LE COMTE
Josès !
DON JOSÈS.
Oh! cette fois cette fois, frère! ce n'est
point une illusion, c'est une voix.... une voix qui m'appelle... une voix mourante, il est vrai, mais une voix humaine...
Cette fois, comme l'autre, tu te trompes.... oublieux, tu ne te rappelles donc pas combien de fois, enfants tous deux, nous avons écouté avec elïroi le bruit du torrent qui roule au pied de ces nmrs, et dont l'eau parfois semblait se plaindre, comme une âme errante et qui demande des prières?
DON JOSÈS.
C'est vrai, mais moi seul tremblais... tu n'avais pas peur, toi, et tandis que je tombais à genoux, moi, tu chantais quelque vieille ballade impie où l'ennemi du genre humain jouait le principal rùle.
DON JUAIV.
Oui, et alors comme aujourd'hui, esprit dégage des liens terrestres , tu oubliais les choses les plus nécessaires à la vie, comme de se reposer quand on est las, et de manger quand on a faim. Viens dans cette chambre, don Josès... assieds-toi devant une table, et je te servirai comme je dois le faire... mon aîné, mon seigneur, mon maître... Viens, tu boiras à la santé de ta belle Térésina.
3â DON JDAN 0£ MARAK'A.
DOS JOSÈS.
Oui, tu as raison, j'aurais bien besoin de réparer mes forces; il y a trois jours que je marche sans m'arrclcr : il y a vingt-quatre heures que je n'ai rien pris ; mais si pendant ce temps mon père
DON JCAN.
Je te dis qu'il dort, viens... viens.
LE COMTE, d'u7ie voix mourante.
Don Josès !
DON JOSÈS.
Oh ! celte fois, je ne me trompe pas ; dis ce que tu voudras, frère, mais c'est sa voix.
DON Ji AN, le poussant.
Eh bien! va donc! maintenant je te le permets !
DON JosÈs, se précipitant dans la chambre. Me voilà, père, me voilà !