ACTE m, SCÈ!VE VI
nom; don Sandoval d'Ojedo, c'est-à-dire l'homme que je préférais à tout dans ce monde, à ma sœur, à ma mère, à Dieu ! et c'est celui-là , le même , le seul pour lequel j'eusse dû demeurer sacrée, qui me joue, qui me perd, qui me livre, et c'est bien vrai tout cela, vrai sur l'honneur d'un Espagnol ? vrai sur la foi d'un gentilhomme?
DON JOAN
Sur la foi d'un gentilhomme et sur l'honneur d'un Espagnol, c'est vrai.
INÈS
0 mon Dieu, mon Dieu !
DON JDAN.
-Maintenant le haïssez-vous, madame ?
INÈS
Maintenant, je le méprise.
Et moi...
INÈS
Vous êtes noble ?
Comme l'infant.
INÈS
Vous êtes brave ?
DON JCA>.
Comme le Cid.
INÈS
Et vous vous nommez?
DON JITAN.
Don Juan.
INÈS
Don Juan, je t'aime !
118 DO^f JUA«i DE MARAÎVA.
DOiy JCAN.
Bien. niaChimène.
INÈS
Écoutez, cependant.
DON JCAN.
J'écoute.
INÈS
11 m'a vendu, il en avait le droit, puisque je m'étais donnée.... c'est bien, mais vous qui m'avez achetée, vous ne saviez pas, sans doute, que j'avais fait un serment.
DON JCAN.
Lequel ?
INÈS
Ue ne point appartenir à un autre tant que don Sandoval serait vivant... Il faut donc qu'il meure pour que je puisse être à vous.
DON JCAN, prenant son manteau.
C'est juste, il mourra.
INÈS, allant à lui avec un dernier doute. C'est bien vrai . au moins , ce que vous m'avez dit?
Aussi vrai qu'il est au Prado où je vais le chercher.
INÈS
. Allez donc! et amenez -le là... là, devant cette fenéire, pour que je sois sûre qu'il m'atrahie... et quand il sera là, frappez et que je le voie tomber, afin que je sois sûre qu'il est mort !