SCÈNE VIT
DON RUY GOMEZ, DONA SOL voilée, DON GAELOS, suite,
DON CABLOS. D'où vicut doDC aujourd'hui ,
Mon cousin , que ta porte est si bien verrouillée ? Par les saints ! je croyais ta dague plus rouillée !
Et Je ne savais pas qu'elle eût hâte à ce point. Quand nous te Tenons voir, de reluire à ton poing ! tkm Ruy Gomez veut parler, te roi poursuU avec un geste impérieux. C'est s'y prendre un peu tard pour faire le jeune homme. Avons-nous des turbans ? serait-ce qu'on me nomme Mahom ou Boabdil , et non tarlos , répond 1 Pour nous baisser la herse et nous lever le pont? bon RUT GOMEZ sHncUnatU.
Seigneur!...
DON CABLOs à ses gentilshommes.
Prenez les clefs I saisissez-Tous des portes I Deux officiers sqrtent, plusieurs autres rangent les soldats en triple haie dans la salle, Don Carlos se tourne vers le duc.
Àh I TOUS réTeillez donc les rébellions mortes I
Pardieu ! si tous prenez de ces airs avec moi ,
Messieurs les ducs , le roi prendra des airs de roi ,
Et j'irai par les monts, de mes mains aguerries ,
Dans leurs nids crénelés tuer les seigneuries I DON RUT GOHBz sc redressant.
Altesse , les Silva sont loyaux.. .
DON CARLOS dotit la colère éclate. Sans détours.
Réponds , duc, ou je fais raser tes onze tours I De l'incendie éteint il reste une étincelle.
Des bandits morts il reste un chef : — qui le recèle? C'est toi I — ce Hernani , rebelle empoisonneur. Ici , dans ton château , tu le caches l
DON BUT GOUEZ. Seigueur,
C'est Trai.
DON CARLOS. Fort bicu 1 je tcux sa tète ou bien la tienne.
Entéhds-tu , mon cousin?
DON BUT GOMEZ sHncUnant. Mais qu'à cela ne tienne I
Vous serez satisfait.
Dona Sol se cache la tête dans ses mains et tombe sur un fauteuil. DON GABLOs radouci. Ah 1 tu t'amendes I... Va
Chercher mon prisonnier.
Le dw croise les bras, baisse la tête et reste un instant rêveur. Le roi et dona Sol Vohservent en silence , et agités d'émotions contraires ; enfin te duc relève son fronts prend la main du roi et le mène devant le plus ancien des portraits , celui qui commence la galerie à droite du spectateur.
DOK Riif G0MK2 montrant li vieux portrait.
Ecoutez ! — des Silva C'est l'alné, c'est ralietd , fanoètre, le grand homme I Don Silviiis, qcd fot trois fois^t^osid de Rome.
Mouvement dHmpatience de don Carlos,
DON RCT GOUBz à lifi autrc portrait.
Écoutez-moi : — Toid Ruy Gomez de Silya, Grand-maitre de Saint- Jacque et de Galatraya. Son armure géante irait mal à nos tailles, n prit trois cents drapeaux, gagna trente batailles , Conquit «n roi MoCril , Antequera , Suez , Nijar ; et mourut paurre. — Altesse, saluez.
Il s'incline» se découvre et passe à un autre. Le roi V écoule avec une impatience et une colère toujours croissante.
Près de lui Juan son fils , cher aux âmes loyales. Sa main pour un serment valait les mains royales.
A un autre.
Don Gaspar, de Mendoce et de Silva l'honneur l Toute noble maison tient à Silva, seigneur.
Sandoval tour à tour nous craint ou nous épouse. Manrique nous envie et Lara nous jalouse.
Alencastre nous hait. Nous touchons à la fois Du pied à tous les duos, du front ii tous les rois l — Vasquez , qui soixante^ans garda la foi jurée.
Geste d'impatience du roi.
