Act. III
By aM
Tbe sublUty, «ad womea. ia jour sex ,
I s^ear that, had you beea a man,*you durst not,
Nay your botd fatbw Htrry durst not this
Hâve doue. — Why say Ihim? Notall the Barrj%
Nor Alexander self, werc he alÎTC,
Sbould boast of saeh a dwd oifÉssex donc
WitfaMtmTeiiSe. . . . . (C^' par Touleur.)
GARAOTÈRE D'ELISABETH. 273
de tous les jours. Un caractère qui s'oublie si aisément n'est plus un caractère, et n'esl pas digne de Timitation dramatique. Dans l'histoire, on peut supposer que ces contradictions sont l'effet d'un déguisement, parce qu'il est rare que l'histoire nous découvre le fond du cœur des personnages ; mais, dans le drame, nous voyons le héros trop familièrement pour n'être pas instruits sur-le-champ du fond de ses sentiments, soit qu'ils s'accordent ou ne s'accordent pa5 avec les actions que nous n'aurions pas attendues de lui. Dans les deux cas, le poète tragique ne saurait tirer un bon parti d'un héros qui se contredit. Si ce n'est pas par déguisement, le caractère s'évanouit; si c'est par dissimulation, le caractère manque de dignité.
L'auteur n'a pas pu commettre pareille faute dans le caractère d'Elisabeth. Cette femme demeure, dans l'histoire, toujours semblable à elle-même, comme peu d'hommes le sont. Sa tendresse même, son secret amour pour Essex, a été traité avec beaucoup de tact; c'est, en quelque sorte, encore un secret, même dans la pièce. Elisabeth ne se lamente pas, comme dans la tragédie de Corneille, sur la froideur et les mépris du comte, sur ses propres feux et sur sa destinée; elle ne parle pas du poison dont l'ardeur la dévore; elle ne gémit pas de ce que l'ingrat lui préfère une Sufifolk, quand elle lui a clairement donné à entendre qu'il ne devait soupirer que pour elle, etc., etc. De pareilles pauvretés ne lui viennent pas sur les lèvres. Elle ne parle jamais en femme amoureuse; mais l'amour dicte ses actions. On ne lui entend pas dire qu'Essex lui a été cher et Test encore, mais on le voit. Quelques étincelles de jalousie la trahissent; sans cela, on la prendrait simplement pour l'amie du comte.
Avec quel art Banks a su mettre en action les sentiments d'Elisabeth I C'est ce qa'on pourra voir par les scènes suivantes, empruntées au troisième acte.
La reine*se croit seule, et songe à la malheureuse contraii)|e de son rang qui ne lui permet pas de suivre les
inclinations de son cœur. Elle s'aperçoit alors de la présence de Nottingham, qui s'est glissée derrière elle.
La Rein£. Toi ici, Nottingham? Je me croyais seule.
NoTTiKGHAM. Reine, pardonnez à ma hardiesse. Et pourtant mon devoir m'ordonne de la pousser encore plus loin. Quelque chose vous afflige; je dois m'informer... Mais auparavant je dois vous demander pardon à genoux de vous questionner... Quelle est la cause de votre chagrin? Qu'est-ce qui peut pher ainsi cette âme si élevée?... Ou bien êtes- vous souffrante?
La R. Relève-toi, je t'en prie. Je me porte très-bien. Merci de ton affection. Je suis seulement inquiète, un peu inquiète... au sujet de mon peuple. Voilà déjà longtemps que je gouverne, trop longtemps pour lui, je le crains. Il commence à se lasser de moi. Il en est des couronnes royales comme des couronnes de fleurs; elles ne plaisent que dans leur nouveauté. Mon soleil est à son déclin; il a été trop chaud en son midi; on se plaint de sa chaleur, on voudrait le voir couché... Mais raconte-moi ce qu'on dit du retour d'Essex.
NoTT. De son retour? On n'en dit rien de bon. Mais de lui...; on le connaît si brave !
La R. Comment, brave? quand il me sert ainsi! Le traître!
