‹ Drainage des terres arablesChapitre 78 sur 166 · CHAPITRÉ XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XXVII

îine de Dovie

Nous avons dit précédemment ( chap. XIV, p. 106), d'après un rapport de M. Lefour, inspecteur général de l'agriculture, que la machine de Williams était très-employée en Belgique. M. Leclerc, dans son Traité de Drainage (1), annonce qu'on lui préfère maintenant les machines de Dovie, de Glasgow. «Tandis que la machine de Dovie fait 7,601 tuyaux, dit M. Leclerc, celle de Williams ne produit, avec un personnel sensiblement égal, que 5,676 tuyaux de même calibre; il y a donc, en faveur de la première, une différence de 33 pour 100.»

Une telle déclaration, due à un homme si compétent , nous impose le devoir de parler avec détail des machines de Dovie, qui sont ou à simple caisse ou à double caisse. La première coûte 600 francs et la seconde 750, avec les accessoires. Nous ferons un extrait de la description donnée par l'ingénieur belge.

La machine de Dovie à simple caisse est représenté par la figure 100. « Elle se compose, dit M. Leclerc, d?une caisse en fonte, parfaitement alésée à l'intérieur, d'une capacité d'environ 34 litres, dans laquelle se meut horizontalement un piston dont la tige est formée par une crémaillère en fer. Cette tige est mise en mouvement au moyen d'une manivelle, par l'intermédiaire d'un système

de roues dentées et de pignons convenablement combinés pour grandir l'effort du moteur qui travaille sur la manivelle. La caisse est fermée en avant par un couvercle en fonte, qui peut glisser entre deux coulisses pratiquées dans le dessus des parois latérales de la caisse. Ce couvercle porte sur sa face supérieure une crémaillère. Quand on veut le faire glisser dans les rainures pour ouvrir la boite, on pousse l'arbre de la manivelle dans le sens de sa longueur, de manière à faire engrener le petit pignon qu'on voit sur la figure avec la crémaillère qui surmonte le couvercle; puis on fait mouvoir celui-ci en agissant sur lama-

Fig. 100. — Machine de Dovie a simple caisse.

nivelle. La paroi d'avant de la caisse est amovible et formée par une plaque en fonte qui compose le moule...

« En avant de la caisse est une table horizontale, composée de plusieurs toiles sans fin, que portent de petits rouleaux en bois bien mobiles, et sur lesquels les tuyaux se placent d'eux-mêmes au sorlir de la machine. Des archets, reliés à une charnière qui règne sur toute la Ion-

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gueur de la toile, portent chacun un fil de laiton tendu fortement, qui coupe les tuyaux lorsqu'on rabat l'ensemble des archets sur la table. Un timbre indique aux ouvriers que le piston est parvenu au bout de sa course.

« La manœuvre de cette machine exige deux hommes et trois enfants, qui travaillent de la manière suivante. Supposons que la terre soit amenée près de la machine en blocs d'environ 0m.40 de longueur sur 0m.25 de largeur et 0.20 d'épaisseur, et que le coffre soit ouvert. Un homme prend la terre et la projette violemment dans la caisse , afin de la tasser fortement et d'expulser l'air aussi complètement que possible. Lorsque la boîte est remplie, on ferme le couvercle, qui, en glissant dans ses rainures, coupe toute la terre en excès sur ce que la caisse peut contenir. On enlève cette terre surabondante, qui gênerait le mouvement de l'arbre de la manivelle; puis l'homme dont nous avons parlé, aidé d'un autre ouvrier, met le piston en mouvement. A mesure que celui-ci avance, la terre qu'il comprime s'échappe par les ouvertures du moule ; les tuyaux qui sortent, en nombre plus ou moins grand suivant leur diamètre, s'appuient sur les toiles sans fin qu'ils mettent d'eux-mêmes en mouvement, et ils s'avancent ainsi jusqu'au bout de la table sans se déformer sensiblement. Lorsque le bout de la rangée de tuyaux atteint l'extrémité de la table, l'un des ouvriers abandonne un instant la manivelle pour abaisser l'appareil qui doit couper les tuyaux de longueur et le relever immédiatement après. Puis le mouvement du piston recommence aussitôt, et l'on continue ainsi jusqu'à ce que le timbre indique que le piston est arrivé au bout de sa course. Un enfant, qui se tient devant la table, enlève successivement toutes les pièces moulées, et les dépose sur des rayons d'environ 1 m.20 de longueur, placés à côté de la machine...

« Deux autres enfauts prennent les rayons à mesure qu'ils sont remplis, et les transportent sous le hangar où doit se faire la dessiccation; ils en rapportent chaque fois un ou plusieurs rayons vides, qu'ils placent à côté de la machine.

