ACTE V, SCÈNE III
Il Vent l'entraîner.
— Tout à l'heure I Un moment! — Vois-tu bien? c'est la jpie, et je pleure.* Viens voir la belle nuit !
Elle- va à la. baluitrade.
— Mon duc , rien qu'un moment !
Le temps de respirer et de voir seulement !
Tout s'est éteint, flambeaux et musique de fête. Rien que la nuit et nous! Félicité parfaite!
Dis , ne le crois-tu pas? Sur nous , tout en dormant, La nature à demi veille amoureusement.
La lune est seule aux cieux , qui comme nous repose , Et respire avec nous l'air embaumé de rose !
Regarde : plus de feux, plu^ de bruit. Tout se tait. La lune tout à l'heure à T horizon montait, Tandis que tu pçurlais., sa luoiière qui tremble Et ta voix , toutes deux m'allaient au cœur ensemble ; Je me sentais joyeuse et calme , ô mon amant ! Et j'aurais bien voulu mourir en ce moment.
Ah ! qui n'oublîraii tout à cette voix céleste ! Ta parole est un chant où rien d'humain ne reste. Et comme un voyayeur , sur un fleuve emporté , Qui glisse sur les eaux par un beau soir d'été , Et vois fuir sous ses y6ux mille plaines fleuries, Ma pensée entraînée erre en tes rêveries !
âl4 HERNANI.
DONA SOL
Ce silence est trop noir. Ce calme est trop profond. Dis , ne voudrais-tu point voir une étoile au fond? Ou qu'une voix des nuits y tendre et délicieuse , S'élevant tout à coup, chantât?...
HBRZf Alfl fonriant.
Capricieuse !
Tout à l^heure on fuyait la lumière et les chants I
IK>If SOL.
Le bail — Mais un oiseau, qui chanterait aux champs! Un rossignol , perdu dans Fombre et dans la mousse , Ou quelque flûte au loin !...-^ Car la musique est douce. Fait Tâme harmonieuse, et, comme un divin chœur, Éveille mille voix qui chantent dans le cœur ! — Ah ! ce serait charmant I
On entend le bruit lointain d'un cor dans l'ombre.
— Dieu ! je suis exaucée !
HBANANI trenaUlant. à part.
Ahl malheureuse!
DONA SOL
Un ange a compris ma pensée, —