‹ DramesChapitre 169 sur 308 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

PAQuiTA, se levant et s'approchant de Téréstna. Mais le plus joli de tout cela , madame , c'est qu'un jour, en se promenant au bord de la mer, elle trouva sur le rivage un vase de grès scelle avec du plomb ; elle s'approcha de ce vase , et elle entendit une petite voix plaintive qui en sortait ; elle le fit briser aussitôt, et elle se trouva en face d'un beau génie qui lui dit de souhaiter trois choses, et qu'elles seraient accomplies. Quand nous nous promènerons au bord de la nier, il faudra bien regarder !

TÉRÉSINA

Pourquoi?

PAQCITA.

Parce que, comme la princesse Boudour , nous trouverons peut-cire un génie.

TÉRÉSI\A.

Et quels sont les trois souhaits que tu formeras?

PAQïITA.

Moi, je n'en formerai qu'un.

Lequel ?

PAQUITA

Celui d'être à la place de madame.

TÉRÉSINA

Et tu te trouverais heureuse ?

PAQCITA.

Certes ! car lorsqu'on est jeune et jolie , ce ne sont plus trois souhaits qu'on peut former, ce sont

40 DO-V M\y DE MARANA.

mille caprices qu'on peut avoir. Croyez-moi , senora, révcntail trune jolie femme est plus puissant que la baguette d'une fée.

TÉRÉSINA

Et comment cela?

PAQUITA

D'abord cela parle, un éventail.

TÉRÉSINA

Quelle langue?

PAQCITA.

La plus jolie de toutes , la langue de l'amour. Ecoutez : Vous êtes à la- promenade, un jeune seigneur passe et vous salue; s'il ne vous convient pas, vous regardez dédaigneusement les dessins; il repasse et vous salue une seconde fois, vous retournez l'éventail de l'autre côté, et vous regardez dé: daigneusement toujours ; il n'y a pas même de mal que l'expression de dédain aille en s'augnientant, cela veut dire clairement : Passez au large, mon beau seigneur, car vous n'obtiendrez rien de nous. Au lieu de cela , le cavalier qui passe vous plait-il? oh ! alors, comme vous ne pouvez pas tout de suite lui rendre son salut, vous vous couvrez la figure ainsi, comme si vous ne vouliez pas le voir, et vous le regardez à travers les branches , cela signifie : Vous êtes assez de notre goût, mon gentilhomme, et si votre naissance et votre fortune répondent à votre tournure , on aura peut-être la faiblesse de vous aimer. Le gentilhomme comprend cela comme si une duègne venait le lui dire à l'o-

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