SCENE L
DONA SOL, blanche et debout près d'une table; DON RUY GOMEZ DE SILYA , assis dans son grand fauteuil ducal en bois de chêne.
DON RUY GOMEZ
Enfin! c'est aujourd'hui! dans une heure, on sera Ma duchesse! plus d'oncle! et Ton m'embrassera! Mais m'as-tu pardonné? j'avais tort. Je l'avoue. J'ai fait rougir ton front , j'ai fait pâlir ta joue, J'ai soupçonné trop vite, et je n'aurais point dû
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Te condamner ainsi sans avoir entendu.
Que Tapparence a tort ! injustes que nous sommes !
Certe, ils étaient bien là , les deux beaux jeunes bommes !
C'est égal. Je devais n'en pas croire mes yeux.
Mais que veux-tu , ma pauvre enfant? quand on est vieux !
DON A SOL Immobile et grave.
Vous reparlez toujours de cela. Qui vous bi&me?
DON RU Y GOHEZ.
Moi ! j'eus tort. Je devais savoir qu'avec ton âme On n'a point de galants , lorsqu'on est doâa Soi , Et qu'on a dans le cœur de bon sang espagnol !
DON A SOL
Certe ! il est bon et pur, monseigneur, et peut-être On le verra bientôt.
DON RUY GOMEZ se levant et allant à elle.
Ecoute. On n'est pas mattre De soi-même , amoureux comme je suis de toi , Et vieux. On est jaloux, on est méchant; pourquoi? Parce que l'on est vieux. Parce que beauté, grâce, Jeunesse , dans autrui, tout fait peur , tout menace. Parce qu'on est jaloux des autres , et honteux De soi. Dérision ! Que cet amour boiteux