NoTT. Sans doute, ce n'était pas bien...
La r. Pas bien! Pas bien? Voilà tout?
NoTT. L'acte est audacieux, criminel.
La r. N'est-ce pas, Nottingham? Tenir si peu de compte de mon ordre? Il méritait la mort. De moindres crimes ont coûté la tète à des favoris plus tendrement aimés.
NoTT. Sans doute; et cependant Essex, bien plus coupable^ s'en tirerait à meilleur marché? Il ne mourrait pas?
La r. Il mourra!... 11 faut qu'il meure, et dans les plus cniels supplices ! Que son châtiment soit exceptionnel, comme sa trahison ! Et ensuite je veux que sa tète et ses membres soient plantés, non pas sous des portes sombres, ni sur des ponts peu élevés, mais au haut des créneaux les plus hauts, afin que tout passant les voie et s'écrie : « Voilà l'orgueilleux et ingrat Ëssex! cet Essex qui défiait la justice de sa souveraine! C'est bien fait! Il a ce qu'il méritait! » — Qu'en dis-tu, Nottingham? N'est-ce pas aussi ton avis? Tu gardes le silence? Pourquoi? Penses-tu à le défendre encore?
NoTT. Puisque vous me l'ordonnez, Reine, je vous dirai les
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discours que Ton tient dans le monde sur cet homme orgueilkux et ingrat.
La R. Fais; conte-moi ce qu'on dit de luii^tde moi.
NoTT. De vous. Reine? Il n'est personne qui ne parle de vous avec admiration, avec enthousiasme. La ren(»nmée d'un saint après sa mort n'est pas plus pure que la louante que toutes les bouches font retentir à votre nom. On ne conçoit qu'un désir, un désir accompagné de larmes brûlantes, qui coulent de la source du plus pur amour pour votre personne : — cet unique vœu est que vous puissiez vivre en repos, mettre un terme aux plaintes qui s'élèvent contre cet Essex, ne pas protéger plus longtemps un pareil traître, ne pas le soustraire plus longtemps à la justice et à l'ignominie qui lui est due; enfin, le livrer à la vengeance..,
La R. Qui donc a quelque chose à me prescrire ?
NoTT. A vous prescrire? Est-ce prescrire quelque chose au ciel, que de lui adresser d'humbles supplications? C'est ainsi qu'on vous implore contre un homme dont les sentiments sont si pervers et si scélérats, qu'il ne daigne même pas user d'hypocrisie. Quel orgueil ! quelle enflure ! et quelle grossièreté, quelle trivialité dans l'orgueil ! C'est comme un laquais qui se pavane dans sa livrée chamarrée! On ne lui conteste pas la bravoure; mais c'est celle du loup ou de l'ours, une bravoure aveugle, sans réflexion et sans prévoyance. Le vrai courage, qui élève une âme généreuse au-dessus des succès et des revers, lui est étranger. La moindre offense le met hors de lui; un rien le met en fureur et en rage; tout doit plier devant lui; partout il veut briller seul, être seul en vue. Lucifer même, qui sema dans le ciel les premiers germes du péché, n'était ni plus ambitieux ni plus impérieux que lui. Mais, de même que Lucifer a été précipité du ciel...
La r. Doucement, Nottingham, doucement 1 Te voilà hors d'haleine. Je ne veux plus rien entendre. (A part.) Sa langue n'est que poison et pustules l (Haut) En vérité, Nottingham, tu devrais rougir de répéter de pareils propos, et de te faire l'écho de la méchanceté du peuple. D'ailleurs, il n'est pas vrai que le peuple dise tout cela. Il ne le pense pas noD plus. Mais . c'est vous, vous seuls, qui voudriez qu'il le dît.
Non. Reine, je m'étonne*.^
La r. De quoi? . .
NoTT. C'est vous-même qui m'avez ordonné de parler».
