‹ DramesChapitre 170 sur 308 · ACTE II, SC!•^•E · texte numérisé non relu

ACTE II, SC!•^•E

reillc ; dix minutes après, il repasse, et par hasard il trouve que la senora , en partant, a oublié son éventail sur sa chaise ; il s'approche de l'éventail , le prend, le porte à ses lèvres , et l'éventail lui dit : «i Ma maîtresse ne vous voit pas avec indifférence ; cachez-moi sous votre manteau, de peur qu'un jaloux ne me reconnaisse, et rapportez-moi chez elle, car elle serait désolée de me perdre. — Mais où cela et à quelle heure? dit le cavalier.— Cherchez bien, répond l'éventail, il doit y avoir, sur une de mes branches, un nom, une adresse, une heure, écrits au crayon ou gravés avec une aiguille ; là , bien , vous y êtes. » Le cavalier s'en va, et à l'heure dite, vous entendez une sérénade sous votre balcon; c'est votre éventail qui revient et qui vous dit : u Ma belle maîtresse, je suis aux mains d'un seigneur qui vous aime; tirez vos rideaux de soie , ouvrez votre fenêtre grillée , et regardez à travers vos jalousies , voyez comme il m'embrasse après chaque couplet; c'est que vos jolies mains m'ont touché; maintenant répétez la ritournelle de l'air que la musique vient d'exécuter : la la la la; cela veut dire que vous nous avez entendus. Très-bien , ma belle maîtresse , ne vous ennuyez pas trop de nous , car bientôt nous viendrons vous remercier. » En effet , dix minutes après, on entend des pas dans le corridor; c'est un page qui annonce le seigneur don Ramire Mendoce ou don Alphonse , c'est notre gentilhomme ; il entre, vous examinez son costume pour voir s'il est riche et de bon goût ; vous regardez son page

Ai D0\ .lUAN DE MVR\>A.

pour voir s'il a une livrée ; vous jetez un coup d'oeil sur sa litière, pour voir si elle a des armoiries ; et s'il est beau , s'il est riche , s'il est noble , vous lui dites: Je veux trois choses, et il vous les donne!...

TÉRÉSINA

Mais , sais-tu bien , Paquita , qu'une aventure à peu près pareille m'est arrivée aujourd'hui?

PAQDITA.

Vraiment ?

TÉRÉSINA

Oui , j'étais assise à la porte du parc qui donne sur la route de Santa-Crux, lorsque je vis passer un beau cavalier; ce devait être un grand seigneur, car il était suivi d'un écuyer et de plusieurs hommes d'armes; il me salua en passant, alors je me sentis tellement rougir, que. je me cachai derrière mon éventail.

PAQCITA.

Bien!

TÉRÉSINA

Sans doute , il crut que je le regardais, car à peine eut-il fait cent pas, qu'il jeta la bride aux mains de son écuyer, descendit de cheval, et vint vers moi à pied. Tu comprends que je ne l'attendis pas, et même je rentrai si vite {Ayant Voir de chercher autour d'elle.) qne...

PAQl'ITA.

Que...

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