‹ DrameChapitre 33 sur 97 · JANE, GILBERT, JOSHUA · texte numérisé non relu

JANE, GILBERT, JOSHUA

GIL^ERTt 4^ riotérieiir 4n oadioL

Que me veut*on ?

Il parait sur le seuil* aperçoit Jane, et s'appuie tout ehaneelaiit

contre le mur,

Jane! -«^ lady Jane Talbot !

JANE, à genoux, sans leref les yeux sur lui.

Gilbert ! je viens vous sauver.

GILBERT

Me sauver!

JANE

Écoutez. Ayez pitié , ne m'aecablet pai». Je mis tQut ce que vous allez me dire. C'est juste; mais ne me le ditçspas. Il faut cjue je vous sauve. Tout est préparé. L'évasion est sûre. Laissez-vous sauver par moi comme par un autre. Jci nedeinande

170 MARIE TUOOR.

rien de plus. Vous ne me connaîtrez plus ensuite. Vous ne saurez plus qui je suis. Ne me pardonnez pas, mais laissez-moi vous sauyer. Voulez-vous?

GILBERT

Merci ; mais c'est inutile. A quoi bon vouloir sauver ma vie, lady Jane, si vous ne m'aimez plus ?

JANE, avec joie.

Oh ! Gilbert ! est-ce bien en effet cela que vous me demandez? GiU)ert! est-ce que vous daignez vousoccuperencoredecequi se passe dans lecœur de la pauvre fille ? Gilbert l est-ce que Tarn bur que je puis avoir pour quelqu'un vous intéresse encore et vous paraitvaloir la peine que vous vous en informiez? Oh! je croyais que cela vous était bien égal 9 et que vous me méprisiez trop pour vous inquiéter de ce que je faisais démon cœur. Gilbert ! si vous saviez quel effet me font les paroles que vous venez de me dire. C'est un rayon de soleil bien inattendu dans ma nuit , allez ! Oh ! écoutezmoi donc, alors ! Si j'osais encore m'approcher de vous, si j'dsais toucher vos vêtements, si j'osais prendre votre main dans les miennes, si j'osais encore lever les yeux vers vous et vers le ciel, comme autrefois , savez-vous ce que je vous dirais , a ge^-

DOUX, prosternée, plelirant sur vos pieds, avec des sanglots dans la bouche et la joie des anges dans le cœur? Je vous dirais : Gilbert, je t'aime!

GILBERT, la saisissant dans ses bras avec emportement.

Tu m'aimes !

Oui, je t'aime!

GILBERT

Tu m'aimes ! — Elle m'aime, mon Dieu ! c'est bien vrai, c'est bien elle qui me le dit , c'est bien sa bouche qui a parlé ,, Dieu du ciel !

JÂNE.

Mon Gilbert !

GILBERT

Tu as tout préparé pour mon évasion, dis-tu?

Vite! vite! la vie! Je veux la vie, Jane m'aime! cette voûte s'appuie sur ma tête et l'écrase. J'ai besoin d'air. Je meurs ici. Fuyons vite ! viens-nousen, Jane ! Je veux vivre , moi ! je suis aimé.

JANE

Pas encore. 11 faut un bateau. 11 faut attendre la

nuit. Mais sois tranquille, tu es sauvé. Avant une heure, nous seronsdehors. La reine est à la maison de viUe, et ne reviendra pas de sitôt, le suis maîtresse ici. Je t'expliquerai tout cela.

casERT.

Une heure d'attente, c'est bien long. Oh ! il me tarde de ressaisir la vie et le bonheur ! Jane , Jane l tu es là ! Je vivrai ! tu m'aimes ! Je reviens deVenfer! Retiens-moi , je ferais quelque folie, vois-tu. Je rirais, je chanterais. Tu m'aimes donc ?

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