CHAPITRE VI
Drains en bois
Le bois de pin a été proposé, il y a quelques années, en Angleterre, pour la construction des drains. En France, l'usage de ce bois pour le drainage remonte à une époque reculée. Voici ce que dit à ce sujet M. Laure, que nous avons déjà cilé dans le chapitre précédent : « Dans les terrains privés de pierres, on construisait anciennement les ouïdes avec des pins. Je n'en ai jamais établi ainsi ; mais, dans mes défoncements, j'en ai trouvé qui, certainement, avaient été faits depuis plusieurs siècles. On sait que les pins enfouis tout verts sont impérissables. Voici comment on opérait, à en jugerpar ceux que j'ai trouvés. On coupait dans les forêts ou bien on achetait des pins d'un diamètre moyen de 0"'.10 àOm.12, et le nombre en était déterminé par l'étendue du terrain cà dessécher. On plaçait ces pins, sans les écorcer, un de chaque côté au fond de la tranchée, et un troisième au-dessus des deux autres, en ayant soin de mettre le gros bout de ce troisième sur les petits bouts des deux premiers. Nécessairement, il restait un vide entre les trois pins. Ces ouïdes eussent été éternels, si on avait mis sur les pins 0m.25 à 0m.30 de pierrailles. Par le manque de ces pierres, ils s'étaient engorgés de terre. »
En Suisse, on draine depuis longtemps avec des pins employés de la manière qu'indique M. Laure.
En Angleterre, M. Scot, de Craigmuie, construit les tuyaux de bois de pin en clouant ensemble quatre planches de 0m.025 d'épaisseur, de manière à en former un canal rectangulaire de 0m.05 de côté intérieurement, et de 0mJO extérieurement. Les planches sont percées de trous d'in-
tervaile en intervalle, pour permettre l'introduction de l'eau dans le drain (fig. 22).
M. Fowler, de Melksham, dans le Wiltshire, a réalisé à
Fig. 22. — Drains en planches de bois de pin percées de trous.
cet égard une idée qu'avait eue quelques années auparavant M. Saul , de Garstang, dans le Lancashire. Il a construit des drains en débitant, à l'aide d'une scie circulaire, des billes de bois commun en parallélipipèdes rectangulaires de O^.OOo de côté. Les billes découpées sont ensuite entraînées par un chariot mobile sur un banc de tour où elles sont présentées à une mèche mue par le tour, qui les fore dans toute leur longueur sur un ou plusieurs pieds anglais. Les tuyaux obtenus sont en outre percés de trous de distance en distance, pour faciliter l'introduction de l'eau. Avant d'être employés, ils sont plongés dans un bain de goudron pour augmenter leur durée. Ces tuyaux sont introduits dans le sol à l'aide de la charrue de drainage de MM. Fowler et Fry, que nous décrirons plus tard. Ces tuyaux de bois ne reviennent , chez M. Fowler, qu'à îO fr. les 1,000 bouts de 0m.30 de longueur. A ce prix, le drainage à tuyaux de bois est moins cher que le drainage à tuyaux de poterie. Nous ne doutons donc pas que, dans certaines contrées où le bois est presque sans valeur, on ne puisse se servir de pareils tuyaux. Il resterait à savoir s'ils auraient la même durée que les tuyaux en poterie cuite.
DRAINS EN FASCINES. 67