La R. Tu crois que je n'ai pas vu combien tu désirais recevoir cet ordre? Tu étais toute prête d'avance! Soudain, ton visage s'est enflammé, tes yeux étincelaient, ton coeur trop plein était enchanté de pouvoir déborder; chacune de tes paroles et chacun de tes gestes étaient comme autant de traits bien dirigés, qui m'atteignaient avec lui.
NoTT. Pardonnez, Reine, si j'ai manqué à mon devoir par mon langage. Je le mesurais sur le vôtre.
La R. Sur le mien?... Je suis sa reine. Je suis libre de jouer avec ma créature comme il me plait. D'ailleurs il s'est rendu coupable de l'attentat le plus horrible contre ma personne. C'est moi qu'il a offensée, et non pas toi... Comment ce malheureux aurait-il pu t'offenser? Ce ne sont pas tes lois qu'il a transgressées, tes sujets qu'il a foulés, ta couronne qu'il peut convoiter. Quel affreux plaisir trouves-tu donc à frapper sur la tète d'un malheureux qui se noie^ au lieu de lui tendre la main?
NoTT. Je suis à blâmer...
La r. Assez sur ce sujet!... Sa reine, le monde, le destin même se prononcent contre lui, et cependant il ne te parait digne ni de pitié ni d'excuse?
NoTT. Reine, je reconnais...
La r. Va; qu'il te soit pardonné! Appelle-moi sur-le-champ Rutiand.
(n® lviii, 20 novembre 1767). — Nottingham sort et bientôt après Rutiand paraît. On se rappelle que Rutiand est mariée avec Essex à Tinsu de la reine.
La Reine. Te voilà donc, chère Rutiand? Je t'ai envoyé chercher... Qu'as-tu? Je te trouve bien triste depuis quelque temps. D'où vient ce nuage sombre qui voile ton gracieux visage? Sois gaie, chère Rutiand ; je te chercherai un bon mari.
RuTLAND. Généreuse femme ! — Je ne mérite pas que ma reine abaisse sur moi des regards si bienveillants.
La r. Comment peux-tu parler ainsi? Je t'aime; oui, je t'aime. Tu vas en avoir la preuve. Je viens d'avoir une dispute avec l'aigre Nottingham, et, s'il faut le dire, au sujet de mylord Essex.
RoTL. Ah!
ELISABETH ET RaTLAND. V?/
La R. Elle m'a irritée au dernier point. Je n'ai pas pu la souffrir plus longtemps devant moi.
RuTL. {à part). Comment me contenir en entendant ce nom si cher? Mon visage va me trahir. Je le sens; je pâlis, puis je rougis.
La R. Ce que je te dis te fait rougir?
RuTL. Votre confiance si inattendue, si pleine de bonté, Reine...
La R. Je sais que tu mérites ma confiance. Viens, Rutland, je vais tout te dire. Tu me conseilleras. Sans doute, chère Rutland, tu dois avoir entendu les cris du peuple contre cet infortuné, les crimes dont il le charge. Mais peutrêtre ne sais-tu pas encore le pis? Il est arrivé aujourd'hui d'Irlande, contre mon ordre exprès ; et il a laissé là-bas les affaires dans le plus mauvais état.
RoTL. Oserai-je vous dire ma pensée, ô Reine? Le cri du peuple n'est pas toujours la voix de la vérité. Sa haine est souvent aussi mal fondée...
La R. Tu exprimes les véritables pensées de mon âme. Mais, chère Rutland, Essex n'en est pas moins blâmable. Viens ici, ma chérie, laisse-moi m'appuyer sur ton sein. — Oui, en vérité, on me presse trop! — Non, je ne me laisserai pas mettre ainsi sous leur joug. Ils oublient que je suis leur reine. — Ah, ma chérie; que j'ai longtemps souhaité une amie avec qui je pusse ainsi épancher mon chagrin !
RcTL. Voyez mes larmes, ô Reine ! — Vous voir souffrir ainsi, vous que j'admire tant! Ah! daigne mon bon ange faire venir à mon esprit des pensées et sur ma langue des paroles qui puissent conjurer l'orage dont votre sein est agité et verser du baume sur vos blessures!