« Aussitôt que le piston est parvenu au bout de sa course, on ouvre le coffre comme il a été dit plus haut;, puis, en agissant avec les mains sur la grande roue que 1 on voit sur le côté de la machine , on fait rétrograder le piston et on le ramène à son point de départ ; après quoi on procède au remplissage de la caisse, pour recommencer ensuite toute la série d'opérations que nous avons décrites...

« La machine de Dovie confectionne 4 tuyaux de 0m.25 de diamètre à la fois ; la caisse contient assez de terre pour 57 ou 58 tuyaux de ce calibre et de 0m.32 de longueur. Le temps nécessaire pour faire parcourir au piston toute sa course est d'environ 2m 3% et il faut 1 m 30s pour reculer le couvercle, remplir la caisse, la refermer et enlever les bavures. Cette machine peut produire 9,770 petits tuyaux en 10 heures de travail ; en comptant 770 tuyaux pour les déchets de tous genres, qui n'atteignent jamais un chiffre aussi élevé, il reste encore une production de 9,000 tuyaux par jour. La main-d'œuvre pour mouler 1,000 tuyaux revient donc à 66(:.5, en comptant la journée des hommes à lf. 50 et celle des enfants à lf. Toutefois cela suppose que la terre a été préalablement préparée ; si elle contient des pierres, il faudra employer la machine pendant la moitié du temps à peu près à épurer l'argile, et en tenant compte de ce travail préparatoire, qui exige le concours de trois hommes, la main-d'œuvre, par 1,000 tuyaux, sera portée à lf.65.

« Le travail de cette machine est sujet à des pertes de

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temps considérables, car on a vu qu'après avoir fonctionné durant 2,n 3S le piston subit un repos forcé de lm 30% équivalant à peu près au tiers du temps total, et pendant lequel un ouvrier et trois enfants restent inoccupés. C'est dans le but de faire disparaître, ou du moins de réduire la durée de ces moments d'arrêt, que l'on a imaginé de construire une machine du même système que la précédente avec deux caisses et deux pistons (fig. 101).

Fig. ioi. — Machine de Dovie à double caisse.

a Le travail de la machine de Dovie à double caisse est conduit à peu près comme celui de la machine simple , sauf qu'il exige un personnel plus nombreux. Deux hommes travaillent sur la manivelle, un troisième remplit alternativement chaque caisse; un enfant se tient à l'extrémité de l'une ou de l'autre table pour en enlever les tuyaux , et deux hommes transportent les rayons, qui , dans ce cas , doivent avoir une longueur d'environ 3 mètres , et qui seraient trop lourds pour des enfants.

« Quand l'un des pistons est parvenu au bout de sa

course, les ouvriers qui agissent sur la manivelle la font tourner en sens inverse; le premier piston rétrograde, tandis que l'autre est obligé d'agir sur la terre que contient la seconde caisse. Pendant ce temps, l'ouvrier chargé d'alimenter la machine recule le couvercle de la caisse vide , lequel est mû ici par une petite manivelle et un pignon indépendants. A mesure que le piston recule, l'ouvrier projette de la terre clans la caisse , en sorte que, quand ce pistcn revient à l'origine de sa course, et que celui qui a travaillé est au bout de la sienne, le coffre est à peu près plein de terre; il ne reste plus qu'à le refermer pour que les hommes qui sont à la manivelle puissent aussitôt recommencer leur travail. La perte de temps est réduite ainsi à 10 ou 12 secondes, c'est-à-dire au neuvième environ de ce qu'elle était dans la machine simple.

(.< Chacune des caisses peut contenir la terre nécessaire au moulage de 62 tuyaux de 0m.025 de diamètre, et la machine en fait 13,120 en 10 heures de travail. Déduction faite d'un déchet proportionnel à celui que nous avons admis plus haut, il reste une production d'au moins 12,080 tuyaux par jour.

« Si la terre qu'on met en œuvre n'a pas besoin d'être épurée, le moulage de 1,000 tuyaux reviendra à 70 cent, environ. Dans le cas contraire, on pourra procéder de deux manières différentes : ou bien on travaillera à l'épuration avec les deux caisses à la fois, ou bien l'on fera des tuyaux d'un coté, tandis que de l'autre on préparera la terre. Dans la première hypothèse, en admettant qu'on emploie un jour à passer la terre nécessaire au travail du lendemain, et en remarquant que l'opération demande le concours de quatre hommes, on trouve que la main-d'œuvre revient à lf.20 par 1000 tuyaux. Dans la seconde hypothèse, il faut au moins quatre hommes et deux enfants pour la

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