CHAPITRE XVII Machine de Brodie
On sera frappé de la grande analogie qui existe entre les machines que nous venons de décrire. Chaque fabricant emploie des engrenages un peu différents , mais sans s'appuyer sur de nouveaux principes. Le nom des machines change, sans qu'on puisse apercevoir de grandes modifications dans leur construction. Quelquefois les légères modifications qu'on apporte sont loin de constituer des améliorations. C'est ainsi, par exemple, que nous trouvons les dispositions adoptées par M. William Brodie, d'Airdrie (Ecosse), fort inférieures à celles auxquelles on s'est arrêté dans la machine de Scragg.
Les deux coffres à argile, en effet, sont à coté l'un de l'autre, comme les deux corps de pompe des machines pneumatiques. Les pistons sont commandés par un axe coudé dont les deux coudes sont opposés. L'un des tourillons de l'axe porte un engrenage dirigé par un pignon dont l'arbre reçoit aussi une roue dentée, commandée par un pignon que fait tourner une manivelle. En donnant à
la manivelle un mouvement de rotation toujours dans le même sens, on obtient un mouvement alternatif de va-etvient pour chaque piston, car l'un des coudes fait avancer l'un tandis que l'autre^coude fait reculer l'autre. Afin d'éviter de remplir les coffres trop souvent, le constructeur a été obligé de faire des coudes trop prononcés; il en résulte que, lorsque ces coudes sont dans le plan vertical, la résistance, agissant sur un très-long bras de levier, est considérable. Pour obvier autant que possible à cet inconvénient , le constructeur a placé sur l'arbre de la manivelle un engrenage qui , par l'intermédiaire d'un pignon , fait tourner un petit volant chargé de conserver la vitesse acquise et de faire franchir les joints morts. Mais toutes ces dispositions ne font que compliquer l'appareil , et elles ne lèvent pas la difficulté que l'on rencontre à remplir les coffres à temps pour qu'ils ne travaillent pas à demicharge. Cette machine ne nous paraît donc pas devoir être recommandée. Elle a été importée pour être placée dans la galerie de l'Institut agronomique de Versailles. Lors de la destruction de cet établissement, on l'a transférée à l'école régionale de la Saulsaie. On l'a employée en Angleterre à cribler la terre dans l'une des boîtes, et à étirer les tuyaux dans l'autre seulement. On la faisait marcher à l'aide d'une machine à vapeur, et elle produisait 16,000 tuyaux par jour.