SCÈNE PREMIÈRE
FRANCESCA, au milieu de l'appartement, FASIO. debout à la porte.
FRAîvcESCA, s'adressunt à plusieurs valets.
Vous avez entendu?
{Les valets s'inclinent et sortent.)
La reine de la fêle A-l-elle tout réglé pour qu'elle soit parfaite?
FRANCESCA, allant à lui.
J'ai fait ce que j'ai pu pour conserver joyeux Tes yeux, vivant miroir où sans cesse mes yeux Cherchent les sentiments que ton cœur leur renvoie, Pour pleurer à tes pleurs ou sourire à ta joie !
S8 l'alcuimiste.
FASIO.
Eh bien! ma Franoesca, vous voyez qu'à présent La richesse n'est point un fardeau si pesant, Qu'on fait en peu de jours le noble apprentissage De laisser éciiapper un ordre à son passage, Que la pauvre maison cède au riche palais, Qu'on est pins promptement servi par vingt valets. Et que l'on peut porter une robe lamée Sans en être moins belle, et surtout moins aimée !
FRANCESCA
Oui, je vois tout cela, mon adoré seigneur;
Et pourtant j'ai gardé ma crainte au fond du cœur ;
Car je ne craignais pas cet or pour Tor lui-même.
Mais pour tous les malheurs dont je le vois l'emblème.
Oui, ce palais est beau, ces valets sont nombreux!
Oui, ces habits dorés couvrent un cœur heureux.
Cependant...
FASlO.
Eh bien, quoi?
Cependant... je soupire; 11 me semble toujours que contre nous conspire Cet ennemi de Dieu, dont le pouvoir fatal Embellit tout chemin qui mène vers le mal ; Les beaux jours sont restés dans la pauvre demeure! Tu me parlais d'amour, n'esl-ce pas, tout à l'heure? £h bien, ces mots charmants, ils m'ont paru moins doux, Parce qu'en les disant, ami, lu disais ; vous! Dans notre humble maison, à la tenture noire, .Jadis, lorsque, sortant de Ion laboratoire. Tu me voyais l'œil triste et le front abattu. Souviens l'en, Fasio, lu me disais : qu'as-lu?