CHAPITRE XYI
Machine de Scragg
La figure 81 donne une idée de la forme générale de la machine de M. Scragg, de Tarporlcy, qui est fort estimée.
Fig. 81. — Machine de Sera™.
En ce moment, M. Laurent, rue de Lancry, à Paris, en construit plusieurs, d'après les conseils de M. le général Morin, directeur du Conservatoire des Arts et Métiers; il les établit pour le prix de 1000 fr. ; elles ne coûtent en Angleterre que 750 fr. La machine est montée sur un banc où sont placées deux boîtes rectangulaires, ayant chacune 0m.(25 de profondeur, sur 0m.50 de longueur et 0m.30 de largeur, soit 37'"' .05 de capacité. Elles sont toutes deux fermées à leur partie supérieure par un couvercle à charnière, comme dans la machine de M. Williams ; mais ces couvercles sont simplement maintenus par de forts taquets. Deux pistons rectangulaires en fonta sont attachés aux deux bouts d'une même crémaillère horizontale, conduite par un pignon a de vingt dents, monté sur le même arbre qu'une roue b qui en compte quatre-vingts. Cette roue ,
de son côté, est conduite par un pignon c, muni de douze dents. Cette roue b , la crémaillère et les deux pignons a et c, sont cachés par une boîte en bois mince A, qui recouvre ces parties de la machine.
Le pignon c est monté sur l'arbre de la grande roue extérieure d de quatre-vingts dents, que montre le dessin. Cette roue d est enfin conduite par un pignon e de quinze dents, que montre aussi le dessin , et qui est mû directement par la manivelle K. Lorsque la manivelle tourne dans un sens, elle entraîne le pignon e, qui à son tour fait tourner dans le même sens la roue extérieure d; en conséquence, le pignon c tourne encore dans le même sens et fait mouvoir la roue b, qui, en tournant, entraîne le pignon a. La crémaillère est donc entraînée, et enfonce un piston dans l'une des boîtes, tandis qu'elle retire le second piston de l'autre boîte.
Dans quelques-unes des machines de Scragg, la crémaillère est remplacée par deux chaînes qui s'enroulent sur un arbre placé au milieu de la machine et s'attachent à chacun des pistons. Cet arbre est encore commandé par deux engrenages et deux pignons. Lorsque l'arbre tourne dans un sens, il enroule une chaîne et fait dérouler l'autre. De cette façon, un piston rétrograde en appuyant sur une tige en fer horizontale qui pousse l'autre piston, comprimant alors la terre. Ces dispositions ne nous semblent présenter aucun avantage.
On met de l'argile dans l'une des boîtes tandis que le moule de l'autre débite des tuyaux qui glissent sur une table à rouleaux de bois, où ils sont coupés de longueur par des fils de fer. La seconde boîte se trouve chargée et prête à fournir des tuyaux juste au moment où la première est vidée, et on n'a plus alors qu'à faire tourner la manivelle en sens contraire. Le dessin ne montre que l'une des deux tables
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sur lesquelles glissent les tuyaux. On fait maintenant, diton, avec cette machine, 2000 tuyaux à l'heure, et il suffit pour la manœuvrer d'un homme pour tourner la manivelle, d'un enfant pour remplir l'une des boîtes , et d'un second enfant pour couper et enlever les tuyaux que débite l'autre boîte.
Les trois machines de Clayton, Scragg et Whitehead ont eu chacune une prise-médaille à l'exposition universelle de Londres, en 1854.