From English plays, Zara's French author fir'd
Confess'd his Muse beyond herself iDspir'd ; From rack'd Othello's rage, he rais'd his style And snatch'd tbe brand, tbat lights this tragic pile.
{Note de V auteur.)
« Le poëte français , auteur de Zaïre , enflammé par la tragédie anglaise , a confessé que sa Muse en avait reçu une inspiration qui l'avait transportée au-dessus d'elle-même. Ravi des angoisses et de la fureur d'Othello, il a élevé son style et saisi le brandon qui communique la flamme à ce bûcher tragique. » {Trad.)
qu'il ne brille et n échauffe. Nous entendons parler un jaloux dans la personne d'Orosmane; nous le voyons agir avec la précipitation d'un jaloux; mais sur la jalousie, nous n'apprenons ni plus ni moins que nous n'en savions déjà. Othello, au contraire, est le manuel le plus complet de cette triste frénésie; là, nous pouvons apprendre tout ce qui la concerne et tous les moyens de l'exciter et de l'éviter.
— Mais quoi? toujours Shakespeare? diront quelquesuns de nos lecteurs; lui seul a donc tout entendu mieux que les Français? Cela nous fâche, car nous ne pouvons pas In lire. — Je saisis cette occasion pour rappeler au public ce qu'il paraît avoir résolu d'oublier. Nous avons une traduction de Shakespeare. Elle est à peine terminée et, personne ne s'en occupe déjà plus^ Les critiques en ont dit beaucoup de mal. J'aurais grande envie d'en dire beaucoup de bien. Ce n'est pas pour le plaisir de contredire ces habiles personnes, ni pour justifier les défauts qu'elles y ont remarqués; mais c'est parce que je crois qu'on n'aurait pas dû faire tant de bruit de ces défauts. L'entreprise était difficile; un autre que M. Wieland se serait plus souvent trompé dans la rapidité du travail, et aurait plus souvent sauté par-dessus les difficultés, soit par ignorance, soit par paresse. Mais ce qu'il a bien fait, il est difficile qu« jamais personne le fasse mieux. Tel qu'il est, le Shakespeare qu'il nous a donné est un livre qu'on ne saurait assez recommander chez nous. Nous aurons longtemps à étudier les beautés qu'il nous a fait connaître, avant que les taches qui s'y trouvent mêlées nous offensent assez pour qu'une meilleure traduction nous devienne nécessaire.
Mais revenons à Zayre, L'auteur la présenta sur la scène en l'année 1733 ^. Trois ans après, elle était traduite en anglais, et jouée à Londres sur le théâtre de Drury- Lane. Le traducteur était Aaron Hill, poêle dramatique lui-
i. La traduction de Shakespeare par Wieland date de 1762, [Trad.) 2, Elle fut représentée pour la première fois le 13 août 1732. (Trad.)