CHAPITRE XXXII
Machins de Beart
M. Beart, de Godmanchester, a inventé une machine à étirer les tuyaux tout à fait analogue à celle de M. Scragg, dont nu us avons donné précédemment la description
(chap. XVI , p. 175) ; ce n'est donc pas de cette machine que nous parlerons. Mais M. Beart a, en outre, imaginé pour les tuiles un moule à main qui présente de l'intérêt. Une boîte de section oblongue, identique pour la grandeur à la tuile à obtenir, est attachée à un cadre de fonte ; elle a un fond mobile ou piston qui, au moyen d'une crémaillère, s'élève ou s'abaisse. La crémaillère est mise en mouvement par un pignon fixé sur un axe que fait mouvoir une roue verticale ayant huit rayons. L'ouvrier abaisse le piston au point le plus bas de sa course, prend une motte de terre glaise de volume suffisant, la jette dans la boîte et l'y tasse à l'aide d'un pilon (fig. 73, p. 159), de façon à ce que toute la boîte soit bien remplie. En faisant mouvoir un arc de cercle, l'ouvrier enlève ensuite facilement toute la terre en excès, et il la polit en dessus. On fait alors tourner la roue l'espace d'un rayon. Un crampon, que porte ce rayon, rencontre un ressort qui l'arrête. Par cette opération, le fond mobile du piston se lève, et la terre est sortie juste de l'épaisseur d'une tuile. L'arc de cercle coupe la feuille, et l'aide de l'ouvrier l'enlève pour la placer sur le chevalet, où on la courbe à la forme voulue, comme dans le mou lage à la main. L'opération se poursuit jusqu'à ce que la boite soit vide. On fait ainsi plus d'une douzaine de tuiles par un seul moulage.