RGINE DU THÉÂTRE DE HAMBOURG
que ce dont tout homme est capable, pourvu qu'il croie aussi fermement en Aristote que moi.
Voilà pour amuser les baleines de la critique allemande! C'est une tonne que je jette à la mer exprès pour elles : je me réjouis d'avance de la manière dont elles vont se divertir avec ce jouet... — Et, sans autre transition; — car à quoi bon en chercher une plus savante? — je puis passer du ton grave du prologue h celui de la farce qui doit terminer la représentation, puisque c'est à cet usage que j'ai destiné ces dernières feuilles ^..
Mais c'est assez répondre aux bouffons sur le ton
qui leur convient... Je me retourne vers mes lecteurs sérieux, auxquels je demande sérieusement pardon de ces bouffonneries.
C'est la pure vérité, que la contrefaçon, au moyen de laquelle on a prétendu étendre l'utilité de ces feuilles, est la cause unique qui en a retardé jusqu'à ce jour la publication, et qui la fait cesser enfin complètement. Avant que j'en dise un mot de plus, on me permettra de repousser le soupçon de calcul intéressé. C'est le théâtre lui-même qui a fait les frais de ce journal, dans l'espoir de se rembourser au moins d'une partie notable de ses avances sur la vente des numéros. Si cette espérance est déçue, ce n'est pas moi qui y perds. Je ne suis pas davantage mécontent de ne pouvoir plus trouver acquéreur pour la matière que j'avais rassemblée dans le dessein de continuer. Je retire la main de cette charrue aussi volontiers que je l'y avais mise...
Je ne veux ni ne puis cacher que ces dernières feuilles ont été écrites près d'un an après la date qu'elles portent. Le doux rêve de fonder un théâtre national ici, à Hambourg, s'est déjà évanoui pour la seconde fois; et, autant que je puis maintenant connaître cette ville, c'est le lieu
1 . Lessing fait ici une sortie contre ses adversaires du journalisme. Nous aToos cru devoir supprimer cette petite pièce, dont le lecteur ne saurait guère goûter le sel aujourd'hui. Nous conservons seulement quelques lignes sur les eauses qui ont rois fin à la publication de la Dramaturgie» (Jrad, )
OÙ un pareil rôve a le moins de chances de se réaliser de longtemps ^ !
t. Après ces mots, l'auteur- termine son ouvrage en dénonçant certaines ma- DœuYfcs de la contrefaçon, et en attirant l'attention du public sur les moyens de remédier à ce fléau des gens de lettres. — Sur l'issue malheureuse de l'eiitrcprise de Hambourg, y oit Leasing, par L. Crousié, p. 150 et suiv. (Trad.)