ACTE II, SCÈNE I
PAQUITA
Chut \—[Faisantun signe à sa maîtresse.) Venez tout doucement.
{Elles s'avancent toutes deux sur la pointe du pied.) TÉRÉsiNA, à la fenêtre.
Le voilà! c'est bien lui.... je le reconnais à sa plume'rouge.
PAQUITA
Ecoutez !
DON JUAN, chantant au bas de la fenêtre. En me promenant ce soir au rivage, Où pendant une lieure à vous j'ai rêvé, J'ai laissé tomber mon cœur sur la plage. Vous veniez ensuite et l'avez trouvé.
Dites-moi comment finir cette affaire :
Les procès sont longs, les juges vendus; Je perdrai ma cause, et pourtant que faire? Vous avez deux cœurs, et je n'en ai plus.
Mais, dès qu'on s'entend, bientôt tout s'arrange, Et souvent le mal nous conduit au bien. De nos deux cœurs entre eux faisons échange, Rendez-moi le vôtre et gardez le mien.
PAQUITA
Il a fini.
TÉRÉSINA
L'air était charmant.
PAQUITA
El les paroles donc ?
TÉRÉSINA
Je ne les ai pas entendues.
46 DON SV\y DE MARANA.
PAQCITA.
La ritournelle surtout est délicieuse. ( Chantant. ) La , la, la, la , la...
TÉRÉsiNA , l'arrêtant.
Paquita !
PAQUITA
Oh ! c'est vrai ; et moi qui ne pense pas...
TÉRÉSINA , soupirant.
Heureusement que nous sommes enfermées dans ce vieux château, et qu'il n'y a pas à craindre que ce cavalier y entre !
PAQciTA , soupirant plus fort.
Oui, très-heureusement!
TÉRÉsiKA , revenant à la rampe.
Aussi , je suis tranquille.
PAQiiTA , « demi-voix.
Écoutez !
TÉRÉSINA
Quoi?
PAQUITA
On marche dans le corridor!...
TÉRÉSINA, vivement.
Fermez cette porte , Paquita.
{Paquita ferme la porte.) PAQUITA , écoutant.
On s'arrête !
TÉRÉSINA, écoutant.
On frappe !
PAQUITA
Il faut savoir qui cela est.