, Schœller, comte Stockau, comte Wrbna, Miesbach, l'administrateur du domaine privé de S. M. l'empereur François, à Holitsch, l'Administration impériale des Salines de Gmunden, comte
de Condcnhove, en Autriche ; Van Mullmann, en Prusse;
«Au troisième rang, pour mentions honorables, les tuyaux de MM. de la Hodde, Ferry, Wakerme, Garville, Dlot et Leperdrieux , Genest, Lyons, Froux, en France ; Mikolesohi, en Autriche.
« Le grand nombre de récompenses décernées aux personnes qui ont entrepris la fabrication des tuyaux de drainage témoigne de l'importance que le Jury d'agriculture donne à une industrie qui s'est fortement développée depuis dix ans surtout, mais qui est encore trop peu étendue, à en juger par la difficulté que les agriculteurs qui veulent drainer leurs terres trouvent à se procurer la matière première de tout bon travail de drainage.
« Parmi les tuyaux exposés, il en est quelques-uns qui méritent une mention particulière.
« Le bas prix des tuyaux est une chose tout à fait désirable, si elle est obtenue sans nuire à la solidité. Il paraît possible de réunir les deux conditions, si l'on s'en rapporte aux déclarations de quelques-uns des exposants dont nous venons de citer les noms. Tandis que les premiers tuyaux fabriqués dans chaque pays se vendent 30 francs et même 40 francs le mille, pour la plus petite dimension, on voit, au bout de quelque temps, les prix se niveler et descendre à 20 et même à 15 ou 14 francs. Voici, par exemple, quelques prix relevés parmi ceux des tuyaux de très-bonne qualité que le Jury a remarqués :
a Tuyaux exposés par M,ne veuve Champion, à Pontchartrain (Seine-et-Oise), France. — 0m.32 de longueur.
Diamètre extérieur.
Diamètre intérieur.
Prix
des
i.ooo tu vaux
fr.
« Tuyaux exposés par M. Chevigny, à Bèze (Gôte-d'Or), France. — 0m.31 de longueur.
Diamètre extérieur.
Diamètre intérieur.
Prix des i.ooo tuyaux
fr.
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«Tuyaux exposés par M. Van Mullmann, à Zeche-Plato, près de Siegburg (Prusse rhénane). — 0m.31 de longueur.
Diamètre extérieur.
Diamètre intérieur.
Prix des 1,000 tuyaux,
fr.
« On peut aller beaucoup plus bas que ces chiffres; ainsi, l'administration impériale des Salines de Gmunden, dont M. le chevalier Plezver est le directeur, vend les 1,000 tuyaux, de 0m.3o de diamètre, au prix de 8 francs seulement.
« Le Jury a regretté de ne pas connaître le prix des tuyaux exposés par M. de Lerber, à Romainmotier, canton de Vaud (Suisse), qui étaient dJune beauté remarquable, et dont la valeur eût montré jusqu'à quel point la perfection, dans ces sortes de produits, peut se concilier avec un coût peu élevé. Le Jury pense cependant qu'il serait possible d'abaisser les prix actuels, sans rien enlever à la bonne qualité. Certains perfectionnements introduits dans quelques fabriques paraissent ne laisser aucun doute à cet égard. De ces perfectionnements, les uns sont relatifs au mode de cuisson, les autres à la composition de la terre. Parmi ceux-ci nous citerons l'emploi d'une petite quantité de sulfate de soude, imaginé par M. Paul Thénard, et ap-
pliqué par M. Chevigny, à la fabrique de Bèze (Côte-d'Or). Au lieu de mouiller avec de l'eau pure les terres dont le mélange doit constituer la pâte à tuyaux, M. Thénard a eu l'idée de les mouiller avec une dissolution de sulfate de soude, chargée de manière à y introduire 0.5 à 1.5 de sulfate de soude réel pour 400 kilogrammes de terre cuite. On conçoit que l'addition de ce fondant rend la cuisson plus rapide, ce qui procure une économie de combustible, qui fait, en grande partie, compensation à l'augmentation de dépense causée par l'emploi du sel. Elle donne, en outre, aux produits, en liant davantage leurs divers éléments, une solidité qui permet d'en réduire l'épaisseur, et, par suite, le poids. Cette innovation sera surtout utile dans les fabriques dont les terres laissent à désirer. »