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CHAPITRE XXX

Machine de Tweddale

L'invention du marquis de Tweddale, de laquelle date l'industrie moderne de la fabrication des tuyaux par les

m vciii.m: de TWEDDALK. 21 j

machines, repose sur l'emploi de deux cylindres d'où l'argile sort laminée en feuilles. Le but que le marquis de Tweddale voulait atteindre était de perfectionner la fabrication des tuiles dans les moules à main, fabrication qu'il avait observée dans son voisinage. Trois ouvriers en général étaient employés au moulage, et leurs efforts réunis ne pouvaient aboutir qu'à produire 1,000 à 1,200 tuiles par jour. L'un de ces ouvriers était simplement employé à préparer des feuilles oblongues pour les adapter aux dimensions du moule. Ce fut d'abord ces feuilles que M. de Tweddale imagina qu'on pouvait obtenir d'une manière continue à Paide des deux cylindres d'un laminoir. Lorsqu'il eut réussi dans cette première invention, il pensa que la feuille continue d'argile recevrait facilement la courbure nécessaire à l'aide de rouleaux et de poulies convenablement agencés. La taille des tuiles à la longueur voulue fut la dernière chose dont il s'occupa. Un cadre mobile dans des coulisses , et formant la partie inférieure d'une tige attachée à un levier, reçut un lil de laiton tendu. Le levier étant mis en mouvement par une roue attachée au moteur principal et munie d'une dent qui agissait à chaque tour, il arrivait qu'à chaque soulèvement du levier par cette dent une tuile était coupée. Mais comme la feuille moulée avançait d'une manière continue pendant le passage du lil du cadre à travers l'argile, il s'ensuivait que les tuiles étaient coupées obliquement , de sorte qu'elles ne pouvaient être mises bout à bout. Pour remédier à cet inconvénient, le marquis de Tweddale ôta trois dents à l'une des roues d'engrenage du laminoir, de manière à obtenir un temps d'arrêt pendant l'opération de la coupe des tuiles. La machine était placée à l'extrémité des séchoirs, où elles étaient conduites par des toiles sans fin mobiles sur des poulies. Mais lorsque les séchoirs avaient une certaine

étendue, ce mode de transport présentait des inconvénients ; les vibrations de la machine et les secousses des toiles sans fin aplatissaient les tuiles. On y a remédié en rendant la machine mobile sur un rail-way , la puissance motrice étant transmise à l'aide de poulies et de courroies. Les tuiles sont transportées d'un seul coup des moules de la machine sur les rayons des séchoirs. Un ouvrier, aidé de quatre enfants, peut faire alors de 6,000 à 8,000 tuiles par jour. Une machine à vapeur de la force de six chevaux est employée à faire mouvoir simultanément le malaxeur et la machine à étirer les tuiles.

Pour faire des tuyaux avec cette machine, on a imaginé, en 1846, de courber complètement les feuilles d'argile laminées, de souder ensuite les deux bords à l'aide de poulies et de rouleaux, puis enfin de polir les bords réunis en faisant arriver les tuyaux formés dans une sorte de lavoir. Mais pendant la dessiccation ou la cuisson les tuyaux se fendent très-souvent. Cependant, comme, dans le comté d'Ayr, les terres se prêtent difficilement à être comprimées dans les boîtes à glaise des machines à piston, cette machine est très-employée. Son prix est de 750 fr.

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