LES DEUX PORTE-BANNIÈRE
Priez pour lui î
Le cortège traYerse lentement le fond du théâtre. JANE.
C*est une chose terrible que nous voyons là, Joshua. Cela me glace le sang.
JOSHUA
Ce misérable Fabiani !
JANE
Paix, Joshua ! Bien misérable, mais bien malheureux !
Le cortège arrive à Tautre escalier. Simon Renard, qui, depuis qaelqnei instants» a paru à rentrée de eet escalier et a tout observé ,
JOURNÉE ni, PARTIE II, SCÈNE I. 20S
se range pottr,le laisser passer. Le cortège s^enfonoe soas là Toute de l'escalier, où il dispwait peu à p£u. Jane le suit des* yeux avec terreur.
SIMON RENARD, après que le cortège a disparu.
Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce bien là Fabiani ? Je le croyais moins grand. Est-ce que maître Eneas ?.... Il me semble que la reine Ta gardé auprès d'elle un instant. Voyons donc !
Il s'enfonce sous rescatier à la suite du cortège. VOIX, qui s'éloigne de plus en plus.
Celui qui marche à ma suite, couvert de ce voile noir , c'est trës*haut et très-puissant seigneur Fabiano Fabiani, comte de Clanbrassil, baron de Dinasmonddy 9 baron de Darmouth en De vonshire, lequel va être décapité au Marché-de-Londres , pour crime de régicide et de haute trahison. - Dieu fasse miséricorde à son ame !
AUTR^ VOIX, presque indistinctes. ^
Priez pour lui !
JOSHCA.
La grosse cloche va annoncer tout à l'heure sa sortie de la Tour* Il vous sera peut-être possible
maintenant de vous échapper. Il faut que je tâche d'en trouver les moyens. Attendez-moi là; je vais revenir.
JANE
Vous me laissez, Joshua ? Je vais avoir peur , seule ici, mon Dieu !
^ JOSHUA
Vous ne pourriez parcourir toute la Tour avec moi sans péril. Il faut que je vous fasse sortir de la Tour. Pensez que Gilbert vous attend.
JANE
Gilbert ! tout pour Gilbert ! Allez 1
^« Joshua sort*
JAN^, seule.
Oh! quel spectacle effrayant ! quand je songe que cela eût été ainsi pour Gilbert !
Elle s'agenouille sur les degrés de Tun des autels.
— Oh! merci! vous êtes bien le Dieu sauveur I Vous avez sauvé Gilbert !
Le drap du fond 8^entr*ou¥re. La Reine parait ; die s'arance à pas lents vers le devant du théâtre, sans voir Jane.
JANE, se détournant.
Dieu l la reine !