CAT41[){NA
J'en ai perdu la clef.
LA TIBBB.
Ouvrez donc !
JÔtRNÉE U, SCÈNE V. 103
CA7ARINA
Je ne sais pas qui a la clef.
LÀ TISQ£.
Ah! c'est votre mari <)iii la! -^ Monseigneur Angelo ! Angelo l Angelo !
Elle veut courir à la p^ite dn foiul^ Catarioa se je|te d^snt et la
retient.
CATARINAi
If Qn I vous n'irez pas à cette porte. Non, vous niiez ]i2i9l Je ne vous ai riea fait. Je ne vois pa» du tout ce que vous avez contre moi. Vous ne me perdrez pas, madame. Vous aurez pitié de moi. Arrêtez un instant. Vous allez voir. Je vais vous expliquer. Un instant, seulement. Depuis que vous êtes là, je suis tout étourdie, tout effrayée, et puis vos paroles , tout ce que vous m'avez dit , je suis vraiment troublée^ je n'ai pas tout compris, vous m'avez dit que vous étiez une comédienne , que j'étais une grande dame, je ne sais plus, je vous jove qu'il n'y a personne là. Vous ne m'avez pas parié de ce slûre, )e sujs sAre cependant que c'est lui qui est cause de tout, c'est un homme affreux
104 ANGELO
qui vous trompe. Un*esp!oâ ! On ne croît pas un espion ! Oh ! écoutez-moi un instant. Entre femmes on ne serdfusepas un instant. Un homme que je prierais ne serait pa« si bon. Hais tous ,
ayez pitié. Vous êtes trop belle pour être mé-
chante. Je tous disais donc que c'est ce misérable homme, cet espion, ce sbire, îl suffit de s'entendre, vous auriez regret ensuite • d'avoir causé ma mort. N'éveillez pas mon mari. lime ferait mourir. Si vous saviez ma position, vous me plaindriez. Je ne suis pas coupable, pas très-coupable, vraiment. J'ai peut-être fait quelque imprudence, mais c'est que je n'ai phis ma mère. Je vous avoue que je n'ai plus ma mère. Oh ! ayez pitié de moi, n'allez pas à cette porte, je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie !
LA TISBE.
C'est fini! Non! je n'écoute plus rien! Monseigneur! monseigneur!
CATARINA
Arrêtez I Ah ! Dieu ! Ah ! arrêtez ! Vous ne savez donc pas qu'il va me tuer ! Laissez-moi au moins un instant, eticore un petit instant, pour prier
J.ÔI3RNÉE II, SCÈNE V. 105
Dieu l ^ on, je, ne sortirai pas d-îci. Voyez-vous, je.yais me mettre à genoux là../^
Lui montrait le craci(t& de cuivre ao-dessus du pr}e*Dieu.
— • devant ce crucifix.
L*(£il de]a Tîsbe s^attache au crucifix.
T- Oh! tenez, par grâce, priez à côté de moi.
Voulez-vous, dites ?JEt puis après, si vous voulez toujours ma mort, si le bon Dieu vous {aisse cette pensée-là, vous ferez ce que vous voudrez.
LA TISBE.
Elle se précipité si^ le cruoiBx et Tan^cbe du ipur.
Qu'est-ce que c'est que ce crucifix? D'où vous vient-il? D'où le tengz-vous ? Qui vous Ta donné?
CATARINA
Quoi? ce crucifix? Oh! je suis anéantie. Oh!
cela ne vous sert à rien de me faire des questions sur ce crucifix !
LA TISBE.
Comment est-il en vos mains ? dites vite !
Le flambeau eit resté surunecrédeuce près du balcon. Elle s*ea approche et examine le crucifix. Gatarina la suit.