J'en passe, et des meilleurs ! — Cette tête sacrée , C'est mon père. H fut grand , quoiqu'il vint le dernier* Les Maures de Grenade avaient fait prisonnier Le comte Âlvar Giron , son ami ; mais mon père , Prit pour l'aller chercher six cents hommes de guerre ; Il fit tailler en pierre nu comte Âlvar Giron , Qu'à sa suite il trahia , jurant par son patron De ne pomt reenler que le eorate de pierre Ne tournât front Uii-mènie et n'allât en arrière. Il combattit , puis vint au comte , et le nnvs.
Dom CARLOS bors de Ivà.
Mon prisonnier! * DON ROT eonz. C'était un Gomez de Silva.
Voil* donc ce qn'on dit , quand dans cette demeure
On voit tous ces héros...
NOTES. 2SIÎ
DON GÀBL08 frappant du pied. Mon prisonnier sur l'heure J
DON BUÎ GOMEZ.
// s'incline devant le roi, lui prend la main et le mène devant le dernier portrait, derrih'e lequel est caché Uemani; Dona Sol le suit des yeux avec anxiété.
Ce portrait, c'est le mien. — Roi don Carlos, merci ! Car Tons ^oolez qu'on dise en le Toyant ici : c Ce dernier, digne fils d'une race si haute, » Fut un traître, et Tendit la tête de son hôte I »
Le roi déconcerté, s'éloigne avec coUre , et reste un instant silencieux, les
lèvres tremblantes et Vœil enflammé,
DON CÀBL08. Duc , tou châtcau me gène , et je le mettrai bas l
DON BUT GOHEz. Car , TOUS mc la patries, altesse, n'esta» pas?
DON CÀBLOS. Duc , j'cu ferai raser les tours pour tant d'audace , Et je ferai semer du chauTre sur la place.
DON BUT GOHEZ. Micux Toir croître du chauTre où ma tour s'élcTa , Qu'une tache ronger le Tieux nom de SilTa.
Aux portraits.
N'est-il pas Trai, tous tous?
DON CÀBLOS. Duc I octte tète est nôtre ,
Et tu m'aTais promis...
DON BUT GOMEZ. J'ai promis l'une ou l'autre.
Se découvrant.
Je donne celle-ci. Prenez-la.
DON CÀBLOS. Ma bonté
Est à bout ! liTre-moi cet homme I
DON BUT GOHEZ. Eu Térité ,
J'ai dit.
DON CÀBLOS à sa suite.
Fouillez partout ! et qu'il ne soit point d'aile , DecaTC, nidetour...
DON BUT GOMEZ. MoD doujou cst fidèle
Gomme moi. Seul il sait le secret arec moi. Nous le garderons bien tous deux.
DON CÀBLOS. Je suis le roi.
DON BUT GOMEZ. A moius dc démolir le château pierre à pierre , D'assassiner le maître, on n'aura rien l
Do.-^ CABix)s. Prière,
Menace , tout est Tain ? liTre-moi le tiandit, Dnci on, tête et cbâtean, j'abattrai tont.
DON RUT GOHEi. J'ai dit.
DON ciBLOs. Hé bien donc ! an lien d'nne, alors j'anrai denx tètes. Au duc d'Alcala»
— Jorge , arrêtez le dnc.
— Le reste conforme à VèdiHon actuelle. —
NOTE ni.
Basse cour où le roi, mendié sans pudeur, A tous ces affamés émiette la grandeur!
— Aete IT, icAne i. —
Ces denx Tcrs tarent supprimés par la censnre , qui n'était pas moins plate et moins inepte en 1850 qu'en 1836, et qui n'a jamais su échapper à l'odieux que par le ridicule. A la représentation on disait les deux Ters que Toici :
Pour un titre ils Tendraient leur âme, en Térité. Vanité! Tanité ! tout n'est que Tanité!
Oui, fout est vanité, tout, jusqu'aux réTolntions prometteuses qui aboutissent en trois jours à la république et en trois ans à la censnre.