SCENE PREMIERE
ADÈLE, CLARA, biadame la vicomtesse DE LANCY, debout et prenant congé de ces dames.
LA VICOMTESSE, à Adèle.
Adieu, chère amie, soignez bien votre belle santé; nous avons besoin de vous cet hiver, et, pour cela il faut être fraîche et gaie, entendez-vous?
ADÈLE
Soyez tranquille, je ferai de mon mieux pour cela; adieu. Clara, sonne un domestique; qu'il fasse avancer la voiture de madame la vicomtesse.
1 1 ANTO^Y
Paris ; et puis madame de Camps est venue hier pendant que lu n'y étais pas, elle m'a fait la biographie de la vicomtesse.
ADELE.
Oh ! que je suis aise de ne pas m'ètre trouvée chez moi ! Cette femme me fait mal avec ses éternelles calomnies,
CLARA, à un domestique qui entre.
Qu'ya-t-il?
LE DOMESTIQL'E.
Une lettre.
CLARA, la prenant.
Pour moi, ou pour ma sœur?
LE DOMESTIQUE
Pour madame la baronne.
ADÈLE
Donne... C'est sans doute de mon mari.
{Le domestique sort. ) CLARA, la lui remettant.
Ce n'est point son écriture ; d'ailleurs elle est timbrée de Paris, et le colonel est à Strasbourg. ADÈLE, regardant le cachet, puis récriture. Dieu!
CLARA
Ou'as-tu donc ?
ADÈLE
J'espérais ne revoir jamais ni ce cachet ni cette écriture.
{Elle s'assied et froisse la lettre entre ses mains.)