‹ Drainage des terres arablesChapitre 77 sur 166 · CHAPITRE XX VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX VI

Machins de Berlin- Go dot

Inventer une machine à étirer les tuyaux qui coûtera un prix aussi minime que possible, tel a été le vœu de beaucoup d'agriculteurs français, de beaucoup d'amis du progrès. On a pensé que la rapide propagation du drainage pourrait dépendre de la réalisation de cette condition. Peut-être n'était-ce pas voir la question de son côté le plus élevé; car il n'importe pas autant d'avoir beaucoup de machines travaillant très-peu que d'en avoir un moindre nombre faisant beaucoup de tuyaux. Cependant, dans les localités situées loin de toutes les voies de communication perfectionnées, de petites machines à très-bas prix, achetées par des cultivateurs forcés de faire eux-mêmes leurs tuyaux afin de drainer de petites étendues de terres, pourraient rendre des services réels.

M. Bertin-Godotj de Soissons, a cherché à résoudre le problème que nous venons de poser par l'invention de la

MACHINE DF BKIIT1N-G0D0T.

petite machine dont nous donnons le dessin (fig. 08). Un tort bâti supporte une caisse rectangulaire en bois de chêne, solidement ferrée, en avant de laquelle se trouve la filière C. La boite étant fermée par un couvercle également en bois, on assujettit celui-ci par un loquet à poignée A pénétrant dans une grosse griffe. Alors un homme saisit un long levier 13, qui était jusqu'alors vertical, et l'amène à

Fig. U8. — Machine de Berlin-Godot.

la position horizontale. Ce parcours d'un quart de cercle fait avancer un piston dans la boîte carrée, et la terre dont celle-ci est remplie sort en se moulant en deux tuyaux qui glissent sur une table à rouleaux. Des fils de laiton D, qu'on abat ensuite, coupent les tuyaux de longueur.

La figure U(J donne, sur une échelle plus grande, l'expli-

cation du mouvement du piston. On voit que le levier L, en faisant tourner, quand on l'abaisse, Taxera, fait passer de la position verticale à la position horizontale une bielle C articulée avec une tige qui elle-même est articulée à ses extrémités avec la tête du piston. Celui-ci est alors forcé de

Fig. 99. — Mouvement du piston dans la machine deBertin-Godot.

se mouvoir. Deux tiges échancrées font fonction de coulisses, qui, appuyées sur Taxe aa, maintiennent le piston dans une ligne droite avec la boite à glaise. Le mouvement circulaire alternatif du levier L est ainsi changé en un mouvement rectiligne alternatif, ou de va-et-vient, du piston P. Cette machine ne coûte que 250 francs; mais le bon marché n'est-il pas ici un appât trompeur, comme nous l'a écrit M. Laffiley, secrétaire du Comice agricole des arrondissements réunis de Melun, de Provins et de Fontainebleau (Seine-et-Marne)"? Avec les terres extrêmement ductiles la machine fonctionne bien, et nous avons vu au concours de la Ferté-sous-Jouarre, en 1854, qu'un homme abattait le levier sans aucune peine. A la tuilerie de M. de Rothschild, située à Pont-Carré, près de Ferrières, M. Laffiley a reconnu que deux hommes vigoureux avaient au contraire beaucoup de peine à abaisser le levier, à cause de l'emploi d'une terre moins bien préparée. Le travail obtenu était

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