La r. Ah ! tu serais ainsi mon bon ange, bonne et compatissante Rutland ! Dis-moi, n'est-ce pas dommage qu'un homme si brave soit un traître? qu'un héros, qui était adoré comme un dieu, puisse se ravaler à vouloir me frustrer d'un misérable trône?
RoTL. Il aurait eu ce dessein? Il aurait pu l'avoir? Non, Reine, non; certainement non ! Combien dé fois nel'ai-je pas entendu parler de vous? avec quel dévouement, avec quelle admiration et quel enthousiasme ne Tai-je.pas entendu parler de vous !
La r. L'as-tu réellement entendu parler de moi?
RoTL. Oui, et toujours en inspiré, en homme qui ne parle pas ainsi par calcul, mais par le transport d'un sentiment dont il n'est pas maître. « Elle est, disait-il, la divinité de son sexe, tellement élevée au-dessus des autres femmes, que les qualités que nous admirons le plus dans les autres, la beauté et les grâces, ne sont en elle que les ombres qui font ressortir une plus grande lumière. Toutes les perfections de la femme se perdent en elle, comme la lumière trop faible d'une étoile se perd dans Téclat éblouissant du soleil. Rien n'égale sa beauté; c'est la grâce en personne qui règne^ sous ses traits, dans cette île heureuse; ses édits sont tirés du livre des lois éternelles qui est dans le ciel, où ils sont de nouveau transcrits par les anges. Âh ! s*écriait-il ensuite, avec un soupir qui exprimait le fond de son cœur loyal; ah! que n'est-elle immortelle! Je souhaite de ne pas vivre jusqu'à l'effroyable moment où la Providence rappellera à elle cette émanation d'elle-même, et où les ténèbres et le chaos se répandront sur l'Angleterre I »
La R. 11 disait cela, Rutland?
RcTL. Cela, et bien plus encore. Toujours inépuisable autant que vrai dans votre louange, dont la source intarissable partait de ses purs sentiments envers vous...
La R. Ah, Rutland, que j'aime à en croire le témoignage que tu lui rends!
RoTL. Et vous pouvez encore le prendre pour un traître?
La r. Non ; et cependant il a foulé aux pieds les lois. Je dois rougir de le protéger plus longtemps. Je ne puis me résoudre à le Toir.
Rdtl. Ne pas le voir, Reine, ne pas le voir? Par la pitié, qui a élevé son trône dans votre âme, je vous en conjure... Il faut que vous le voyiez! — Rougir? Et de quoi? D'avoir compassion d'un infortuné? — Quoi ! Dieu a pitié de nous; et la miséricorde dégraderait les rois? Non, Reine, soyez aujourd'hui encore semblable à vous-même. Oui, vous le serez; vous le verrez, au moins une fois.
La r. Lui? lui, qui a pu mépriser ainsi mes ordres formels? Lui, qui ose ainsi de sa propre autorité se présenter devant mes yeux? Pourquoi n'esl^il pas resté où je lui avais ordonné de rester?
BuTL. Ne lui en faites pas un crime! La faute en est au danger où il se voyait. Il savait ce qui s'était passé ici, combien on cherchait à le rabaisser et à vous le rendre suspect. Il est
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venu sans autorisation, il est vrai, mais à bonne intention, afin de se justifier et de ne pas vous laisser prévenir contre lui.
La R. Eh bien, s'il en est ainsi, je veux le voir, et le voir surle-champ. 0 ma Rutland, combien je souhaite de le trouver encore aussi loyal que je le connais brave !
