ACTE II, SCÈNE IV
DONÀ SOL.
Pourtant Vous me Taviez promis I
HERNâNI tombant à ses genoux.
Ange! ah! dans cet instant Où la mort vient peut-être, où s^approche dans Fombre Un sombre dénoûment pour un destin bien sombre, Je le déclare ici , proscrit , traînant au flanc Un souci profond , né dans un berceau sanglant , Si noir que soit le deuil qui s^épand sur ma vie, Je suis un homme heureux , et je veux qu'on m'envie, Car vous m'avez aimé I car vous me 1 avez dit ! Car vous avez tout bas béni mon front maudit!
DONA SOL penchée sur sa tète.
Hernani !
HERNANI
Loué soit le sort doux et propice Qui me mit cette fleur au bord du précipice!
Il se relève.
Et ce n'est pas pour vous que je parle en ce lieu , Je parle pour le ciel qui m'écoute, et pour Dieu !
DONA SOL
Souffre que je te suive !
82 HERNANI
Oh ! ce serait un crime Que d'arracher la fleur en tombant dans Fabime I Va y j'en ai respiré le parfum ! c'est assez I Renoue à d'autres jours tes jours par moi froissés. Épouse ce vieillard! c'est moi qui te délie.
Je rentre dans ma nuit. Toi , sois heureuse , oublie !
DONA SOL
Non , je te suis I Je veux ma part de ton linceul I Je m'attache à tes pas I
HERNANI la serrant dans ses bras.
Oh ! laisse-moi fuir seul !
Je suis banni! je suis proscrit! je suis funeste!
Il la quitte ayecun mouyement convulsif et yeut fuir.
DONA SOL douloureusement et joignant les moins.
Hernani ! tu me fuis !
HERNANI revenant sur ses pas.
Hé bieji y non ! non y je reste. Tu le veux, me voici. Viens, oh ! viens dans mes bras ! Je reste et resterai tant que tu le voudras.