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ACTE I, SCÈÎTE 1. a

A cette grande voix, le pieux solitaire

Tomba les deux genoux et le visage en terre,

Puis, ayant adoré l'Éternel, répondit :

<.' Seigneur, Seigneur, Seigneur, faites que le maudit

» Ne puisse plus tenter, de sa parole immonde,

» Ni mon fils, ni les fils qu'il doit laisser au monde.

» Car je sais trop, Seigneur, lorsqu'il vous vient tenter.

« Combien le cœur de l'homme est faible à résister^

« Et je voudrais sauver à ma race future

« Les éternels combats de l'humaine nature,

» Jusqu'à ce que, parmi ces fils d'avance élus,

» 11 en naisse un, enfin, d'esprits si dissolus,

n Que sans être poussé par Satan vers l'abîme,

» De son libre penchant, il commette un grand crime.

« Or (ajouta don Juan), Seigneur, pour que cela

» S'accomplisse, ordonnez que l'ange que voilà

» (Et c'est moi qu'il montrait) descende sur la terre

>) Avec la mission d'accomplir ce mystère. «

Dieu dit : « Il sera fait comme vous le voulez. •>

Et, se tournant vers moi, Dieu dit encore -. « Allez. »

Alors je descendis de la voûte éternelle,

Et depuis ce moment, céleste sentinelle,

J'ai sur toi, nuit et jour, veillé silencieux,

Immobile, debout, et sans fermer les yeux.

Ainsi, pour que ma main abandonne son glaive.

Pour que mon pied vengeur de ton sein se soulève.

Il faut, qu'obéissant au décret éternel,

Un des fils de don Juan devienne criminel.

Maudit! sois donc encor patient au supplice,

Jusqu'à ce que l'arrêt prononcé s'accomplisse.

LE MAUVAIS ANGE, liant.

Ah ! merci : maintenant, lâche esclave de Dieu, Fais jaillir les éclairs de ton glaive de feu.

10 DON JUAJJ UE ÎIARA\A.

Charge d'un nouveau poids ma poitrine épuisée.

Jusqu'à ce que ton pied sente qu'elle est brisée.

Poursuis ta mission, bourreau de Jéhova!

Et tant que le Seigneur te dira d'aller, va !

La vengeance pour lui n'aura plus de longs charmes,

Et mon œil a saigné ses plus sanglantes larmes.

Ah ! ce fut un don Juan, seigneur de Marana,

Dont la main sur ce marbre, as-tu dit, m'enchaîna :

Eh bien ! il a céans un fils qui, je l'espère,

Est né pour délier ce que lia son père ;

Ou je me trompe fort, ou bien, par lui, la loi

S'accomplira.

LE BON ANGE

Silence !

LE MArVAIS ANGE.

A moi, don Juan!... à moi!...

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