RuTL. Ah! nourrissez ces sentiments favorables! Votre âme royale n*en saurait concevoir de plus justes. — Loyal! Oui, certes, vous le trouverez loyal. J'en jurerais pour lui; je jurerais par la majesté dont vous êtes revêtue qu'il n'a jamais cessé de l'être. Son âme est plus pure que le soleil, qui n'est pas exempt de taches, qui attire à lui les vapeurs terrestres et fait éclore la vermine. — Vous dites qu'il est brave ; et qui ne le dit? Mais un homme de cœur n'est pas capable d'une bassesse. Songez comment il a châtié les rebelles; combien il vous a rendue redoutable à l'Espagne, qui prodiguait en vain contre vous les trésors des Indes. Son nom marchait devant vos flottes et vos armées, et avant que vos troupes parussent, son nom avait déjà remporté la victoire.
La R. (A part.) Quelle éloquence ! Ah ! tant de feu ! tant de conviction ! La compassion toute seule ne va pas jusque-là... Il faut que je m'en assure tout de suite. — {Haut,) Et sa personne, Rutland?...
RcTL. Eh bien. Reine, sa personne... Jamais extérieur n'a mieux répondu aux qualités intérieures. Reconnaissez, vous qui êtes si belle, qu'on n'a jamais vu un homme plus beau ! Quelle dignité, quelle noblesse, quelle hardiesse, quel air de commandement dans sa personne! Quelle harmonie dans tous ses membres ! Et dans l'ensemble, quelle douceur, quelle grâce de contours ! Vrai modèle sur lequel la nature doit travailler pour former un homme accomph! Type exceptionnel, où l'art trouve réuni ce qu'il doit chercher ailleurs dans cent individus !
La r. (A pari.) Je m'en doutais. Cela devient intolérable. {Haut,) Qu'as-tu, Rutland? Tu es hors de toi. Un mot, une image chasse l'autre. Qu'est-ce qui te possède ainsi? Est-ce ta reine seule, est-ce Essex lui-même, qui éveille en toi cette passion vraie ou feinte? (A part,) Elle se tait; sans aucun doute, elle l'aime. Qu'ai je fait? Quel nouvel orage soulevé dans mon •sein? etc.
Là-dessus, Burleigh reparaît avec Nottingham pour dire
à la reine qu'Essex attend sjb^ ordres. Elle ordonne qu'il paraisse devant elle. « Rutland, dit la reine, nous reparlerons de ceci; retire-toi. — Toi, Nottingham, approche. » Voilà un trait de jalousie heureusement trouvé,
Essex entre, et la scène du soufflet suit. Je me demande s'il eût jélé possible de la préparer avec plus d'esprit et de bonheur. D'abord, Essex paraît vouloir faire une entière soumission; mais quand la reine lui ordonne de se justifier, il s'échauffe peu à peu; il se vante, il se pavane, il menace. Et cependant toutes ces fautes n'auraient pas irrité la reine à ce point, si son cœur ne se trouvait déjà aigri par la jalousie. C'est réellement l'amante jalouse qui frappe avec la main de la reine. La jalousie en général aime à frapper.
J'aimerais mieux, pour mon compte, avoir fait ces scèneslà que tout Y Essex de Corneille. Les caractères y sont si bien tracés, il y a là tant de vie et de vérité, que les meilleures parties de la pièce française font pauvre figure auprès.
(n° ltx, 24 novembre 1767). — Quant au style de Banks, on n'en doit pas juger d'après ma traduction. J'ai dû renoncer entièrement à reproduire ses expressions. C'est un langage en même temps commun et précieux, rampant et ambitieux, et cela non pas seulement selon les personnages, mais d'un bout de la pièce à l'autre; si bien que l'auteur peut passer pour le modèle de ce genre de dissonances. J'ai tâché de passer de mon mieux entre les deux écueils, tout en aimant mieux échouer sur le premier que sur le second.
Je me suis mis en garde contre l'enflure plus que contre la platitude. La plupart des traducteurs auraient fait tout le contraire. L'enflure et le tragique ne sont qu'une même chose pour bien des gens. Je ne dis pas seulement pour bien des lecteurs, mais même pour bien des auteurs. — Quoi, disent-ils 1 les héros parleraient comme de simples mortels? Qu'est-ce que des héros de cette sorte? iém/wZ/ûP et sesquipedalia verba, . . Des sentences, des bulles de savon