LA STATUE
Regarde !
( Un cercueil recouvert d'un drap noir, et sur lequel sont les armes de Marana, sort de terre au milieu du chœur , avec quatre cierges aux quatre coins et un à la tête : en même teinps une dalle se lève devant rautel. Le prêtre tué par don Juan parait, et la lampe du tabernacle s'allume toute seule. Alors à la gauche du tombeau une deuxième dalle se lève : Carolina parait, et le cierge qui est près d'elle s'allume tout seul. A droite et
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sans interruption une troisième pierre se lève , Fittoria parait, et un troisième cierge s'allume tout seul. Même jeu de machine pour Térésina et pour don Sandoval, qtti parait le dernier : toutes ces apparitions se font lentement et solennellement, au bruit de l'orgue qui fait entendre le De Profundis.) DOM MORTES, après que le dernier soupir de l'orgue est éteint.
Je suis dom Mortes , révérend prieur des dominicains : je venais pour accomplir mes devoirs de prêtre au lit mortuaire du vieux comte de Marana; sans respect pour ma robe, sans pitié pour mon âge, sans religion pour mon ministère, don Juan a levé le poignard sur moi et m'a frappé... Vengeance contre le meurtrier! vengeance!...
( La lampe du tabernacle s'éteint. )
CAROLINA
Je suis dona Carolina de Valence : au moment où j'allais au rendez-vous que don Juan m'avait donné pendant l'agonie de son père... j'ai rencontré une rivale sur mon chemin ; sans compassion pour mes cris et pour mes larmes , elle m'a poignardée en me disant : — Carolina, c'est don Juan qui te lue ! Vengeance contre le meurtrier ! vengeance !
( Le cierge qui est près d'elle s'éteint. )
VITTORIA
Je suis dona Vittoria de Séville : don Juan me quitta pour une autre femme, mais avant de me