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CHAPITRE XXTI

Machins de Champion

Pétrir et malaxer la terre, et la mouler en même temps, telle est l'idée que l'on trouve appliquée dans les premières machines à faire des tuyaux de drainage, de Read etTweddale; c'est celle aussi qui a été mise à profit, d'une manière heureuse, dans une machins (fig. 91 et 92) in-

Fig 91 — Projection verticale de la machine de Champion.

ventée dès 1846 par un fabricant français, aujourd'hui décédé, AI. Champion.

L'argile est déposée sur un disque horizontal en fonte , de l,n.w20 à l,n.o0 de diamètre. Ce disque est porté par un arbre vertical qui reçoit son mouvement d'engrenages convenables mus par un manège à un cheval. Le disque tourne ainsi avec une assez grande vitesse et entraîne l'argile dans une boîte fixe, placée au-dessous. Cette boîte n'a pas de fond inférieur; une de ses parois verticales, dirigée à peu près suivant un rayon du disque, laisse entre sa base inférieure et la surface du disque un intervalle de quel-

ques millimètres, tandis que le disque, en tournant, affleure toutes les autres parois verticales de la boîte. C'est par cet intervalle que l'argile s'introduit en se pétrissant, et s'accumule dans cette sorte de réservoir, d'où elle ne peut sortir qu'à travers des filières convenablemeut disposées pour la fabrication des tuyaux. Le manège imprime en même temps le mouvement à un tonneau broyeur que laisse apercevoir la figure 92. Le prix de cette machine est

Fig. 92. — Projection horizontale de la machine Champion.

de 700 fr. M. de Villeneuve, rapporteur du jury des instruments au concours national de Versailles, en 4850, la juge ainsi : «Rien de plus simple que l'établissement de cette ingénieuse machine, qui n'est pas entravée même par des pierres mêlées à l'argile , ces pierres se trouvant arrêtées au passage étroit qui précède la matrice du tuyau. Mais le perfectionnement de l'idée conçue par M. Champion a été suspendu par sa mort. Il faut une argile malléable. Un ouvrier doit toujours être occupé à garnir d'argile la partie la plus voisine de la filière, et le frottement énorme ne permet qu'une marche assez lente. Serait-il

MACHINE l)i: CHAMPION.

possible de perfectionner le jeu de l'appareil sans le compliquer ? C'est une discussion que la Commission ne peut aborder.

« Mais une construction aussi simple, qui semble réduire à des proportions si modestes l'établissement d'un f'abri-

Fiy. 9?.— Machine à malaxer de Mme veuve Champion.

cant de tuyaux , ne dût-elle utiliser qu'imparfaitement les moments perdus de nos paysans, pourra être considérée comme une précieuse conquête; et, si les difficultés de la cuisson venaient à être diminuées pour la confection des tuyaux en ciment , il y aurait , par cette machine française, un genre de fabrication de drains s'adaptant merveilleusement aux petits domaines qui morcellent la superficie du sol de notre patrie... M. Léger, maître ouvrier chez ma-

dame veuve Champion, à Jouars-Pontchartrain (Seine-et- Oise), bien loin de délaisser l'aielier de la veuve, loin de chercher à s'approprier les secrets auxquels son maître l'avait initié, a offert le concours de ses efforts dévoués à celle qui héritait d'une pensée qu'elle ne pouvait personnellement exploiter. »

Cette même machine était présentée à l'Exposition universelle de 1855 par madame veuve Champion pour l'épuration et le malaxage de la terre. Elle a parfaitement fonctionné dans les expériences faites à Trappes par le Jury international. La figure (.>3 représente le malaxeur tel qu'il se trouvait alors. Une poulie E fait tourner un pignon d'angle qui entraine la roue horizontale D, et, par suite, le disque A. La terre placée sur ce disque passe sous le couteau diamétral B, qui peut être descendu plus ou moins par la coulisse C, appuyée sur la paroi verticale de la boîte, dans laquelle on jette tout simplement avec une pelle la terre à épurer.

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