‹ Drainage des terres arablesChapitre 4 sur 166 · DEFINITIONS · texte numérisé non relu

DEFINITIONS

rie, longs de quelques décimètres seulement, et placés sous terre à une profondeur moyenne de lm.20, tout simplement bout à bout, suivant une pente faible.

Mais comment peut se faire l'écoulement de l'eau dans une telle conduite de poterie? C'est une question qui nous a été plus d'une fois adressée. A une époque récente encore, en 1852, un habile cultivateur de Glermont-Ferrand, M. Doniol, nous écrivait : «Les mots nouveaux employés par la science mettent bien souvent dans l'embarras la plupart de ceux qui lisent. Quand, dans le Journal d'Agriculture pratique, vous avez indiqué le drainage comme un puissant moyen d'assainir les terres trop humides; lorsque vous avez préconisé les avantages qu'on en retirait en Angleterre et en Belgique , vous avez piqué ma curiosité , tout en préoccupant grandement mon esprit. Étant parvenu à savoir que le drainage n'était autre chose que ce que nous exécutons en Auvergne de père en fils, et que nous nommons, avec Olivier de Serres, chaussées souterraines , jai éprouvé un certain mouvement de satisfaction; je me suis dit : Passons! — Mais ne voilà-t-il pas que vous annoncez, comme le moyen le plus efficace et le moins dispendieux, l'emploi, à cette fin, de tuyaux d'argile ! J'ai vainement cherché à m'expliquer comment l'eau qui est en excédant sur toute une surface pouvait pénétrer dans ces tuyaux; je n'y suis pas parvenu. Sans doute, ai—je pensé, si cette eau surgit sur un seul point, et, faute d'écoulement, se répand sur toute l'étendue du champ, il est facile, après l'avoir recueillie par un travail fontainier, de l'introduire dans les tuyaux et de la conduire sur un point inférieur. Mais, s'il en est autrement; si, au lieu d'une seule source à emmener, on en a plusieurs à combattre ; si l'excédant d'eau, après la saturation normale du sol, n'est que le résultat produit par des pluies trop abon-

dantes, pendant certaines années et dans certains cantons, comment, encore une fois, les petites sources multipliées pourront-elles pénétrer et trouver un écoulement à travers la ligne des tuyaux? En supposant que les bouts de tuyaux ne soient pas bien contigus , et qu'il y ait d'abord possibilité que les eaux s'infiltrent par les faibles ouvertures laissées lors de l'établissement du drainage, la terre ne s'introduira-t elle pas aussi dans les tuyaux, ou bien ne bouchera-t-elle pas les joints? Dans les deux cas, on aura fait une œuvre dispendieuse et inutile. »

De tels doutes, émis par un cultivateur très-instruit, nous prouvent qu'il y a beaucoup à dire encore pour convaincre nos agriculteurs de l'utilité du drainage, pour leur faire bien comprendre ses effets. D'un autre côté, on nous adresse d'innombrables questions sur la manière de faire les tuyaux, sur le choix des terres à poterie, sur la meilleure des machines à employer pour mouler les tuyaux, sur le degré de cuisson, sur les prix de revient, sur les résultats à attendre, etc., etc. Ce ne sont pas les travaux de placement des drains qui paraissent en général les plus difficiles à comprendre et à exécuter. Les nombreux écrits qui ont déjà paru sur ce sujet, beaucoup d'articles qui ont été insérés dans le Journal d'Agriculture pratique , ont édifié la plupart des cultivateurs. Mais un grand nombre de points d'exécution restent encore à expliquer, et on nous impose le devoir de traiter la question dans son ensemble, en nous aidant de toutes les publications faites jusqu'à ce jour et de l'expérience acquise par les praticiens.

Nous ne laisserons pas de côté la partie historique du sujet, quoique bien souvent déjà on ait raconté l'origine du drainage. Il y a à cet égard plus d'une injustice à réparer. Nous devons rendre à chacun ce qui lui appartient, tirer de l'oubli des dévouements ignorés pour les signaler

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